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Burkina/Arts plastiques : « Quand je peins, c’est pour délivrer un message », Laurent Nyanna artiste peintre

Publié le mardi 26 septembre 2023 à 22h45min

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Burkina/Arts plastiques : « Quand je peins, c’est pour délivrer un message », Laurent Nyanna artiste peintre

Laurent Nyanna, artiste peintre burkinabè, passionné de l’art a opté pour le dessin après ses études secondaires. Il était dans les locaux de Lefaso.net, le lundi 18 septembre 2023, pour parler de son métier de peintre, des difficultés rencontrées et des projets futurs.

Lefaso.net : Depuis combien de temps exercez- vous le métier de peintre ?

Laurent Nyanna : Le métier de peintre est d’abord une passion. J’ai commencé à m’exercer dès l’enfance, donc je peux dire que je suis un passionné du métier.

Qu’est-ce qu’un peintre ? Qu’est-ce qu’il fait concrètement ?

Le métier de peintre a plusieurs significations. Il y a des peintres en bâtiment, des peintres artistiques. Il y a plusieurs catégories. Mais côté artisanat, quand on parle d’un peintre c’est le beau, un peintre doit être en mesure de créer des choses attractives. Moi à mon niveau, c’est de l’art et quand je peins, c’est pour délivrer un message.

Quels sont les outils que vous utilisez habituellement pour réaliser vos dessins ?

En ce qui concerne les outils, cela dépend du support qu’on veut et surtout de la commande et de l’inspiration. J’utilise souvent des feuilles, des toiles, du bois et différents supports, même sur le carton et le mur.

Avez-vous reçu une formation quelconque ?

Je n’ai pas eu à suivre une quelconque formation comme je l’avais dit plus tôt. C’est la passion, c’est une auto formation. Quand je vois une œuvre, je vais vérifier sur les réseaux sociaux et je me forme à partir de là. Je suis particulièrement des artistes internationaux, je vois leurs créations comment, ils arrivent à faire et je m’applique à réaliser la même chose et petit à petit, cela prendra forme. J’apprends aussi à dessiner sur autre support. Là, je m’inspire de BAOBAB DES ARTS et sur les réseaux sociaux il y en a beaucoup, je ne peux pas vous donner un nom exact.

On remarque que vous faites plus dans les portraits pourquoi ce choix ?

Au début, je voulais réaliser des images expressives. Mais le problème, c’est le marché, parce qu’on n’est pas assez reconnus. Il y a des peintres, quand ils créent, cela prend. Mais nous, c’est difficile pour le moment. On a décidé donc de faire quelque chose de différent, c’est-à-dire les portraits. Je le fais souvent en stylo. Avant j’utilisais le crayon, mais dès que j’ai adopté l’outil stylo, j’ai encore plus de commandes.

Vous prenez combien de temps pour réaliser un dessin ?

Le temps dépend du format sur lequel on travaille. Par exemple, sur un format A5 qui est le petit format, on peut le faire en une journée. Et si vous me donnez un format de 70 centimètres sur 50, on peut prendre plus de temps : une semaine ou même un mois. Mais le plus souvent, nous prenons trois à cinq jours pour livrer nos commandes les plus simples.

Combien peut coûter une œuvre ?

On n’a pas un prix fixe. Cela dépend du client et de ce qu’il veut, on fait même des portraits gratuits.

Avez-vous des apprentis ou des assistants ?

Je réalise d’autres œuvres en dehors des portraits. Je travaille seul, mais j’ai créé un groupe WhatsApp pour des formations gratuites pour encourager les amoureux des dessins.

Quel regard portez-vous sur la pratique du métier de peintre au Burkina Faso ?

Le métier du peintre en particulier au Burkina Faso il y a beaucoup de chose à faire. L’artisanat en général a besoin de soutien. C’est difficile de regrouper le secteur informel. Il faut décoller pour pouvoir avoir une certaine visibilité, sinon l’artisanat nourrit parfaitement son homme. Il y a certains qui s’en sortent vraiment et y a d’autres qui ne s’en sortent pas. A travers ce métier j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille et à mes propres besoins. Je ne peux pas dire que je suis très aisé mais ça va.

Quelles sont vos réalisations dont vous êtes le plus fier ?

J’ai eu à réaliser quelques portraits dont je suis particulièrement fier car j’ai eu beaucoup de retours positifs. Il y a par exemple le portrait de l’athlète Hugues Fabrice Zango qui a pris la toile en ce moment. Il y a aussi le portrait de maître Titinga Frédéric Pacéré que les gens ont aussi aimé et d’autres m’ont même contacté pour des commandes.

Qui sont vos clients ?

95% de mes clients me contactent à travers les réseaux sociaux.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez couramment ?

En ce qui concerne les difficultés, y a le coût élevé du matériel. Nous ne possédons pas un local en tant que tel qui nous permet de bien faire notre travail. Il y a le manque de papier de dessins. Nous n’utilisons pas les papiers ordinaires, ce sont des papiers importés et l’accès est difficile vu que nous sommes des nouveaux dans le métier.

Quels conseils vous pouvez donner aux jeunes qui veulent emboiter vos pas ?

Pour être dans ce métier, il faut d’abord croire en soi et avancer doucement. Il est vrai que le début est difficile comme tout début car le métier demande du temps pour pouvoir devenir un professionnel du domaine. Il faut de la patience dans le travail surtout. Car même si tu apprends et que tu ne pratiques pas, c’est difficile. Donc il faut toujours s’appliquer pour épater les gens.

Avez vous des projets ?

Nos projets sont de réaliser de grandes œuvres pour le Burkina Faso, notre objectif c’est d’étendre notre savoir-faire dans le monde.

Salimatou Tianabou (Stagiaire)
Lefaso.net

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