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Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

Publié le mardi 21 février 2023 à 23h10min

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Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

Un communiqué du porte-parole du gouvernement a annoncé au journal télévisé de 20 heures, que la ré-inhumation des restes de Thomas Sankara et des douze autres victimes du 15 octobre 1987 aura lieu le 23 février 2023, sur le site du Mémorial Thomas Sankara à partir de 9h. Un lieu décrié par certaines familles des victimes et une partie de l’opinion publique. Dans cette interview, Pr Albert Ouédraogo, enseignant de littérature orale africaine à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, donne son analyse sur ce sujet, qui défraie la chronique.

Lefaso.net : Que pensez-vous de cette polémique autour de la ré-inhumation des restes de Thomas Sankara et ses douze compagnons ?

Pr Albert Ouédraogo : C’est vraiment dommage et regrettable ! Je trouve affligeant que pour l’inhumation des restes des suppliciés du 15 octobre, on en soit à se déchirer encore autour de leurs restes alors que ça aurait dû être un moment de grande communion nationale. Et j’estime que les autorités ont manqué de sagesse parce que, quoi qu’on dise, c’est d’abord une affaire d’une famille avant d’être une affaire d’une nation. Etant donné qu’on n’a pas réussi à avoir l’assentiment de la famille, c’est de la politique, et c’est du spectacle.

Aujourd’hui, selon les propos tenus par la famille, il ressort que c’est plus une affaire d’argent qu’une affaire de deuil. Des gens ont investi de l’argent par rapport au mémorial et depuis le départ, ils en ont fait une affaire d’argent. Ce qui est contre même le principe et l’idéologie de Sankara qui n’a jamais voulu qu’on fasse du bling-bling autour de sa personne. De son vivant, il n’a jamais vécu dans le luxe, il n’a jamais voulu du spectaculaire. Et maintenant, c’est ce qu’on veut lui servir à sa mort.

C’est même une sorte de trahison de son idéal. Pour moi, j’estime que la famille a raison et que la transition aurait gagné sérieusement à se laver les mains de ce dossier et à laisser à un régime démocratiquement élu s’en charger. S’il y avait un consensus, elle aurait pu s’en charger mais dès le moment où il n’y a pas de consensus, la transition n’a pas à se mêler de ce dossier. On a d’autres choses plus urgentes. Elle doit travailler à ce qu’on arrive autour du consensus pour qu’on fasse face au terrorisme. Ce n’est pas le moment de nous diviser. Donc j’estime que c’est vraiment un mauvais casting de la part de la transition.

Ce gouvernement de transition devrait plutôt laisser cette affaire à un autre régime, dites-vous. Est-ce qu’on doit attendre encore longtemps ? Est-ce que cela ne prendra pas du temps ?

Je préfère que l’on prenne le temps de s’entendre qu’on se précipite et ne pas s’entendre. Les anglais disent que « le temps est un bon guérisseur ». Peut-être que ce qui n’est pas obtenu aujourd’hui sur le plan consensuel peut être obtenu l’année prochaine, dans cinq ans, dans dix ans.

Sur le plan traditionnel, une inhumation à polémique n’a-t-elle pas des conséquences ?

Sur le plan traditionnel, c’est très mauvais parce que les funérailles sont un moment où les vivants et les morts accordent leurs violons. Parce que c’est le moment de permettre aux âmes des morts de rejoindre le panthéon. Chez les Mossi, les âmes sont en errance. Et tant que les âmes sont en errance (on les appelle des fantômes rouges), votre pays n’a pas la paix. Pour permettre à ces fantômes rouges de rejoindre le panthéon, la case des morts, les funérailles sont indispensables. Or, les funérailles sont un moment de grande ferveur, de grande entente et pas un moment de déchirure.

On ne se déchire pas pendant les funérailles. On célèbre la renaissance d’une âme qui va rejoindre les ancêtres, c’est une fête collective. Ce n’est pas le moment de la guerre, ce n’est pas le moment de s’entredéchirer. C’est une faute par rapport à la compréhension même des funérailles dans la tradition.

Pourtant le gouvernement a précisé dans le communiqué que les rituels seront observés et surtout que la ré-inhumation se déroulera dans la stricte intimité des familles, en attendant un hommage national le 15 octobre 2023. Estimez-vous que ce soit une bonne solution ?

