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Université catholique de l’Afrique de l’Ouest : Une journée à la mémoire du Pr. Joseph Ki-Zerbo à Sya

Publié le vendredi 20 juin 2008 à 12h49min

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L’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest/ Unité universitaire de Bobo-Dioulasso (UCAO-UUB), en partenariat avec le Centre d’études pour le développement (CEDA) a organisé, le 18 juin 2008 à Bobo-Dioulasso, un mini colloque sur la pensée du Pr. Joseph Ki-Zerbo et sa contribution à l’émergence d’une nouvelle citoyenneté.

L’historien et homme politique, Joseph Ki-Zerbo, a tiré sa révérence le 4 décembre 2006 à 84 ans. La voix de l’UCAO-UUB se mêle au concert d’hommages, à titre posthume, venant des quatre coins du monde, pour saluer la mémoire et l’œuvre de “ l’un des plus illustres intellectuels -citoyens africains ”.

Le 18 juin 2008, date anniversaire du célèbre appel du Général De Gaulle en 1945, a été choisie à dessein par les étudiants de l’UCAO-UUB pour commémorer, en présence de la veuve Jaqueline Ki-Zerbo, la disparition de celui qui aura consacré sa vie à enseigner, à chercher et à militer pour une autre Afrique, un autre développement. Le délégué des étudiants, Raphaël L. Zouba, qui a soutenu que les problèmes que connaît notre monde, sont dus en partie au manque de modèle, de repères, a invité ses camarades à s’inspirer et à méditer la pensée du Pr. Joseph Ki-Zerbo. Il a été suivi en cela par le président du comité d’organisation du mini colloque, l’Abbé Pascal Sanon, par ailleurs chef du département des Sciences juridiques, politiques, humaines, appliquées au développement de l’UCAO.

L’Abbé Sanou a fait remarquer que l’université, en plus de son rôle traditionnel de temple du savoir, est également un lieu de recherche d’une pensée prospective. D’où l’idée “ de faire découvrir aux étudiants de l’UCAO, la pensée du Pr. Ki-Zerbo sur l’identité africaine et ses implications pour la recherche d’une nouvelle citoyenneté à partir de cette pensée ”. Du reste, dira l’Abbé Pierre Augustin Dabiré, représentant le vice-président de l’UCAO, Ki-Zerbo, fils d’un des patriarches de l’église catholique, a été influencé par la doctrine sociale de l’église qui s’est aussi enrichie de ses enseignements.

L’hommage proprement dit au Pr Ki-Zerbo est revenu à un de ses “ disciples ”, le Dr. Bruno Doti Sanou, enseignant à l’UCAO. Ce dernier a émis l’idée d’une journée d’hommage à l’illustre disparu. Bruno Sanou, qui s’est adressé à “ notre cher professeur ” à la première personne a vu en lui, “ une lumière de vérité qui lui a permis d’éclairer le monde et plus spécifiquement les Africains plongés dans le doute et parfois le désespoir ”. “ La Journée se veut une occasion de revivre les valeurs et les vertus qui ont fait de lui un intellectuel organique, le conseiller des peuples, le pionnier de cette science des changements qu’est l’histoire ”, a-t-il poursuivi. Il a évoqué un Joseph Ki-Zerbo pourfendeur de la neutralité négative de ces intellectuels qui “ n’aiment pas se salir ”, un homme politique engagé, auteur de petites formules incisives telle la phrase célèbre “ Nan laara an sara ” (“ Si on se couche, on est mort ”) ou encore, “ Lorsque l’on saute dans la braise, on doit s’attendre à un deuxième saut ”.

Il n’y a sans doute pas mieux que la veuve Jaqueline Ki-Zerbo pour parler de son mari et compagnon de lutte “ Joseph ”. L’Afrique est un continent muet, environné par des interprètes, a -t-elle avancé, pour justifier la création en 1980, par son époux, du CEDA, un centre de recherche initié par des Africains sur l’Afrique, qu’elle dirige. Revenant sur la valeur intrinsèque de l’histoire et sur le concept de développement endogène (développement clé dans la tête et non clé en main) cher à son époux, elle a dit que le passé n’est pas à confondre avec ce qui est dépassé. Le directeur régional de la LONAB, Nicolas Millogo, co-parrain de la Journée avec le Dr Issa Tarpaga, a loué une autre initiative de Bruno Doti Sanou : le laboratoire de la
citoyenneté.

Avant de lancer les activités marquant la Journée, le Pr. Hamidou Boly, président de l’Université polytechnique de Bobo (UPB) et représentant le ministre Joseph Paré, présentera Ki-Zerbo, une fierté de toute l’humanité, comme le principal acteur de la création du CAMES (Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur) dans le but de gérer efficacement la carrière des universitaires.

Le colloque a été ponctué par la projection du film “ Identités, identité pour l’Afrique ” du cinéaste Dani Kouyaté, 52 mn d’entretien avec le Professeur une exposition de ses œuvres, des communications présentées par d’éminentes personnalités, et une messe d’action de grâce. Les hommages se sont poursuivis le jeudi 19 juin au Centre culturel Henri-Matisse, avec la présentation du livre “ Repères pour l’Afrique ”, une des nombreuses œuvres du professeur.

Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr

Sidwaya

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