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Coopération au développement agricole : Lancement du projet « DigitOP » en faveur des territoires ruraux du Burkina et de la Guinée

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Publié le jeudi 1er juin 2023 à 17h30min

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Coopération au développement agricole : Lancement du projet « DigitOP » en faveur des territoires ruraux du Burkina et de la Guinée

Le consortium, Agriculteurs français et développement international (AFDI), Réseau des organisations paysannes et des producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) et Afrique verte international (AVI) a lancé, ce jeudi 1er juin 2023 à Ouagadougou, le projet « DigitOP ». Il vise à faire du numérique, un levier pour accélérer le développement des services des organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest, notamment du Burkina et de la Guinée.

Selon les responsables du projet, il s’agit d’amener les services numériques dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique à accompagner les producteurs au Burkina et en Guinée. De façon pratique, l’initiative va permettre de renforcer les capacités des acteurs, notamment les producteurs, à l’utilisation des smartphones, des tablettes et des ordinateurs.

« DigitOP » va partir d’éléments déjà existants, qu’il va améliorer avec les acteurs, eux-mêmes. ‘’Ce sont eux, les organisations paysannes et les paysans, qui vont décider de ce qui est bon pour eux, ce qui va leur servir pour leur travail, etc. Ce n’est pas à nous de décider pour eux, il ne s’agit de copier ce qui se passe ailleurs, il faut que ce soit plus adapté à leurs réalités‘’, déclinent les concepteurs du projet.
« DigitOP » est donc une nouvelle opportunité pour améliorer qualitativement l’élaboration des politiques publiques agricoles, les outils et contenus numériques pour l’agriculture, les organisations paysannes et les services rendus par les organisations paysannes à leurs membres.

« Depuis plusieurs années, les pays d’Afrique de l’Ouest font face à une succession de crises qui fragilisent la résilience des agriculteurs et agricultrices et la sécurité alimentaire. Certaines de ces crises, entraînant des limitations de déplacements et la décroissance des services publics, ont aussi révélé le potentiel important que recèle le numérique pour le développement rural et agricole en général, et pour les acteurs actrices dans les zones rurales en particulier. Son utilisation progresse dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest. Il permet aux membres des organisations paysannes, parfois isolés par les manques d’infrastructures, l’insécurité ou la faiblesse des services publics, d’accéder à l’information et au conseil ; il révolutionne les techniques de collecte, de traitement, d’analyse des données, participe fortement à l’inclusion des filières agricoles, à travers les systèmes d’information sur les marchés et les plateformes de mise en relation des acteurs. Il renforce également auprès des jeunes, l’attractivité des métiers liés aux secteurs agro-sylvo-pastoraux et halieutiques », a soutenu le ministre de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques, président de la cérémonie de lancement, représenté par son directeur de cabinet, Jean Pascal Kiéma.

A l’en croire, « DigitOP » s’inscrit en droite ligne des initiatives du gouvernement pour le développement agricole.
Selon le représentant de AFDI, Richard Demuynck, « DigitOP » a deux objectifs complémentaires : donner aux organisations paysannes, les capacités nécessaires de dialoguer avec les acteurs du numérique et avec l’État ; favoriser la connaissance par les paysans et la diffusion des services, dans leur diversité, aux membres des organisations paysannes pour qu’ils bénéficient de toutes les potentialités liées au numérique (informations, conseils, collecte de données, plateformes de promotion des services, etc.).

Le directeur de cabinet du ministre en charge de l’agriculture (milieu), avec à sa droite, le représentant de AFDI et à sa gauche, le représentant de la CPF.

« Cette initiative se vit déjà sur le terrain, parce qu’il y a des gens qui sont équipés de moyens de communication numérique. Donc, avec le financement de l’AFD, on s’est axé sur le projet, qui nous intéresse beaucoup ; parce que pour les paysans, les agriculteurs, c’est quand même une façon d’aller un peu plus vite, d’accélérer le développement. C’est donc une occasion très importante », analyse Richard Demuynck, pour qui, par ce projet, le paysan burkinabè pourrait échanger avec d’autres acteurs ailleurs, d’égal à égal, parce qu’utilisant les mêmes outils.

« C’est un honneur pour AFDI de coordonner ce nouveau projet avec le ROPPA et Afrique verte international. Le ROPPA parce qu’il représente les paysans familiaux d’Afrique de l’Ouest ; le soutien à la structuration de ces organisations, le renforcement des services à leurs membres, la promotion de l’agriculture familiale, sont en effet au cœur des missions de l’AFDI. Notre association elle-même a été créée, il y a près de 50 ans, par les organisations agricoles françaises qui sont actives dans sa gouvernance. Afrique verte international, parce qu’elle travaille dans la prolongation des objectifs de production des exploitations agricoles, en apportant des outils de facilitation de stockage, de commercialisation, en agissant sur les marchés, avec toujours la volonté de répondre aux attentes des producteurs. La plateforme SIMAgri (Système d’information sur le marché agricole, puissant outil d’information et de mise en relation des acteurs des filières, est particulièrement remarquable », justifie Richard Demuynck.

« Ce projet vise à révolutionner notre agriculture, parce qu’avec les services numériques qui y seront compris, on n’aura plus besoin de se déplacer sur de longues distances pour avoir accès à ces services. On peut être sur place et avoir toutes informations relatives à la production agricole, ou la production de manière générale. On aura tout ce dont on a besoin de savoir, parce que tout est digitalisé et tout est sur une plateforme numérique qui va permettre à tous les utilisateurs d’avoir accès à toutes sortes d’informations ; que ce soient en termes de commercialisation que de transformation et de distribution », loue Bassiaka Dao de la Confédération paysanne du Faso.

Le projet sera mis en œuvre par des organisations de la société civile paysannes du Burkina et de la Guinée. Il s’agit de la Confédération paysanne du Faso ; la Confédération nationale des organisations paysannes de Guinée et la Fédération des paysans du Foutah Djallon (membres du ROPPA) ; l’association guinéenne pour la sécurité et la souveraineté alimentaires et l’association pour la promotion de la sécurité et de la souveraineté alimentaires au Burkina Faso (membres de AVI).

D’une durée de 36 mois, à compter du 1er avril 2023, « DigitOP » est d’un budget global de 1 237 000 euros (environ 810 235 000 FCFA : ndlr), avec un co-financement de l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 800 000 euros (environ 524 000 000 FCFA : ndlr).
Le projet couvre toutes les localités du Burkina et deux localités de la Guinée (haute Guinée et moyenne Guinée).

O.L
Lefaso.net

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Messages

  • Attention, c’est des agriculteursimpérialistescomplicesdesterroristes, ils vont nous foutre des logiciels espions partout !

  • Nous attendons des créations de richesses des amis du Burkina ; en voici des exemples concrets quotidiens.
    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues !

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