LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “Il faut penser tout ce qu’il y a de pensable dans l’impensable” De Vladimir Jankélévitch

Burkina Faso : Bientôt un arrêté interministériel pour interdire l’importation des boissons énergisantes

Publié le dimanche 17 septembre 2023 à 21h45min

PARTAGER :                          
Burkina Faso : Bientôt un arrêté interministériel pour interdire l’importation des boissons énergisantes

Les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) se sont réunis en séance plénière ce vendredi 15 septembre 2023 pour examiner trois questions orales avec débat. L’une de ces questions a été posée par le député Salif Yada et adressée au ministre du développement industriel, du commerce de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises, Serge Poda. Il s’agit de la consommation abusive de stupéfiants et de boissons frelatées alcoolisées par les jeunes ainsi que la nécessité d’actualiser la règlementation de l’importation et de la commercialisation de ces produits.

La séance de ce vendredi 15 septembre 2023 a été présidée par le président de l’ALT, Dr Ousmane Bougouma. Trois questions orales avec débat étaient à l’ordre du jour de cette plénière. Il s’agit premièrement de la question relative au dispositif envisagé pour renforcer le système de sécurité incendie dans l’administration publique et les mesures urgentes à mettre en œuvre en cette période de saison des pluies pour contrer les effets des éventuelles inondations.

Les membres du gouvernement convoqués pour la séance plénière du jour

La deuxième question est relative à l’état du processus d’élaboration de l’étude nationale prospective de long terme Burkina 2050 et sa mise en œuvre par les gouvernements antérieurs et actuels. La troisième et dernière question du jour concerne la consommation abusive de stupéfiants et de boissons frelatées alcoolisées par les jeunes ainsi que la nécessité d’actualiser la règlementation de l’importation et de la commercialisation de ces produits.

La première question était adressée au ministres de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, Emile Zerbo. La deuxième question était adressée au ministre de l’économie, des finances et de la prospective, représenté par la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako/Traoré.

Dans ses réponses sur la question relative à la consommation abusive de stupéfiants et de boissons frelatées alcoolisées par les jeunes ainsi que la nécessité d’actualiser la règlementation de l’importation et de la commercialisation de ces produits, le ministre Serge Poda a rappelé les mesures déjà prises par le gouvernement pour lutter contre la prolifération de ces types de boissons. Il s’est aussi attardé sur les perspectives pour une règlementation complète du secteur.

Parmi ces mesures, on note des arrêtés pris en 2019 et 2021 pour règlementer la production, l’importation, la commercialisation de ces boissons dont « la consommation abusive est préjudiciable à la santé du consommateur surtout sa franche jeune ». « Dans le cadre de la lutte contre la prolifération de certains types de boissons dites ‘’frelatées’’ énergisantes à fort taux d’alcool, très souvent de mauvaise qualité, le gouvernement depuis 2019 et sous l’impulsion de mon département et en collaboration avec les autres départements ministériels concernés en l’occurrence celui en charge de la sécurité, de la santé et de l’économie, a procédé à l’élaboration de textes règlementaires dans le but de faire face à ce phénomène », a déclaré Serge Poda.

Serge Poda a rassuré que malgré les pressions d’ordre politique et économique, le prochain texte sera très clair, très simple et efficace

Comme arrêté, il y a eu l’arrêté interministériel n°2019-0345/MCIA/MS/MATDS du 19 septembre 2019 portant interdiction de production, d’importation, de commercialisation, de détention et d’offre à titre gratuit de liqueurs et autres boissons spiritueuses. Il s’agit notamment des boissons frelatées couramment appelées « Koutoukou, Quimapousse ».

La prise de cet arrêté a permis aux services de contrôle d’avoir une base légale pour lutter contre le phénomène, selon les explications de Serge Poda. Selon le ministre en charge du commerce, de 2019 à 2023, 2 250 importateurs, grossistes et détaillants ont été contrôlés. Ces contrôles ont permis de saisir 301 423 litres de liqueurs et boissons frelatées sur le territoire national, soit une valeur estimative de 265 084 450 FCFA.

Il y a aussi l’arrêté interministériel n°2021-00381/MICA/MS/MEEVCC/MATD du 12 juillet 2021 portant règlementation de la production industrielle, de l’importation et de la commercialisation de boissons alcoolisées au Burkina Faso.

