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Droits de l’homme et sécurité : A la découverte des prévôtés

Publié le mercredi 21 février 2024 à 15h20min

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Droits de l’homme et sécurité : A la découverte des prévôtés

Au cours d’une guerre, il n’est pas rare d’entendre parler d’exactions ou de violations des droits humains. Souvent, il est également reproché aux armées régaliennes des pratiques qui ne respectent pas les règles de la guerre. Des fois, on parle des « prévôtés ». Qu’est-ce que c’est ? Comment sont-elles nées et quel est leur rôle ?

L’histoire des prévôts remonte au moyen âge. C’est une tradition française. Un prévôt était un intendant d’un domaine seigneurial et avait pour rôle d’administrer, de juger et de percevoir les taxes. Il était également chargé de gérer les biens et les revenus pour le compte d’un maître, d’un seigneur laïc ou d’un ecclésiastique.

Dans l’armée, ce sont les gendarmes qui exercent la fonction de police militaire.
Dans l’armée, les prévôts sont les yeux est les oreilles du roi de France. Selon le chef d’état-major de la gendarmerie nationale (CEMGN), le colonel Kouagri Natama, ils sont envoyés à la suite des unités militaires en campagne afin de suivre leurs activités sur le terrain. Ils relèvent les bavures et rapportent les renseignements au roi qui, en retour, procède à des mesures correctives.

« Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours et nous l’avons conservée parce qu’elle permet depuis cette époque déjà, de valoriser et de constituer des embryons de surveillance des droits de l’homme », a expliqué le colonel Kouagri Natama au cours de la réception de dix véhicules pour la gendarmerie prévôtale.

Engagé dans la lutte contre le terrorisme depuis plusieurs années, le Burkina Faso a voté un projet de loi portant modification du code de justice militaire, le 16 février 2023 au cours d’une plénière. Ces prévôtés doivent être sur les théâtres des opérations pour prévenir et réprimer.

Au cours de l’exposé des motifs du projet de loi, le ministre de la défense et des anciens combattants, le général de brigade Kassoum Coulibaly, a indiqué qu’aujourd’hui, avec la recrudescence des attaques terroristes et la multiplication des opérations intérieures, il y a un risque croissant de violations des droits de l’homme dans ces zones d’opérations. « Ces situations rendent nécessaire l’institution d’une prévôté auprès des unités déployées dans les opérations intérieures », a-t-il justifié.
De l’avis du colonel Natama, il est important d’avoir cet outil qui « accompagne les unités militaires afin de protéger non seulement les civils mais aussi les unités militaires qui opèrent, en faisant en sorte que les opérations ou le théâtre des opérations puisse être judiciarisé ».

Au cours des opérations, ces gendarmes peuvent aussi combattre, en cas de besoin, car il s’agit de leur survie, avant de veiller au respect des droits humains.
Dans l’avenir, le Burkina Faso aura quatre cellules prévôtales dont deux à Ouagadougou, une à Kaya et une à Bobo-Dioulasso.

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

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