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FITO : La 2e édition placée sous le signe de la résilience et du vivre-ensemble

Publié le samedi 25 mai 2024 à 17h42min

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FITO : La 2e édition placée sous le signe de la résilience et du vivre-ensemble

L’édition 2024 du Festival international des instruments et danses traditionnels de Ouagadougou (FITO) a débuté dans la soirée de ce vendredi 24 mai 2024 au Musée national. La communauté kal-tamasheq est l’invitée d’honneur à cette deuxième édition de ce festival qui constitue une plateforme de préservation, de promotion et de célébration des instruments et danses traditionnels du Burkina Faso et d’Afrique.

La deuxième édition du Festival international des instruments et danses traditionnels de Ouagadougou (FITO) se déroule du 24 au 26 mai 2024 au Musée national de Ouagadougou. Le FITO 2024 se tient sous le thème « Diversité culturelle et unité nationale. » Porté par l’association « La Source », ce festival a pour objectif de contribuer à la préservation, à la promotion et à la célébration des instruments et danses traditionnels du Burkina Faso et d’Afrique.

La communauté kal-tamasheq a offert un turban au représentant du ministre de la Culture, par ailleurs parent à plaisanterie des Kal-Tamasheq (Gourmantché).

« Le Burkina Faso, comme les autres pays africains, est constitué de plusieurs entités ethniques avec une riche culture et d’énormes potentialités artistiques. La musique et la danse traditionnelles constituent des éléments importants de l’expression culturelle, servant aussi de code de communication avec le sacré ou le profane. Les griots, caste de musiciens, ont toujours été présents à tous les niveaux de la vie : baptêmes, mariages, funérailles ou autres cérémonies. Les instruments traditionnels ont toujours occupé une place prépondérante dans les sociétés burkinabè et africaines », a expliqué Guy Marc Koussoubé, promoteur du FITO.

Guy Marc Koussoubé, promoteur du FITO.

« Cependant, les civilisations et cultures étrangères impactent négativement nos identités culturelles endogènes, en particulier les danses et instruments traditionnels. Certaines populations adoptent des cultures étrangères au détriment de leur propre culture. Le déracinement de ces populations fait que nos valeurs culturelles, comme les danses et instruments traditionnels, sont en voie de disparition. Malgré les efforts consentis par les gouvernants pour promouvoir nos valeurs culturelles, chaque année, nous constatons que des milliers de jeunes s’éloignent de plus en plus de leurs origines culturelles. C’est pourquoi, en tant que jeunes, nous avons mis en place le Festival international des instruments et danses traditionnels à Ouagadougou, pour promouvoir notre patrimoine culturel matériel et immatériel », justifie le promoteur.

Selon Guy Marc Koussoubé, ce festival est placé sous le signe de la résilience et constitue un tremplin pour parler de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. « La culture est un instrument de paix, de cohésion sociale et de développement durable. Les instruments de musique traditionnels parlent, communiquent, galvanisent, apaisent les cœurs et permettent à tous de regarder dans la même direction », soutient-il.

Pascal Yemboani Thiombiano, représentant le ministre en charge de la Culture, patron de cette 2e édition du FITO.

Cette deuxième édition est placée sous le patronage de Jean-Emmanuel Ouédraogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. Il s’est fait représenter à la cérémonie d’ouverture par son chargé de mission, Pascal Yemboani Thiombiano. Au nom du ministre de la Culture, l’émissaire a salué cette initiative et s’est réjoui de la mobilisation de la communauté invitée d’honneur, les Kal-Tamasheq.

« C’est avec beaucoup de plaisir que le département de la culture accueille cette initiative, un festival qui s’occupe de faire la promotion des instruments de musique, de la danse. Ce sont des facettes culturelles importantes. Nous tirons notre chapeau aux organisateurs de ce festival qui magnifie la culture. La culture permet de régler beaucoup de questions, renforce la cohésion sociale. Et ce sont des aspects qui sont très importants pour notre pays, vu le contexte actuel dans lequel nous nous trouvons. Ce type d’initiatives est véritablement à encourager. Au nom du ministre d’État, ministre de la Culture, je voudrais féliciter les organisateurs et leur dire que le département sera toujours à leurs côtés pour accompagner ce type d’initiatives », a déclaré Pascal Yemboani Thiombiano.

Ibrahim Ag Attahir, représentant de la communauté kal-tamasheq, invitée d’honneur.

La particularité de cette deuxième édition est la participation de la communauté kal-tamasheq en tant qu’invitée d’honneur. Cette communauté s’est fortement mobilisée pour la cérémonie d’ouverture avec une prestation musicale et un stand dédié à la promotion et à la valorisation de sa culture.

Pour Ibrahim Ag Attahir, représentant de la communauté kal-tamasheq, le FITO constitue une tribune pour la promotion et la valorisation de la culture kal-tamasheq. Il s’agit aussi de faire connaître davantage la communauté, souvent méconnue ou confondue à d’autres communautés ethniques, et de prôner le vivre-ensemble.

« En général, quand on se présente au Burkina Faso, on nous demande si vous êtes du Mali, du Niger ou du Tchad. Pourtant, nous sommes des Burkinabè, nous sommes nés au Burkina Faso. Donc, aujourd’hui, c’est vraiment un honneur de pouvoir montrer notre culture, d’expliquer aux populations ce que c’est que le kal-tamasheq, parce qu’on nous confond très souvent aux Peulhs ; pourtant il y a une grande différence », détaille Ibrahim Ag Attahir.

Vue des participants à cette cérémonie d’ouverture du FITO 2024.

Durant les 72 heures du festival, on aura des prestations de troupes de danses traditionnelles, d’instrumentistes et d’artistes traditionnels. On aura également des expositions et ventes d’instruments traditionnels et de tenues traditionnelles des différentes communautés, l’exposition et la dégustation des mets locaux, etc.

Mamadou ZONGO
Lefaso.net

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