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Burkina / Musique : Patrick Kabré chante Francis Cabrel

Publié le dimanche 14 avril 2024 à 18h00min

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Burkina / Musique : Patrick Kabré chante Francis Cabrel

Chanteur, guitariste et incroyable performeur, l’artiste burkinabé Patrick Kabré veut rendre hommage à Francis Cabrel sur un projet intitulé « Kabré chante Cabrel ». A l’occasion de la semaine internationale de la francophonie, Patrick Kabré va donner un concert live pour le moins original. Il va interpréter pendant plus de deux heures de temps l’artiste français Francis Cabrel. Plus de treize titres seront joués devant un public cosmopolite. Nous l’avons rencontré quelques heures avant ce live du vendredi 15 mars 2024.

Lefaso.net : Nous sommes dans la semaine internationale de la francophonie et vous décidez de célébrer Francis Cabrel, Pourquoi ?

Patrick kabré : Pour plusieurs raisons. La première des raisons c’est un artiste qui fait partie de ceux qu’on a écoutés, de ma génération. L’homme à la guitare. Vous voyez, quand tu démarres dans la musique et que tu veux apprendre la guitare, c’est l’un des artistes qu’on écoute, donc moi je l’ai beaucoup écouté. C’est aussi un artiste qui, à travers ses chansons, son énergie, m’a permis de tenir à des moments très durs et aujourd’hui, je peux dire que je tiens debout. Voilà, il a participé aussi à l’homme que je suis devenu artistiquement. Donc j’aimerais bien lui rendre hommage.

C’est pour ça que le projet s’appelle « KABRÉ CHANTE CABREL » qui est pour moi comme une lettre que j’envoie à Francis Cabrel pour déjà dire merci. Deuxièmement aussi pour cette poésie, célébrer cette belle langue qui est le français que nous partageons et c’est à l’occasion de la Semaine Internationale de la Francophonie.

On ne voit pas très souvent dans notre milieu culturel des artistes confirmés qui, durant tout un concert, interprètent un autre artiste. Sur cette scène du Jardin de la musique (Reemdogo) aujourd’hui, on sait que vous n’allez pas chanter vos propres chansons ça sera de l’interprétation, comment vous expliquez cela ?

Je pense que dans cette confirmation, il y a des « confirmés » et des « confirmés ». Entre confirmés on peut se célébrer comme je l’ai dit, c’est vraiment une célébration. C’est le respect aussi de l’autre, c’est célébrer l’autre en disant j’aime bien ce que tu fais et je pense que nous devons cultiver ça. Ça doit être un mode de vie, une manière de faire. Je pourrais même célébrer Roger Wango , je pourrais célébrer Nick Domby, je pourrais célébrer Victor Démé. Je pourrais célébrer qui que vous voulez mais là c’était assez spécial parce qu’il fait partie de l’un des artistes que j’ai écoutés avec la guitare. Pour moi, il n’ y avait pas meilleure manière de dire merci, mais aussi de par ses textes, parce que il a les textes qui pour moi peuvent être collés à cette actualité qu’on est en train de vivre, sur la migration, « la corrida » que je compare à l’excision. Pour moi, c’est assez exceptionnel parce que c’est l’un des artistes le moins médiatiques, qui vit sa vie, qui est tout tranquille. Donc pour moi, c’est un super modèle que je voulais partager, donc c’est aussi cela l’énergie qui est derrière ce projet.

Durant la promotion de ce concert nous avons vu sur les réseaux sociaux des photographies des préparatifs où on vous voit accompagné d’un groupe d’enfants. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le projet, c’est plusieurs étapes. J’ai d’abord travaillé tout seul en chantant avec la guitare. Après c’était de faire le choix des titres, c’était très dur parce qu’il y a énormément de choix. Donc, il fallait choisir des titres dans lesquels tout le monde allait se retrouver. Puisque ce soir nous serons devant un public burkinabè mélangé aussi à un public qui vient d’ailleurs. C’est ça aussi la chance.

Après j’ai fait appel aux musiciens. Nous avons commencé à travailler et nous avons proposé le projet à l’Institut français qui est en collaboration avec le Reemdogo.

Un public enthousiaste pendant le concert

Maintenant dans le concept de la création, comme je l’ai dit j’aurai des invités et ces invités ce sont des enfants aussi parce qu’il y a une chanson sur les enfants, sur le droit des enfants. Comme je veux chanter cette chanson, il était donc nécessaire d’inviter les enfants sur cette chanson et la deuxième des choses. Il y a aussi une fille Stéphanie Bambara que je vais inviter, cela fait longtemps qu’elle n’était pas montée sur scène et ça fait plaisir aussi de la réinviter. Et une amie arménienne qui va venir jouer au clavier sur un des titres. Des amis à qui j’aimerais bien tendre la perche pour dire qu’il faut qu’il y ait une suite à ce projet. Je pense qu’il y aura,’ de l’arc-en-ciel dans ce spectacle. J’espère que ça pourra tourner au-delà du Reemdogo et un peu partout au Burkina Faso.

Quels sont vos ressentis à cette étape du spectacle, par rapport à tout ce qui s’est passé jusqu’ici ?

Beaucoup de travail, beaucoup de textes. Donc je reste quand même focus sur ce que je dois donner. Ceux-ci (les techniciens) sont en train de faire leur part de travail, c’est-à-dire la technique, mais je veille quand même à ce que les choses aillent comme il faut. Ça encourage aussi les équipes quand ils voient que tu es là et que tu participes. Je suis assez très relax et il faut que je sois là parce que c’est une soirée de poésie, de tendresse et de beaucoup de relaxation, donc il faut être vraiment relaxe et quoi qu’il en soit, on va passer une belle soirée

Vous avez parlé de projet est-ce une idée qui vous a plu et que peut-être dans les semaines ou mois à venir on pourra voir une affiche Patrick chante tel ou tel autre artiste ?

C’est un projet que j’aimerais bien porter, qui n’est pas un projet qui va être personnel mais aussi essayer avec ma structure de joindre d’autres artistes, de faire des productions de ce genre et d’encourager cela. Ce n’est pas forcément Patrick chante…, ça peut être Floby rend hommage à tel, ça peut être aussi des artistes d’ailleurs qui peuvent décider de rendre un hommage à Victor Démé, à Volta Jazz, et même au grand Gandaogo national, Georges Ouédraogo.

C’est de rentrer dans un concept de production où on sait que c’est unique. C’est ça qui est génial. C’est à dire tu viens voir et tu sais que cela ne va pas se reproduire. Donc c’est un projet qui va continuer et on espère que les artistes vont adhérer.

Propos recueillis par Auguste Paré
Lefaso.net

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