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PARTI AFRICAIN DE L’INDEPENDANCE : 46 ans d’une vie mouvementée

Accueil > Actualités > Politique • • mardi 18 août 2009 à 02h59min

docg16586|left>Dans la déclaration ci-dessus, à l’occasion du 46e anniversaire du Parti africain de l’indépendance, Philippe Ouédraogo, son secrétaire général, relate les péripéties que le parti a connues, de sa naissance à nos jours.

15 août 1963-15 août 2009 ! Le Parti africain de l’indépendance (P.A.I) du Burkina Faso a aujourd’hui 46 ans, dont 18 ans de vie légale. A l’occasion de cet anniversaire, le Bureau exécutif central du P.A.I. salue tous les militants et militantes, tous les cadres et animateurs du parti, et invite toutes les fédérations provinciales à faire des deux semaines restantes du mois d’août 2009, l’occasion de rencontres de réflexions et de discussions sur l’expérience du parti.

Notre parti a été fondé le 15 août 1963 par feu Adiouma Amirou Thiombiano qui fut son premier Secrétaire général et qui, avec patience et intelligence, avec la participation active des autres dirigeants, sut mettre cette nouvelle organisation sur le chemin de la lutte pour l’indépendance réelle de notre pays, pour les libertés démocratiques, pour la défense des intérêts des travailleurs et du peuple, pour le socialisme et pour l’unité africaine. Sous sa conduite, le travail du parti en direction des jeunes, des étudiants et des travailleurs a connu une sérieuse impulsion, tant à Ouagadougou que dans de nombreuses autres villes du pays. Moins de trois ans après sa naissance, le parti se trouva profondément impliqué dans la direction du mouvement populaire qui aboutit le 3 janvier 1966 à la chute du régime néocolonial et anti-populaire de la 1re République. Mais la maladie devait emporter le fondateur du P.A.I. le 13 mars 1975, mettant un terme à son action. Le parti se dota alors d’une nouvelle direction, alliant les anciens et les plus jeunes. Prenant la vie et la lutte de Amirou Thiombiano comme modèles, il réussit le recrutement de nouveaux cadres pour renforcer et étendre partout le travail de "conscientisation" politique, multiplier les structures du parti et faire avancer la lutte anti-impérialiste et les luttes populaires, pour les libertés démocratiques et le respect des droits et de la dignité des travailleurs. Le mouvement syndical, dont l’unité d’action était devenue réelle maigré la persistance de diverses contradictions, se renforça et écrivit sur une longue période les plus belles pages des luttes populaires au Burkina Faso.

Personne ne discute la participation du P.A.I. à l’avènement, le 4 août 1983, de la Révolution dirigée par le Conseil national de la révolution (CNR), même si la direction politique de la situation lui a rapidement échappé au profit des militaires. D’où la démarcation franche du PAI du régime du CNR dès mai 1984 et son retrait de tous les organes dirigeants du régime en août 1984.

"Depuis 2000, notre parti est confronté au refus de reconnaissance de sa direction par l’Administration"

Après avoir pris une part active et remarquée au travail de la Commission constitutionnelle qui devait consacrer l’Etat de droit au Burkina, le P.A.I. deviendra un parti légalement reconnu, le 11 avril 1991, période à laquelle se préparait l’adoption de la Constitution de la 4e République. Depuis, il a participé, seul ou en alliance avec d’autres formations politiques, avec des résultats inférieurs à ses espérances, à la plupart des scrutins politiques. Dès sa 2e année de légalisation, le parti a connu des conflits internes liés pour l’essentiel, d’une part, à des manœuvres de division ourdis de l’extérieur du parti, et d’autre part, aux prétentions dévorantes d’opportunistes en son sein qui, se détournant des positions du parti, ont espéré pouvoir assouvir leurs ambitions personnelles en pactisant avec le pouvoir contre le parti. Depuis 2000, notre parti est ainsi confronté au refus de reconnaissance par l’Administration de la direction dont il s’est doté tant à l’issue de son 2e congrès extraordinaire des 5 et 6 février 2000, convoqué conformément à une résolution du comité central extraordinaire du 12 septembre 1998, que des autres congrès qui l’ont suivi.

Le 31 janvier 2000, soit quelques jours avant la tenue du 2e congrès extraordinaire, l’Administration avait précipitamment décidé de reconnaître à la place du parti, un petit groupe dissident qui, en violation des statuts du parti, et sans mandat d’aucune instance, a tenu en décembre 1999 un prétendu "congrès" du parti auquel ne participait d’ailleurs aucune délégation régulièrement mandatée par l’une des fédérations provinciales reconnues du P.A.I. En contrepartie de cette décision illégale et irrégulière de l’Administration, ce groupe dissident qui a usurpé le nom prestigieux de P.A.I., soutiendra désormais le pouvoir en place sans état d’âme, envers et contre tout !

Le P.A.I. légitime, fort des décisions du comité central du 12 septembre 1998 et de son 2e congrès extraordinaire, a alors décidé de porter l’affaire devant la justice, attaquant les différentes décisions et mesures de l’Administration qui visaient à conforter ce coup de force du pouvoir contre le P.A.I. Six décisions de justice ont ainsi été prononcées en près de 10 ans de procédures judiciaires, artificiellement rallongées par les pourvois en appel du groupe dissident et de l’Administration, qui refusaient de se plier aux décisions de justice. En effet, celles-ci ont toujours annulé les décisions injustes et arbitraires prises par l’Administration contre le P.A.I., et établi notre droit à être reconnu comme le seul et légitime P.A.I. Aujourd’hui, nous attendons que le Conseil d’Etat se prononce sur l’appel interjeté par l’Administration et le groupe dissident contre la décision rendue le 30 juin 2005 par le Tribunal administratif de Ouagadougou, annulant le 2e récépissé de reconnaissance irrégulièrement délivré sous le manteau au même groupe dissident, le 5 octobre 2001. En ce 46e anniversaire du P.A.I, le Bureau exécutif central invite les militantes et les militants, à continuer de s’armer de courage et de patience, car il n’y a aucune raison de douter que la justice sera rendue à nouveau à notre parti. Bon anniversaire à tous !

Ouagadougou, le 15 août 2009

Pour le Bureau exécutif Central du P.A.I. Le Secrétaire général

Philippe OUEDRAOGO

Le Pays

Vos commentaires

  • Le 18 août 2009 à 15:49, par Inongma En réponse à : PARTI AFRICAIN DE L’INDEPENDANCE : 46 ans d’une vie mouvementée

    Camarade Philippe,

    Tu es un aîné exemplaire dans le travail bien fait et dans le respect des principes.

    A toi et à tous ceux qui se battent pour l’émergence d’un Burkina radieux, je vous apporte mon soutien.

    La lutte que vous menée mérite ce soutien et notre encouragement en cela irait en crescendo tant que vous resterez sur cette ligne contraire à ceux là qui ne poursuive que leurs intérêts égoïstes.

    Votre parti mérite son nom "Parti Africain de l’independance".

    Répondre à ce message

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