Pour maintenir la veille et renforcer la lutte contre ces boissons frelatées, le ministère du Développement industriel a entrepris plusieurs actions comme le renforcement des opérations de contrôle des boissons alcoolisées sur le territoire national qui sont menées durant tout le long de l’année 2023, l’interpellation des départements ministériels ayant des services déconcentrés aux frontières pour rappeler les conditions d’importation des boissons alcoolisées au Burkina Faso, la publication de communiqués pour rappeler les conditions d’importation, de production et de commercialisation de boissons alcoolisées.

Les députés présents à la séance plénière du jour

Si ces arrêtés et actions ont permis de lutter contre la prolifération des boissons frelatées, force est de constater l’avènement des boissons énergisantes dont la consommation abusive constitue un problème de santé publique.

Pour consolider donc ces acquis et assainir ce secteur, un arrêté interministériel portant règlementations de la production, de l’importation et de la commercialisation des boissons sans alcool (eaux minérales ou gazeuses, les jus de fruits ou de légumes fermentés ou ne comprenant pas à la suite d’un début de fermentation des traces d’alcool supérieure à 2°, les limonades, le sirops, les infusions, le lait, le café, le thé, le chocolat) et des boissons énergisantes au Burkina Faso est en cours d’élaboration.

Pour la finalisation de ce projet d’arrêté, des prélèvements d’échantillons de plus d’une cinquantaine de marques différentes de boissons énergisantes et sans alcool ont été effectués sur toute l’étendue du territoire national à des fins d’analyse par l’agence nationale pour la sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT).

Dr Ousmane Bougouma, président de l’ALT

Selon le ministre du commerce Serge Poda, les résultats de ces analyses sont disponibles depuis une semaine et les décisions seront prises dans les jours à venir pour interdire leur importation. L’adoption de ces textes permettra aux services techniques du ministère en charge du commerce d’avoir les instruments juridiques nécessaires pour agir.

Au cours du débat général, les députés ont encouragé le département en charge du commerce à continuer les efforts dans la lutte contre ce phénomène. Ils ont notamment insisté sur une application véritable des textes et la prise de sanctions à l’encontre des différents contrevenants. Les députés ont aussi invité l’exécutif à se pencher sur la sensibilisation des parents, des jeunes consommateurs et des personnes âgées qui consomment ces boissons frelatées.

Salif Yada, le député auteur de la question relative à la consommation abusive de stupéfiants et de boissons frelatées alcoolisées par les jeunes

Tout en insistant sur le renforcement de la sensibilisation et de l’éducation des jeunes et des enfants pour lutter efficacement contre ce fléau, le ministre Serge Poda rassure que malgré les pressions d’ordre politique et économique, le prochain texte sera très clair, très simple et efficace.

Mamadou ZONGO
Lefaso.net

PARTAGER :                              

Messages

  • Les boissons énergisantes sont des drogues de camouflage. Mon beau-frère qui travaille dur et qui est agriculteur à Ouahigouya a failli devenir fou à cause des boissons énergisantes. Grâce à Dieu, nous avons découvert la cause de son comportement de folie et y avons mis un terme. Je suis heureux que notre gouvernement prenne des mesures contre cela.

  • Ça, c’est l’une des meilleurs nouvelles de la semaine.
    Vivement que ces déchets toxiques soient interdits au Burkina.
    Il faut que chacun sache qu’il a son argent mais ’’a pas le droit de s’empoisonner.

  • Dr Ousmane Bougouma, président , Salif Yada, le député et les autres... qui vous a élu comme député du peuple ? c’est illégal et illégitime tout ce qui se fait dans cette assemblée mise en place suite à un putsch. C’est juste un rassemblement d’échanges de paroles insignifiantes, donc beaucoup de pertes de temps et d’argent (que le Burkina n’a pas...) !

  • Et pourtant les usines de boissons frelatés sont à kossodo avec des autorisations d exercé fournies par le même ministère. Connu de tous. Hypocrisie.

  • C’est une bonne chose. Je vous encourage. Il faut protéger les populations de ces poisons.

