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Dialogue co-constructif au Sénégal : Le président Faye tient sa promesse de faire de la justice, le pivot de la stabilité

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Publié le mardi 28 mai 2024 à 21h19min

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Dialogue co-constructif au Sénégal : Le président Faye tient sa promesse de faire de la justice, le pivot de la stabilité

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a présidé, ce mardi 28 mai 2024, la cérémonie d’ouverture officielle des assises nationales sur la réforme et la modernisation de la justice. Par cet acte, le nouveau et jeune président sénégalais satisfait non seulement à une de ses promesses, mais mieux, s’inscrit dans la continuité d’un des acquis de son prédécesseur, Maky Sall, qui a, en 2016, consacré le 28 mai “Journée du Dialogue national” et fait de la justice, le rempart de la société.

Les sujets sur la table de ce dialogue national, dont les conclusions sont attendues pour le 4 juin 2024, et le passé politique récent ne peuvent que rappeler les états généraux sur la justice burkinabè, tenus en mars 2015 et qui ont abouti au “Pacte national pour le renouveau de la justice”. On peut donc dire sans risque de se tromper que les forces-vives ont, sous la transition de 2014-2015, ont eu le nez creux en menant cette démarche envers la justice, appui pris sur les insuffisances qui ont émaillé son fonctionnement.

En s’inscrivant dans le tempo de l’institutionnalisation de la Journée du dialogue national et en plaçant la justice au cœur de la réflexion de ce premier rendez-vous de son mandat, le président Bassirou Diomaye Faye fait à la justice, la place centrale qu’elle doit occuper dans une société qui aspire à l’épanouissement. D’ailleurs, quel pays, mieux que le Sénégal, pour témoigner de l’importance de la justice lorsque, le “KO” et le désespoir ont commencé à avoir pignon sur rue ! Dans la crise politique qui a secoué le pays ces dernières années, la justice, bien qu’accusée par certains d’avoir par moments titubé en faveur du pouvoir en place, a joué son rôle de dernier rempart, permettant ainsi au pays de ressortir de l’impasse.

Aujourd’hui, le Sénégal conforte son image d’exception démocratique, dans un continent où les coups d’Etat de diverses natures sont devenus une sorte d’effet de mode, voire une banalité. « Je demeure en effet convaincu que la vertu préventive du dialogue en temps de paix éloigne le spectre des tensions et favorise les dynamiques consensuelles, consolidant ainsi notre démocratie et assurant la stabilité indispensable au développement économique et social, dans l’intérêt supérieur de la nation », s’est soumis le président avant de souligner plus loin qu’à travers ces assises, il s’agit de interroger sur le système judiciaire, en revisitant ses règles et mécanismes afin de le perfectionner et le hisser à la hauteur des aspirations et ambitions du peuple.

« Force est de reconnaître que notre système judiciaire a besoin d’une profonde refondation que seule une approche inclusive permettra de réussir. Œuvre collective, démarche participative et exercice de co-construction : voilà le triptyque qui doit guider notre action. Sous ce rapport, je voudrais particulièrement insister sur le fait que nous n’ouvrons donc pas ici un procès en inquisition, pour désigner un ou des coupables à jeter aux orties. Il est plutôt question de tenir un débat lucide et serein, posé et apaisé, pour ausculter notre système judiciaire, identifier ses forces et faiblesses, et rechercher ensemble les solutions aptes à refonder son fonctionnement et améliorer ses performances. (...). Mais, ce faisant, gardons-nous de vouloir instaurer une République des juges qui remettrait en cause le principe cardinal de la démocratie : le gouvernement du peuple, par et pour le peuple, en vertu duquel les élus restent les dépositaires légitimes du pouvoir étatique », a motivé le président, pour qui, quelle que soit la pertinence des textes, c’est d’abord et surtout à l’aune de la pratique qu’on peut juger si un système judiciaire répond aux idéaux et exigences de l’Etat de droit.

Pour ce faire, les assises vont débattre sur plusieurs points y relatifs, dont le statut du magistrat, l’organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), la dématérialisation du service public de la justice, la justice et le numérique, le temps du procès pénal, le régime de la sanction pénale, le cadre juridique et institutionnel de l’administration pénitentiaire, les conditions de détention et de préparation à la réinsertion sociale des détenus, le régime de la privation de liberté, la prise en charge des enfants en danger ou en conflit avec la loi.

Comme quoi donc, « la justice, c’est le dernier rempart des institutions, et donc de la société ». Le seul combat noble qui vaille à son sujet, c’est celui qui consiste à faire en sorte qu’elle fonctionne dans le sens de l’intérêt général.

O.L
Lefaso.net

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Messages

  • Président Faye, dites au capitaine issu d’un triple putsch et que vous allez rencontrer bientôt, d’arrêter immédiatement d’instrumentaliser la cour constitutionnelle du Burkina et dites lui d’arrêter de s’accrocher au pouvoir de manière dictatoriale et autocratique pour le bien du Burkina et du Sahel !

  • Senegal : Assises Nationales pendant HUIT JOURS
    Burkina Faso : Assises Nationales de UN JOUR.

    Conclusion : Le Burkina Faso étant la capitale du cinéma africain, les assises nationales de ce pays n’étaient que du cinema pour officialiser des décisions déjà prises bien avant.

    • @ Puissance 21.
      Ce qui s’est passé au Burkina n’était pas des assises nationales mais une foire organisée pour signer un document préparé d’avance. Les participants qui sont passés sur les plateaux disent qu’ils n’avaient pas de documents de travail avant le jour, qu’ils ont récupéreé leurs badges de participants à 23 h. C’est ce que nous avons toujours dit. Cette foire était inutile puisqu’on pouvait faire signer ce document par les putschistes . Je ne me sens concerné ni de prés ni de loin à ses conclusions . On voit à travers les deux démarches la différence entre maturité et amateurisme politicien.

      Passakziri

  • Accepter se remettre en cause, revisiter la manière dont la justice est administrée et sans faux fuyant se regarder dans la glace et accepter corriger les imperfections pour le bonheur des citoyens ; voilà une démarche empreinte de sagesse qui s’inscrit dans une vision de construction d’un Etat de droit.

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