Les funérailles sont d’abord une affaire de famille, ce n’est pas une affaire de la nation. C’est d’abord une affaire de famille et la famille est sacrée en Afrique. La nation ne peut pas prendre la place de la famille. La cellule familiale constitue le noyau de la nation. Si vous touchez à cette cellule familiale, c’est toute la nation que vous allez déchirer après.

Il ne faut pas minimiser le rôle de la famille dans une nation. Je crois que la transition devrait faire comme Ponce Pilate : se laver les mains de ce dossier et le confier à un régime démocratiquement élu, qui certainement trouvera des voies et moyens de construire une sorte d’unanimité sur ce dossier et ne pas nous laisser embarquer par les lobbies internationaux ou nationaux parce que aujourd’hui cette affaire est devenue plus l’affaire de l’extérieur que l’affaire de la famille Sankara. Et ce n’est pas normal.

Au début, certains disaient que la famille Sankara exagère parce qu’elle exige des choses tout le temps. Aujourd’hui, on remarque que la famille de Paulin Bamouni (l’un des douze compagnons d’infortune de Sankara) annonce elle-aussi se démarquer au cas où les choses resteraient en l’état. Est-ce que cela confirme qu’il n’y a pas de consensus dès le début ?

J’étais très convaincu qu’on n’a pas demandé l’avis des autres familles parce que quand l’Etat se mêle de façon aussi précipitée et que ceux qui sont au-devant du dossier manquent de sagesse, on n’est plus dans un moment de sérénité. Il y a des enjeux économiques qui ne disent pas leurs noms, et c’est ce que j’ai reproché très souvent quand l’armée se mêle de certaines affaires. Malheureusement une partie de notre armée, surtout de sa hiérarchie, est trop faible par rapport à l’argent et comme il y a l’argent, je doute qu’il y ait encore la morale et c’est dommage.

Interview réalisée par Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 21 février 2023 à 19:07, par Citoyenne En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Il est clair qu’il y a anguille sous roche dans ce dossier. Après lecture de tous les articles publiés, je ne peux que me ranger du côté des familles. Elles ont raison, on essaie de les bailloner pour une raison pas claire du tout. Je me dis qu’elles souhaitent comme tout le monde que la paix revienne au Burkina Faso, mais à quel prix ?
    Que Dieu et les ancêtres guident nos décideurs afin qu’ils entendent la voie de la droiture. Sans être un expert du domaine, je ne pense pas qu’on peut expédier ainsi ce genre de situation. Il faut le consensus. Il n y a pas d’invités à part les familles. Donc, l’on peut reporter et il faut reporter.

  • Le 21 février 2023 à 19:55, par HUG En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Pour une des rares fois je suis d accord avec vous.Qui vit longtemps voit la danse de la colombe.

  • Le 21 février 2023 à 19:56, par ZAONGO Lucien En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Merci Pr pour avoir eu comme d’habitude le courage de vous prononcer sans langue de bois. On ne peut pas comprendre que la même armée qui n’a pas été capable d’offrir une sépulture digne à un des leurs à l’époque des faits (malgré son rang) vienne aujourd’hui revendiquer une certaine légalité/légitimité (qu’elle n’a pas assumé auparavant) pour imposer sa volonté aux familles. C’est très malsain et ça cache forcément quelque chose. On attend toujours les résultats de l’enquête sur la supposée surfacturation dans l’achat des motos. Les Autorités actuelles doivent éviter d’ajouter un autre scandale à la situation actuelle au risque de rogner sérieusement leur capital de sympathie. Le président IB doit ouvrir l’œil, et le bon, pour ne pas se laisser entraîner dans des pratiques mafieuses.

  • Le 21 février 2023 à 20:03, par SOME En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Pr je suis totalement en accord avec ce que vous dites. Mais je dirais meme : qu’il y ait un consensus ou pas de consensus, la transition doit se mêler de ce dossier. Et etant donné que l’on a d’autres choses plus urgentes, le president doit user de ses prerogatives pour surchoir et renvoyer cette inhumation a une autre date, lorsque la situation sera plus a la concordance nationale, que ce soit sous un regime civil ou militaire car « …les funérailles sont un moment de grande ferveur, de grande entente et pas un moment de déchirure. » Or tel n’est point le cas presentement or tel n’est point le cas actuellement. Déjà notre pays n’a pas la paix, comment pouvons nous le faire l’esprit tranquille ? Effectivement «  C’est une faute par rapport à la compréhension même des funérailles dans la tradition. » Rien n’interdit de reporter : on a bien attendu plus de 30 ans. Personnellement Traore ne doit pas prendre cette histoire a la legere.
    SOME

