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Assises nationales sur la dématérialisation de l’administration publique au Burkina : Une nouvelle feuille de route adoptée

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Publié le jeudi 13 avril 2023 à 21h55min

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Assises nationales sur la dématérialisation de l’administration publique au Burkina : Une nouvelle feuille de route adoptée

Les Assises nationales sur la dématérialisation de l’administration publique ont refermé leurs portes ce jeudi 13 avril 2023, à Ouagadougou. La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre d’État, ministre de la fonction publique, Bassolma Bazié, et ce en présence de la ministre de la transition digitale, des postes et des communications électroniques (MTDPCE), Dr Aminata Zerbo et celle de l’action humanitaire, Nandy Somé/Diallo.

La rencontre a regroupé des acteurs de l’écosystème numérique composés de représentants de l’administration publique, du secteur privé, de la société civile et des collectivités territoriales. Trois jours durant, ils ont échangé sur les mécanismes et moyens à mettre en place pour une implémentation réussie de la dématérialisation au sein de l’administration publique. Les réflexions et les échanges menées, au cours des travaux, ont été sanctionnés ce 13 avril 2023, par l’adoption d’une feuille de route de la dématérialisation.

Ainsi, au titre de l’année 2023, ce sont au total 43 procédures prioritaires qui ont été identifiées dont 28 procédures orientées citoyens et entreprises. Il s’agit, entre autres, de la procédure de délivrance en ligne du casier judiciaire et du certificat de nationalité, la plateforme de paiement électronique de l’État, le système de gestion des titres de transport qui permettra de délivrer des titres tels que les cartes crises et les permis de conduire. A cela s’ajoutent l’authentification des diplômes au niveau du Burkina Faso, la mise en place d’une base de données des diplômes au niveau du ministère en charge de l’enseignement supérieur.

Photo de famille

Le budget total pour la dématérialisation des 43 procédures identifiées s’élève à 5 668 114 500 FCFA dont 1 286 195 500 comme financement à rechercher, a indiqué le directeur général de la transformation digitale, Ferdinand Yougbaré. Les participants à ces assises ont formulé également plusieurs recommandations. Ils ont proposé la création d’une Commission nationale de la dématérialisation chargée d’assurer la cohérence des actions de dématérialisation et de veiller à la qualité des plateformes, l’adoption des manuels de procédures à dématérialiser comme préalable pour la dématérialisation.

Il y a aussi parmi les recommandations celles relatives à l’adoption d’un plan de renforcement des capacités du personnel informaticien (MTDPCE/Sectoriels) ; l’augmentation des budgets alloués à la dématérialisation et à la maintenance des équipements informatiques tout en veillant à une utilisation rationnelle des ressources (MEFP/Sectoriels). Les participants ont suggéré aussi l’harmonisation de la classification catégorielle des ingénieurs de travaux en informatique avec les autres ingénieurs de travaux et la révision de l’indemnité spécifique des informaticiens (MTDPCE/MFPTPS/MEFP).

Les travaux réalisés qui ont permis d’avoir des orientations sur des points précis (les participants)

Au-delà des recommandations, les participants ont pris des résolutions. Concernant les cadres juridique, institutionnel et organisationnel de la dématérialisation, ils s’engagent à créer un comité de suivi des recommandations des assises de la dématérialisation et du RESINA, tenir une rencontre annuelle entre le MTDPCE et les incubateurs et la société civile, mener une étude pour identifier les spécificités du secteur des TIC à prendre en compte dans la règlementation communautaire liée aux marchés publics.

Pour ce qui concerne le financement, les ressources humaines et la pérennisation, ils ont pris la résolution de mutualiser les centres de gestion des données en renforçant la collaboration entre les départements ministériels pour l’exploitation des Datacenter (MTDPCE/ Sectoriels), d’assurer une collaboration fructueuse et saine entre les acteurs du privé et de l’administration pour la réussite de la dématérialisation (MTDPCE/Secteur Privé).

Rappelant les objectifs poursuivis par ces assises nationales, la MTDPCE, Dr Aminata Zerbo, a insisté sur les obstacles à la dématérialisation des procédures au sein de l’administration publique.

Selon la MTDPCE, Dr Zerbo Aminata, les 43 procédures identifiées sont réalisables au cours de cette année 2023

« Il y a de cela cinq ans, on avait dénombré un peu plus de 400 procédures, voire près de 500 procédures à dématérialiser. Mais au bout de ces cinq ans, le bilan est assez mitigé. Il était nécessaire que les acteurs de l’écosystème se retrouvent, puissent ensemble réfléchir, faire un diagnostic de la situation et proposer des solutions pour accélérer cette dématérialisation qui est au cœur de la modernisation de notre administration publique. Modernisation également qui va contribuer à la refondation de l’État qui est l’un des axes majeurs de cette transition », a-t-elle indiqué.

A la question de savoir si les 43 procédures à dématérialiser pour le compte de l’année 2023 sont réalisables, Mme la ministre s’est montrée optimiste : « Je pense que oui. Déjà ces assises sonnent la mobilisation générale. Les réflexions de ces 72 heures ont permis d’identifier les mécanismes sur différents aspects pour pouvoir accélérer la dynamique. Nous sommes confiants et nous pensons que nous allons mobiliser toutes les ressources humaines mais également financières et matérielles pour atteindre cet objectif et aussi mettre en œuvre toutes les recommandations qui ont été faites par les acteurs pour nous donner les chances d’y arriver ». Interpellée sur la problématique de la connectivité au Burkina Faso, elle a laissé entendre que ce point a été relevé lors de ces assises nationales.

Le ministre de la fonction publique a réitéré ses remerciements aux plus hautes autorités du pays pour leur soutien à cette réflexion nationale sur la dématérialisation des procédures administratives

Dans la perspective de relever ce défi, un comité a été mis en place pour le suivi des recommandations formulées à l’endroit du réseau national de l’administration. « C’est déjà un pan pour résoudre les problèmes de connectivité que nous avons. Aussi, au niveau des opérateurs, il y a des efforts qui sont faits et qui continueront d’être faits, pour que nous puissions réunir tout ce qu’il faut pour relever le défi de la connectivité pour ne pas qu’il soit un frein à cette ambition de dématérialisation », a-t-elle déclaré.

Dans son mot de clôture des travaux, le ministre de la fonction publique, Bassolma Bazié a félicité et invité chaque acteur à jouer sa participation pour que les orientations de ces assises se traduisent en actions concrètes sur le terrain. Pour rappel, les assises nationales sur la dématérialisation des procédures administratives au sein de l’Administration publique burkinabè avaient pour thème « Transition politique-transition digitale : remettre la dématérialisation des procédures administratives au cœur de la réforme de l’État au profit des citoyens burkinabè ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Messages

  • C’est bien la dématérialisation. Il convient qu’à même de ne pas oublier que 69% de la population est considérée comme illettrée. Il ne faut pas les exclure.
    Le taux de pénétration d’Internet au Burkina représente 20% de la population avec 9.4% d’utilisateurs réguliers.
    Or, dans le compte-rendu, cette question n’est pas évoquée. Avec la dématérialisation des procédures, ne risque -t -on pas de mettre une partie de la population de côté avec les effets néfastes que cela peut entraîner ? C’est une question que l’on doit se poser.

  • Tant que les conditions de travail des informaticiens ne sont pas prise en compte les procedures seront dématérialisées mais pourront pas survivre parce que les gens vont partir là où ils seront bien traités. Et la boucle continue son chemin tant que ......

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