  • Il y a dans l’article une constante confusion entre "frelatés" et boissons énergisantes. Enfin, je dis confusion, peut-être quelqu’un peut expliquer ça ?
    De même, quelqu’un pourrait-il trouver un autre pays dans le monde ayant procédé à cette interdiction ?
    J’ai beau chercher, je n’ai trouvé que des études très complètes quant aux effets sur l’organisme (Canada et France), des interdictions de vente aux mineurs (Lituanie, Lettonie,...) et ça : "Les autorités zambiennes ont interdit une boisson énergétique provoquant des érections après des tests en laboratoire qui ont démontré que celle-ci contenait la même substance que celle présente dans le Viagra."
    Serions-nous le premier pays au monde à pratiquer cette interdiction ?
    Quel en est l’intérêt ? Lutte contre le le terrorisme ? Chasse à l’impérialisme ? Souveraineté énergétique ?....
    Si c’est réellement une question de santé publique, mieux vaut se démultiplier dans la traque des médicaments de contrefaçon, qui inondent nos marchés et dont le Faso est devenu une plaque tournante.
    Sinon, juste pour rappel :
     Quand il a été créé le Coca portait l’appellation de boisson énergisante.
     Va-t-on interdire le nescafé, parce que mon voisin, quand il en boit trois, il est comme fou ?
     La cola, ça l’énerve aussi...
     La prohibition, que nous serons incapables de faire appliquer, ne risque-t-elle pas d’engendrer un regain d’intérêt pour ces produits chez notre jeunesse. Du fait, vendus "sous le manteau", ne risque-t-on pas de voir apparaitre des "énergisantes-frelatées" ?

    • Comme d’hab, d’excellentes et ironiques questions. Mais au point où en est le Burkina, quand on veut tuer un chien, on dit qu’il a la rage. Plus une goutte de café pour les Burkinabés, et sus à l’impérialisme... éthiopien. Ce serait quand même cocasse que la plus célèbre des boissons africaines soit interdite pour motif d’impérialisme.

    • Mr kwiliga, est ce que chez vous les boissons énergisantes ont envahies les rayons de commerce comme ici ?? toujours entrain de vouloir crédibilisé nos autorités au point où meme si les autorité prennent des mesures pour lutter contre la drogue, vous etes capable de dire que vous n’etes pas d’accord. Finalement vous devenez ridicule

    • Bonjour Ché,
      Ben oui, les ouagalais avez toujours l’impression qu’à Koudougou nous vivons au moyen-âge, mais cela fait bien longtemps que les boissons énergisantes pullulent dans nos "boutiques".
      Celle qui est fabriquée localement est même largement mise à l’honneur par des affiches publicitaires placardées dans chaque maquis.
      Vouloir critiquer les gens qui critiquent, sans jamais apporter le moindre argument ni le moindre élément de réponse aux interrogations qu’ils soulèvent est parfaitement stérile.
      "Finalement vous devenez ridicule"...

  • Je ne suis pas satisfait de cette loi. C’est juste une fuite en avant de nos véritable problème. Les dirigeants ont toujours peur de s’attaquer aux vrais problèmes.
    Pourquoi justifier cette loi par la consommation des jeunes ? Donc si les jeunes ne consommait pas les boissons énergisantes il n’y aurait pas de raison d’interdire ces boissons ?
    Pour ma part l’alcool et la cigarette sont des problèmes plus profond qu’on doit gérer.
    Les statistiques sont claires l’alcool et le tabac tue plus que le COVID. Pourquoi ont ne dit jamais rien a leurs propos ? Pourquoi la cigarette n’est pas interdite ou au minimum dans les lieux publics ( dans la rue). Pourquoi les brasseries sont autorisés à faire la publicité des alcool ?
    Il suffit de faire un constat s’imple. Un Burkinabé qui sort se divertir trouvera plus facilement de l’alcool ou de la sucreries dans les bars, restaurant, maquis... même dans le fin fond du pays on trouve ça mais si vous avez envie de consommer des boissons saine ça devient plus compliqué.
    Pour conclure l’alcool et la cigarette sont des fléaux plus grave et meurtrier que ces boissons énergisantes. Les jeunes pour la plupart ne font que copier les aînés. Prenons nos responsabilités aulieux de toujours pointé du doigt les plus jeunes.

    • Sauf erreur et omission de ma part il est interdit de faire la promotion de boissons alcoolisées au delà d’un certain pourcentage, 10% si je ne me trompe pas. ma question, pouvez vous nous référer une pub de boissons alcoolisées ?

      Certes les jeunes copient les ainées, mais c’est pas pour autant que l’on ne va interdire ces boissons.

      Les boissons dont il est beaucoup question, au delà d’être alcoolisée, sont des boissons qui contiennent des aphrodisiaques et autres substances dont la nature n’est pas toujours connue.

      La jeunesse est la relève d’un pays si elle est "corrompue", l’avenir du Faso serait tronquée ; donc la raison de la loi est bien fondée.

