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Burkina/Culture : La poésie, un style d’expression adulé par certains Burkinabè

Publié le mercredi 20 mars 2024 à 21h00min

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Burkina/Culture : La poésie, un style d’expression adulé par certains Burkinabè

La poésie est un genre littéraire utilisé sous plusieurs formes. Que ce soit à l’écrit, à l’oral, dans la musique ou dans le théâtre, elle inspire de nombreuses personnes dans leurs arts. A l’occasion de la journée mondiale de la poésie qui se tient chaque 21 mars, Lefaso.net a rencontré deux Burkinabè qui expriment leur génie créateur à travers ce genre.

Le premier texte burkinabè de poésie serait de l’auteur Jacques Boureima Guégané, connu comme poète depuis la publication de son œuvre "Le pays disparu" publié en 1971. Mais depuis l’époque, un grand nombre d’écrivains, de chanteurs ou de comédiens s’expriment par le biais de la poésie. Greffier de profession, Félix Ky est parallèlement écrivain par passion.

Pour lui, la poésie est un genre littéraire particulier, qui est avant tout, un art qui appréhende de façon subtile les mots. Il a commencé à écrire ses premiers poèmes en 2011. « J’ai déjà publié sur Amazon mon premier recueil de cent poèmes dénommé “Les Amourettes”. Puis trois autres après », indique Félix Ky ajoutant qu’il en possède plusieurs qui ne sont pas encore publiés.

La première œuvre de Félix Ky parue en 2023

Il est officiellement entré dans l’univers des auteurs en 2023 avec son œuvre “Les Déchets du siècle”. « Initialement, je fais de la poésie classique. Le sonnet est une forme que j’exploite dans plusieurs œuvres poétiques. Cela n’empêche pas que je m’essaie souvent sur les vers libres. Sur toutes mes œuvres poétiques écrites actuellement, une seule est en vers libres. Mais la poésie en prose n’est pas encore entrée dans ma zone de prédilection », explique le jeune homme qui semble être un expert en la matière.

Félix Ky, Greffier de profession, est passionné de poésie

Agathe Consuelo Sinaré aussi possède beaucoup d’expérience dans la poésie. Enseignante de formation et administrateur scolaire et universitaire, elle est également artiste musicienne et écrivaine. C’est à travers ces deux dernières casquettes qu’elle exprime son côté poète. Elle a rédigé un recueil de poésie qui s’intitule “L’espoir des ruines”. « L’œuvre parle des problèmes en général qui minent notre société mais elle parle aussi d’amour. Elle comporte 54 pages », détaille-t-elle. C’est le vécu quotidien des populations et son propre vécu qui lui a permis de concocter ce recueil. Elle explique que le poète parle des souffrances et, par la même occasion, d’amour pour émouvoir son lectorat ou ses mélomanes. Malgré ses différentes occupations, son amour pour ce genre lui permet d’être productive.

Selon elle, seule l’absence d’inspiration peut constituer un frein à l’expression. « En poésie, je ne parlerais pas de difficulté mais d’inspiration. Si tu n’es pas inspiré, il est préférable de ne pas t’y aventurer. Une inspiration peut surgir en pleine nuit par exemple parce qu’elle vient comme un esprit. Comme dirait un philosophe, c’est un esprit universel qui te visite et s’il te visite il faut que tu le prennes au moment où il est là ».

Selon Agathe Consuelo Sinaré, c’est l’inspiration qui guide la poésie

Notre artiste musicienne et écrivaine, Agathe Consuelo Sinaré déplore par ailleurs que certaines personnes utilisent le dictionnaire pour écrire carrément la poésie. « Dans ce cas, ce n’est plus une poésie parce qu’elle n’est pas fluide ; elle n’est pas digeste alors que le poète, c’est celui qui s’inspire d’un fait, un regard et de son environnement. Le poète utilise un langage fluide, il utilise les vers, les rythmes et il transmet un message dans les pires difficultés même dans les pires conditions », dit-elle.

Félix Ky à sa manière aimerait contribuer à l’explosion poétique de son pays avec des odes qui relateront les faits d’armes des vaillants combattants. De son constat, la poésie est un genre peu exploité en comparaison avec le roman ou la nouvelle. « La poésie à vers libres semble être plus usitée par mes devanciers. Il existe des poètes comme Bernadette Dao, Frédéric Pacéré Titinga, Ansomwin Ignace Hien, qui m’ont tant inspiré par leur poéticité. Notons que la poésie, malgré son existence, n’est pas la forme la plus empruntée dans la littérature burkinabè. Une valorisation de ce genre littéraire est nécessaire à travers l’organisation de grands prix de poésie comme Le grand prix de poésie Thomas Sankara.

Avec l’éclosion du slam au Burkina Faso, qui emprunte souvent au genre poétique pour s’exprimer musicalement, les jeunes seront plus attirés par l’expression lyrique et épique », explique le jeune poète. Il invite par ailleurs les jeunes burkinabè à exploiter totalement leur génie poétique car de milliers de Senghor peuvent se cacher en chacun d’eux.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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