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Tchad : La malédiction permanente

Accueil > Actualités > International • • mercredi 28 novembre 2007 à 10h16min

Les accords de Syrte sur le conflit fratricide entre les rebelles tchadiens et le gouvernement de Ndjaména n’a pas résisté un seul mois. Aussitôt le cessez-le-feu signé, il vient d’être violé. C’est à croire que l’escapade libyenne n’a été qu’une trêve, le temps de recharger la canonnière. La malice, l’hypocrisie, le manque de volonté d’aller à une véritable paix des braves, est le dénominateur commun des deux camps.

Le pouvoir, assis sur une légitimité contestable issue d’une élection qui n’a pas fait l’unanimité, est incapable d’imposer son autorité sur un territoire dont la gestion est rendue problématique par l’appétit glouton de rapaces de toutes sortes qui convoitent son pétrole et ses ressources minières.

Quant à l’opposition armée, elle n’a jamais été assez forte pour faire plier le pouvoir central. L’opposition politique est, en ce qui la concerne, mal structurée et désunie. Le dialogue est impossible entre les fils du Tchad qui, depuis 40 ans, se font la guerre. Comme une malédiction, le pays de Déby est déchiré par un cycle de rébellions, depuis le président Tombalbaye.

En quatre décennies, les élites tchadiennes ont fini de démontrer que le pouvoir pour le pouvoir les intéresse plus que l’avenir de leur patrie.

La force est devenue, au fil du temps, le seul moyen d’accéder au pouvoir pour tous les protagonistes de la crise.

Pourtant, Idriss Déby avait une belle occasion, après ses réélections controversées, de tendre la main, avec sincérité, à tous les acteurs politiques tchadiens pour un vrai gouvernement d’union. Le régime de Déby n’a résisté jusque-là que grâce au soutien plus ou moins ouvert de la France. Comme bien d’autres présidents , le temps viendra où Paris tournera casaque au nom de ses intérêts pour un nouveau pouvoir en place. Tant pis pour un peuple tchadien pris en otage par des intérêts égoïstes. Le sentiment anti- français lui, se raffermit de plus en plus dans une opinion tchadienne qui ne comprend pas toujours les relations entre Paris et Ndjaména.

En réalité, ce pays a besoin d’une bonne alternance démocratique pour mettre fin à toutes ces années de guerre. La meilleure façon d’y mettre un terme est de tuer cette culture de la dévolution du pouvoir par les armes, et de démocratiser les institutions du pays, totalement. Sinon, le pouvoir par les urnes demeurera pour longtemps encore un leurre. La seule puissance qui pouvait l’y obliger, la France, n’y a peut-être pas intérêt pour les raisons que l’on sait. Le dernier mot ne revient qu’aux seuls Tchadiens. C’est à eux de décider de ce qu’ils veulent pour leur pays. Si rien de profond ne change dans l’attitude du pouvoir de N’Djaména, il finira, comme les autres, chassé par une rébellion armée après une guerre larvée aux relents tribaliques.

En attendant, ce soudain regain de violence pourrait changer la donne dans la sous- région. Le déploiement des forces de l’Union européenne à l’Est du pays et à la frontière avec la Centrafrique, finalement envisagé pour janvier 2008, risque de se dérouler dans un climat d’insécurité si le calme ne revient pas rapidement.

Le médiateur de l’accord de Syrte, lui, doit avoir eu un réveil brutal suite au déclenchement des hostilités de ce week-end. C’est un échec personnel qu’il devrait méditer. Car il ne suffit pas de signer un accord de paix, le plus dur est de le faire appliquer. En la matière, l’homme de Tripoli a souvent habitué les Africains à des shows médiatiques ; pourtant dans ce conflit, en tant que voisin et connaissant bien les protagonistes, et ayant eu une influence sur certains d’eux, il avait de bonnes cartes en main. Il ne faut cependant pas oublier que Kaddhafi, dans un passé récent, avait des visées sur la zone pétrolifère de la bande d’Aouzou. De là à ce que certains protagonistes tchadiens ne lui fassent pas entièrement confiance, il n’ y a qu’un pas qu’ils n’ont pas hésité à franchir. A qui doivent-ils se fier alors, au pompier d’aujourd’hui ou au pyromane d’hier ?.

Le Pays

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