      BJOC

    • Mr BJOC vous ne comprenez vraiment pas mon problème. Avant tout débat vous devez comprendre que la science est unanime sur certains point.
      L’alcool et le tabac sont plus dangereux que des boissons énergisantes.
      Mon problème c’est que pourquoi prohibées les boissons énergisantes seul ? Sous quel motif ?
      Sur quelle donné scientifique on a fixé les 10% comme limite pour les publicités ??
      Vous vouyez jusqu’où va le mal ? Vous me demandez les publicités de boissons alcoolisé, vous ne voyez pas de publicité de bière a la télé ?? Ou bien pour vous la bière ce n’est pas de l’alcool ?
      L’alcool est médicalement considéré comme une drogue dure.
      Je suis contre les boissons énergisantes mais avant de s’attaquer à ce problème il fallait parler de l’alcool et la cigarette qui tue plus que tout autre chose. Allez y voir les recherches scientifiques et les statistiques au niveau mondial.
      Vous avez l’air de vouloir un vrai changement alors sur quelle base, quel argument utilise ton pour ne pas interdir la cigarette et l’alcool ?

  • Excellente nouvelle !
    Prochaine étape. Interdire aux moins de 21ans l’accès aux debits de boissons. Les promoteurs de ces établissements doivent eux-mêmes prendre des mesures pour empêcher les mineurs d’y entrer sous peine d’amende salée.
    Il faut remettre de l’ordre dans cette nation.

  • Interdire n’est pas forcément la solution. Par exemple dans le Coran les interdits ont souvent été graduels. Déconseiller, modérer puis interdire. Je propose dans un premier temps d’imposer des taxes pour renchérir les boissons énergisantes et les frelatés et surtout imposer des taxes exceptionnelles à tous les établissements qui vendent ces produits. Ensuite on prend des mesures pour accroître les charges des vendeurs en leur demandant d’aménager particulièrement leur lieux de vente et enfin on encadre la consommation de ces produits par des règles strictes permettant de verbaliser les consommateurs et rendre plus difficile l’accès à ces produits. On peut penser que mes propositions sont difficiles à mettre en œuvre, mais le propre de l’homme c’est de RÉFLÉCHIR et trouver des SOLUTIONS à des problèmes COMPLEXES.

    • Bonjour Bob
      Les mesures que vous proposer, a savoir la surtaxation, ne peuvent etre efficaces dans un pays comme le Burkina où ces produits , le plus souvent passent par la fraudes. Donc surtaxer ces produits n’aura aucun effet sur les prix. Il faut simplement les interdire car ils sont dangereux pour les reins. il ya quelques années, il n’yavait que la boisson XXL, aujourd’hui vous trouverez tout type de marque même une qui porte le nom "sankara".

  • Je ne suis ni pour ni contre cette interdiction mais j’aurais préféré que cette interdiction viennent après que les résultats aient été débattus par nos scientifiques. Je ne pense pas qu’en une semaine ils aient eu le temps de donner leur avis.

  • si le Burkina seul interdit ces boissons et que dans les pays voisins ces boissons restent commercialisables, ce serait sans effets car nos frontières sont poreuses et plus de ça nous sommes dans une ’Fédération’ non ?
    Il faut juste taxer très fort ces boissons pour alimenter le fond patriotique. Cela ne fera ne fera que diminuer la quantité par consommateur, mais ce sera déjà pas mal.

  • Ce qui doit arranger la population, on ne discute pas là-dessus. C’est une mesure qu’il fallait prendre depuis et suivi de mesures de répression. Interdire en même temps les boutiquiers qui vendent tous ces produits. Courage. Mettez un numéro vert pour dénoncer les boutiquiers et commerçants bandits.

  • Encore une fois, la lecture de Lefaso.net me détend les zygomatiques d’un rire salutaire pour mon hygiène mentale.
    Voilà un pays qui a le couteau économique sous la gorge et le sabre du djihadisme sur la nuque, v’là-t-y pas que ses hyper-compétentes autorités n’ont rien d’autre à f#%tre que d’interdire les boissons dites « énergisantes ». Boissons qui sont pourtant autorisées dans l’Autriche qui leur a donné naissance. C’est un pays malsain, l’Autriche ?
    Ah ben ça alors, ça devait être diablement urgent !
    Moi qui me souviens du terrible café « Robusta » de Côte-d’Ivoire, dont 3 tasses vous collaient une nuit blanche, il faudrait sûrement l’interdire ! Et la noix de cola, dont un petit éclat vaut 2 litres de café-goudron, n’est-ce pas un stimulant africain terrifiant ? INTERDIT ! Et le 2e litre de Brakina ? INTERDIT !
    Continuez comme ça, et le burkibabè aura envie de filer en Arabie Saudite pour se détendre ...
    Et merci pour la rigolade !

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Management des Entreprises par les Processus