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Burkina/Foire des semences : Des semences améliorées pour compenser le manque

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Publié le jeudi 25 mai 2023 à 17h30min

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Burkina/Foire des semences : Des semences améliorées pour compenser le manque

La grande messe du monde de l’agriculture et de celui de la recherche s’est ouverte, ce jeudi 25 mai 2023 à Ouagadougou, autour du thème « Contribution des résultats de la recherche agricole à la résilience des populations et à l’employabilité des jeunes et des femmes : Cas des semences améliorées dans le contexte de crises sécuritaire et alimentaire ». La cérémonie d’ouverture a été placée sous le patronage du Premier ministre, représenté par le ministre d’Etat, Bassolma Bazié, en compagnie de ses collègues de l’enseignement supérieur Adjima Thiombiano, et de celui en charge de l’agriculture, Dénis Ouédraogo.

Durant quatre jours (25 au 28 mai 2023), producteurs, paysans, techniciens et chercheurs se côtoieront sur ce qui les unit, notamment la question des semences pour la production agricole. Au cours de cette 14e édition de la foire des semences, il est question de susciter le débat entre les producteurs, les organisations de producteurs, les acteurs du système semencier national et la recherche sur les variétés améliorées disponibles, les itinéraires, les techniques de production et les modules de formation sur les semences améliorées.

Visite guidée et échanges avec les producteurs semenciers dans les stands d’exposition

C’est pourquoi, les débats ont été déjà lancés lors de la cérémonie d’ouverture tenue ce 25 mai, parce que, les chercheurs qui trouvent, on en trouve au Burkina. Car les résultats en matière de semences améliorées sont pleins dans les différents laboratoires, mais le défi reste leur utilisation et vulgarisation auprès des producteurs a fait savoir le monde de la recherche.

Un défi qui sera sans doute relever, enfin, selon le représentant du Premier ministre, Bassolma Bazié qui a tenu à préciser que des instructions ont été données pour la recherche de moyens de conservation et la mise en place d’atelier et d’unités de transformation des produits agricoles.

Dénis Ouédraogo, ministre en charge de l’agriculture invitant les producteurs à utiliser les semences améliorées pour accroître leurs rendements

« On ne peut pas mettre de côté les résultats de la recherche et vouloir accroître ses rendements »

C’est en cela que, le directeur général de l’INERA, Dr Hamidou Traoré, a, dans son allocution, souhaité que cette foire participe davantage à l’utilisation à grande échelle des semences de variétés améliorées de plantes par les producteurs du Burkina, contribuant ainsi à la résilience des populations et à la création d’emplois pour les jeunes et les femmes.

Le ministre en charge de l’agriculture, Dénis Ouédraogo, est quant à lui revenu sur le potentiel que requièrent les semences améliorées en terme de rendement et qui est une solution pour compenser le manque à gagner dû aux déplacements massifs des populations.

Dénis Ouédraogo, ministre en charge de l’agriculture invitant les producteurs à utiliser les semences améliorées pour accroître leurs rendements

A titre d’exemple, il a parlé des variétés de riz qui peuvent atteindre 8 à 9 voire 10 tonnes à l’hectare, alors que les anciennes variétés pour le même espace, on a 2 à 3 tonnes. « Vous voyez la grande différence, c’est-à-dire, sur la même superficie, vous avez 10 fois plus. Vous comprenez qu’il y a un lien fort entre l’utilisation des semences améliorées pour accroître la production agricole avec l’insécurité alimentaire, puis qu’il y a beaucoup de personnes qui se sont déplacées et ne pourront pas cultiver », a-t-il affirmé. A l’en croire, ceux qui pourront le faire, s’ils utilisent des semences améliorées, ils seront en mesure de compenser les pertes de production liées aux déplacements des populations et par ricochet accroître la production malgré la situation difficile d’insécurité que vit le pays.

Quant aux doléances des producteurs sur le manque de moyens pour utiliser les semences améliorées, le ministre les a invités à faire des efforts de leurs côtés, en achetant les semences améliorées pour combler le manque afin d’accroître leurs rendements.

Pour le Pr Adjima Thiombiano, ministre en charge de l’enseignement supérieur « On ne peut mettre de côté les résultats de la recherche et vouloir des rendements importants »

Cette explication se justifie, selon l’autorité, par le fait que le BF compte environ 4000 producteurs de semences et le ministère assure leur certification pour qu’elles répondent aux normes et il faut que les gens fassent l’effort d’acheter des quantités en complément de ce que l’Etat leur octroie.

Cette foire, organisée par l’Institut de l’environnement et des recherches agricoles (INERA), est un espace pour mettre en lumière tout ce qui a été en terme de variétés de semences améliorées qui sont issues des travaux de laboratoires aussi du CNRST que des universités, a rappelé le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Adjima Thiombiano. Tout en soulignant que l’une des innovations de cette édition, c’est d’apporter des solutions aux dilemmes qui se posent aujourd’hui entre la production pastorale et celle consacrée à l’humain.

En la matière, il y a des résultats concrets, dit-il. Parce qu’il y a une des variétés de niébé, dont le nom en mooré est « Teksoongo », une variété qui permet d’apporter une tonne et demi de grains pour la consommation humaine et en même temps d’avoir quatre tonnes de fourrages. L’autre exemple aussi parlant, dont il a fait cas, c’est celui de « Sebatimi », c’est une combinaison d’une souche qui a des grosses tiges sucrées et sa spécificité, c’est qu’elle permet d’avoir en moyenne trois tonnes de grains à l’hectare et en même temps 10 tonnes de fourrage. Ce qui permet de régler la question alimentaire et nutritionnelle de l’homme et des animaux sur la même récolte.

Le ministre en charge de l’enseignement supérieur a conclu en faisant savoir qu’aujourd’hui, le paysan et le producteur doivent prendre conscience qu’on ne peut mettre de côté les résultats de la recherche et vouloir des rendements importants.

Yvette Zongo
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