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Koudougou : Entre études et petits boulots, les astuces des étudiants pour joindre les deux bouts

Publié le jeudi 23 février 2023 à 22h05min

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Koudougou : Entre études et petits boulots, les astuces des étudiants pour joindre les deux bouts

La passion, le devoir sociétal et l’argent sont autant de raisons qui poussent plusieurs étudiants à mener des activités extra scolaires. Outre la coiffure, le commerce et les vente ambulante de produits, certains étudiants se sont lancés dans le domaine de la livraison, de la confection et la vente des tissus.

Il est 6h moins le quart ce mercredi 22 février lorsque nous partions à la rencontre de Alphonse Sawadogo, étudiant en marketing à l’Institut universitaire de technologie de l’université Norbert Zongo de Koudougou. De taille moyenne et de teint noir, ce jeune étudiant de 23 ans, avec un panier derrière sa moto, partait livrer du pain chaud à ses clients.

« Je suis livreur depuis deux ans maintenant. J’ai signé un contrat avec deux boulangeries et chaque matin, je vais chercher le pain pour aller le donner aux clients », explique-t-il.

Selon lui, ce travail demande beaucoup de sacrifices car on ne peut pas bien se reposer. « Je sors tous les jours à partir de 1h du matin pour prendre le pain. Je livre à Koudougou et vers 3h, je bouge pour Réo. Le soir à partir de 18h, je retourne vers les clients pour récupérer l’argent et je ne rentre à la maison que vers 23h30 », confie-t-il.

Le métier de livreur comporte des difficultés que notre interlocuteur nous cite le visage un peu fermé. « Des camarades se moquaient de moi au départ. En plus, j’ai souvent peur de sortir à 1h du matin à cause de l’insécurité. Sans compter les multiples pannes de moto » a-t-il déploré. Toujours au titre des difficultés, Alphonse relève le manque de temps pour lire ses cours : « je ne suis libre qu’à partir de 10h. Quand je reviens de Réo, j’arrive tout fatigué et si je pars à l’école, je n’arrive pas à bien suivre. Malgré tout, j’arrive à valider tant bien que mal mes années académiques, à me prendre en charge et à subvenir aux besoins de ma mère basée à Bobo ».

Alphonse Sawadogo fait de la livraison pour s’occuper de lui-même et de sa mère

Comme Alphonse Sawadogo, Charlotte Nana et Milka Guissou, toutes deux étudiantes à l’IUT se sont lancées dans de petites activités afin d’aider leurs parents. Leur spécialité, la confection et la vente du pagne koko dunda. « Nous sommes entrées dans le marché des pagnes koko dunda en 2020 en tant que revendeuses. C’est en 2022 que nous avons pris l’initiative de confectionner nos propres pagnes et nous avons suivi des formations à cet effet », ont-elles confié.

Le manque de fonds pour commander le tissu en grande quantité constitue leur plus grande difficulté. A les entendre, « le programme des cours est tel que nous sommes souvent obligées de confectionner les pagnes la nuit pour pouvoir respecter les délais de nos clients ». Lire la suite

Sakinatou ROAMBA
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 23 février à 21:53, par Renault HÉLIE En réponse à : Koudougou : Entre études et petits boulots, les astuces des étudiants pour joindre les deux bouts

    Encore un reportage adorable sur la vraie vie des vrais gens du Burkina Faso !
    Félicitations à la rédaction ! Et ça mériterait d’être plus long, on est presque frustré...
    NB :
    La photo des 2 jeunettes est splendide ! Leurs robettes bleues se vendraient à prix phénoménal à Saint-Tropez en été...
    Et quand je dis phénoménal, ce serait au moins 600€, soit 400 000 Francs-CFA-ECO la robe.
    À Saint-Trop’, quand ce n’est pas cher, vraiment cher, on ne vous prend pas au sérieux...
    ...

    • Le 24 février à 10:25, par kwiliga En réponse à : Koudougou : Entre études et petits boulots, les astuces des étudiants pour joindre les deux bouts

      Bonjour Renault HÉLIE,
      Ben ouais, en photo, vu de loin, on peut trouver ça "adorable".
      Après, quand on vit sur place, ce qui est mon cas, on ne peut que réprouver un épouvantable système.
      Université Norbert Zongo de Koudougou, plus de 60.000 étudiants et, bien évidemment, davantage l’année prochaine.
      Un seul espoir : gagner concours et venir surcharger les effectifs déjà encombrés et souvent inutiles d’une "toute puissante" élite de la fonction publique.
      De plus en plus d’aspirants, de moins en moins d’admis.
      Pour l’année 2022 et au plan national, 2 millions d’inscrits pour 6.000 places !
      Du coup, il va en livrer du pain, elles vont en vendre des pagnes,... pendant de longues années, surement, comme beaucoup, après la fin de leurs études, en conservant toujours ce fol espoir de réussir un concours, pour enfin rentrer dans l’unique caste des "Winner" du pays.
      Et comme en ce moment, tout va mal, la concurrence se multiplie dans le petit commerce, les places sont rares, les employeurs abusent, la délinquance et la prostitution se multiplient,...
      Au-delà de la gentillette vision de ce reportage,... pas si adorable, en fin de compte.

  • Le 24 février à 09:02, par Lapatriote En réponse à : Koudougou : Entre études et petits boulots, les astuces des étudiants pour joindre les deux bouts

    Bravo a vous et vous etes sur le bon chemin. Savoir creer et se donner a fond. C’est la cle de la reussite. Vivement que des opportunites viennent a vous.
    Je serai ravie de collaborer avec vous pour habiller mes fauteuils.

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