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Droits humains : La promotion, un véritable défi pour le Burkina

Publié le mercredi 15 juin 2005 à 07h07min

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La notion de droits humains n’a jamais été autant en vogue
sous les tropiques que depuis le début du processus de
démocratisation. Droits humains par-là, droits humains par-ci,
on ne jure plus que par cette notion et par bien d’autres comme
la démocratie, la bonne gouvernance, l’Etat de droit, la
transparence, etc.

L’on a même assisté (et assiste toujours) à
une floraison d’associations de défense des droits humains.
Mais vu le contexte d’analphabétisme en Afrique en général et
singulièrement au Burkina, vouloir passer un message sur les
droits humains est une œuvre de longue haleine.

Ce n’est un secret pour personne que les textes sur les droits
humains sont rédigés en anglais ou en français.

Exit donc les
langues africaines parlées par la majorité des populations à qui
pourtant ils sont destinés ! De ce fait, il va falloir leur expliquer le
contenu de ces textes, traités et autres accords sur les droits
humains. Pour y parvenir, il n’y a pas d’autres solutions que de
le faire dans les langues utilisées par les populations.

Et quand
à cet analphabétisme dans la langue du colonisateur s’ajoute la
pauvreté, la situation se complique, étant donné que, comme on
le dit couramment, "ventre affamé n’a point d’oreille".

Toutefois,
et au regard de ce que l’on constate, les défenseurs et en
même temps promoteurs des droits humains n’ont pas baissé
les bras de peur de prêcher dans le désert. La preuve est
donnée par l’Etat lui-même à qui l’on reprochait, il n’y a pas
longtemps, un certain désintérêt pour les droits humains.

Cette
notion se retrouve aujourd’hui au cœur de ses préoccupations et
de ses actions, avec la création du ministère de la Promotion
des droits humains.

Regain d’intérêt étatique

L’intérêt de l’Etat pour les droits humains s’est d’abord traduit
par la création, en novembre 2002, d’un secrétariat d’Etat à la
promotion des droits humains. L’intérêt est allé croissant et a
donné lieu avec l’érection, en juin 2002, du Secrétariat d’Etat en
ministère de la Promotion des droits humains avec pour
mission fondamentale de mettre en œuvre et de suivre la
politique du gouvernement en matière de droits humains aux
termes de l’article 25 du décret n°202-255-PRES/PM du 18
juillet 2002 portant attributions des membres du gouvernement.

Plus concrètement, le département, dirigé par Mme Monique
Ilboudo, est chargé de promouvoir les droits humains par
l’information, la formation et la sensibilisation des citoyens sur
leurs droits, la vulgarisation des textes et documents relatifs aux
droits humains.

Il incombe également à ce ministère de faire
connaître les droits humains par l’appui à la société civile dans
les actions allant dans le même sens, d’oeuvrer à instaurer une
culture de la paix et des droits humains. La mission de
promotion est doublée de celle de protection (sur laquelle nous
nous attarderons ultérieurement) et s’étend à des droits
catégoriels. Outre la promotion et la protection des droits
humains, le ministère est également chargé de suivre et
d’assurer la mise en œuvre des accords régionaux et
internationaux relatifs aux droits humains.

Des violations liées à l’ignorance

La promotion des droits humains, une des raisons d’être du
ministère, est un véritable défi à relever dans un Burkina à faible
niveau de développement économique et à fort taux
d’analphabétisme en français. Les violations des droits
humains qui interviennent sont dues, la plupart du temps, à
l’ignorance du contenu et de la portée desdits droits à la fois par
les auteurs des violations et les victimes.

Les êtres humains
naissant libres et égaux en droit et en dignité, les droits
humains étant indispensables à la paix sociale et à l’unité et
concourant aussi au renforcement de l’Etat de droit et de la
démocratie, il est donc impérieux que les droits humains soient
largement connus. Les citoyens doivent donc connaître de la
façon la plus complète possible leurs droits et obligations
surtout dans un contexte d’Etat de droit, quoiqu’en construction,
qui doit tout de même reposer sur le respect de valeurs
humaines fondamentales comme la vie, la liberté et la dignité.

Cela participe de l’émergence et de l’enracinement au Burkina
d’une véritable culture des droits humains. C’est ce à quoi
s’attèlent contre vents et marées les associations et
mouvements de défense des droits humains ainsi que le
ministère de la Promotion des droits humains. Cet acteur
gouvernemental s’y emploie à travers un plan d’action et
d’orientation pour la promotion et la protection des droits
humains. Le plan, adopté en 2001, dégage les axes
d’intervention du ministère, définit les stratégies d’action
appropriées et identifie les actions prioritaires.

Séni DABO
Source : ministère de la Promotion des droits humains.

Le Pays

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