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REFORMES POLITIQUES AU BURKINA : Trop de non-dits

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 24 juin 2011 à 00h51min

Après maintes récriminations et récusations, le Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) a débuté ses travaux hier 23 juin 2011 avec l’installation officielle de ses membres. Et ce pour trois semaines. Quelles réformes politiques et institutionnelles sortiront de ce processus de dialogue dont le point d’orgue devrait être les assises nationales ? Les Burkinabè attendent tous de voir les résultats qui vont en sortir. Ce qui est sûr, c’est que le Burkina est à un tournant historique et l’espoir est de voir se dessiner un nouveau visage pour la démocratie. Car, au-delà des revendications corporatistes des militaires, des travailleurs, des élèves et des étudiants, c’est le déficit de bonne gouvernance et d’Etat de droit que l’ensemble du corps social stigmatise.

Il serait donc injuste de penser que les réformes sont un cadeau du président du Faso. Et la précision est importante car de là découlent toutes les attitudes, bonnes ou mauvaises, pour la suite du processus. Les travaux du CCRP ont débuté sans une bonne partie de l’opposition et de la société civile dans son ensemble. Et ce n’est pas difficile à comprendre. Ceux-ci dénoncent la mainmise du gouvernement sur le processus et subodorent un agenda caché du régime derrière ces réformes, si ce n’est pour gagner du temps. Le chef de file de l’opposition a posé comme préalable que l’article 37 ne fasse pas partie des points à débat ; toute chose qui lui a été refusée. Cette attitude est hautement suspecte et conforte ceux qui pensent que Blaise Compaoré tient à sauter le verrou de la limitation du mandat. Et ils ont raison. Le pouvoir de la IVe République n’inspire pas confiance parce qu’il a gaspillé les occasions qui lui étaient offertes d’aller vers une vraie démocratie par des réformes consensuelles. Quand la tension retombait, il s’était empressé de retirer avec la main gauche ce qu’il avait donné avec la main droite sous la pression. Mieux, plusieurs rapports importants, commandés et acceptés par le pouvoir, ont été mis sous le boisseau.

Pour l’essentiel, certains Burkinabè pensent que le Rapport du Collège de sages et celui du MAEP (Mécanisme africain d’évaluation par les pairs) suffisent largement à définir les contours des réformes au Burkina. Dans la même lancée, a-t-on vraiment besoin de tenir des foras régionaux si ce n’est pas avec des idées derrière la tête ? Malheureusement, les arguments du gouvernement ne convainquent pas. On peut lui concéder d’avoir été à l’écoute des Burkinabè en revoyant la première copie du décret créant le CCRP et en y incluant les assises nationales. Le pouvoir a certainement par-là, compris que l’environnement international et africain ne se prête pas à un passage en force. Mais, ce que les Burkinabè veulent que leurs dirigeants enregistrent une bonne fois pour toutes, c’est que les pouvoirs à vie sont définitivement révolus.

Le fait de ne pas avoir le courage d’exclure l’article 37 des points de discussion brouille les pistes et entretient davantage le flou sur l’intérêt de ces réformes. L’autre interrogation non moins importante, c’est de savoir si ces réformes vont déboucher sur une nouvelle république ou pas. Le danger a été d’ailleurs perçu par plusieurs acteurs encore traumatisés par le débat sur la rétroactivité qui a eu cours en 2005 et dont l’issue avait permis au président Blaise Compaoré de rempiler pour un nouveau mandat. Au total, si l’horizon ne s’éclaircit pas davantage sur les intentions réelles des gouvernants, on peut se demander si le peuple se reconnaîtra dans les réformes qui sortiront de ce qu’on peut appeler les états généraux de la démocratie.

Dayang-ne-Wendé P. SILGA

Le Pays

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