  • Le 21 février 2023 à 20:31, par Ka En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    ’’’’’’’’’’’’’’J’étais très convaincu qu’on n’a pas demandé l’avis des autres familles parce que quand l’Etat se mêle de façon aussi précipitée et que ceux qui sont au-devant du dossier manquent de sagesse, on n’est plus dans un moment de sérénité. Il y a des enjeux économiques qui ne disent pas leurs noms, et c’est ce que j’ai reproché très souvent quand l’armée se mêle de certaines affaires. Malheureusement une partie de notre armée, surtout de sa hiérarchie, est trop faible par rapport à l’argent et comme il y a l’argent, je doute qu’il y ait encore la morale et c’est dommage.’’’’’’’’’’’ Merci infiniment Pr. Albert Ouédraogo.

    Comme j’ai l’habitude de le préciser dans ce forum concernant celles ou ceux qui sont appelés par celui qui nous donne la vie et la reprenne quand il veut, ‘’’’’aucune mort n’est acceptable encore moins belle, surtout d’un être très cher, fusse-t-elle brutale ou attendue lors d’une maladie. On est totalement perdu et vidé. On en veut à tout. Et l’on pense aux hypothèses qui auraient pu l’empêcher. Mais hélas, à l’instant de la survenue, on y croit pas, car on pense même qu’une résurrection miraculeuse serait possible : Mais, on se rend vite à l’évidence de l’inacceptable réalité. C’est ce qui est arrivé a la famille de Thomas Sankara et celles de ses compagnons le 15 Octobre 1987, et ces familles ont raison de réagir ainsi au près d’une autorité illégitime qui se croit tout permise.’’’’’

    Pourquoi la mort existe-t-elle ? Des questions absurdes certes, mais ayant perdu tout repère de la vie. On a envie de ne pas exister. C’est vraiment très douloureux. Pendant ce temps d’autres personnes inconscientes posent des actes intolérables à vos yeux, surtout émanant de personnes foncièrement hypocrites, avec des larmes de crocodile comme ce qui se passe en ce moment avec un pouvoir illégitime, et qui agissent uniquement que pour une question d’argent.

    Conclusion : Merci au Pr. Albert Ouédraogo pour avoir donné des éclaircissements à nos dirigeants illégitimes, surtout les mettre dans le bain de nos continuités des coutumes qui ne sont pas encore mortes. Car, exister véritablement comme être humain, c’est vivre pour son idéal et se dévouer à cet idéal. Voilà ce que nous apprennent la vie, cette vie que vivent les familles de Thomas Sankara et celles de ses compagnons. Cette vie nous rappellent aussi que l’humaine condition est brève et qu’il nous faut de toute urgence la dédier au mystère du don de soi pour l’Autre, pour la Cité, pour un monde meilleur, afin de vivre toujours dans les cœurs reconnaissants et d’espérer l’accueil éternel du Maître de Vie, Celui en qui tout naît, et vers Qui tout repart, dans une montée et une descente éternelle des êtres qui est la respiration même de l’Etre Absolu.

    Et ce qui ne regarde que Ka sachant que c’est trop tard, car, le jeune Traoré est déjà dans le bain de ses mauvais conseillers comme fut Damiba, et Je ne sais pas s’il changera d’avis pour que les familles des victimes soient soulagé : C’est pourquoi je dis aux familles si ce pouvoir illégitime persiste, pour rendre la situation supportable, il faut imaginer que vos bienaimé est toujours présent auprès de vous dans une autre dimension d’où elle vous entend dans la félicité de Dieu. Que le Seigneur console tous ceux qui vivent une telle si grande détresse. Seule la prière peut vous offrir un peu de réconfort. Il faut être également entouré des personnes qui vous aiment. C’est très important pour retrouver l’équilibre.

  • Le 21 février 2023 à 20:32, par vision En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Je trouve vraiment dommage qu’il y ait polémique par rapport à ces réinhumations.
    D’abord quand on est militaire on appartient plus à sa famille, on appartient à une nation, à une armée et quand un militaire tombe dans la défense de la patrie, c’est la nation, c’est à l’armée de s’occuper de son inhumation. Il faut arrêter ces histoires de tradition et autres, les militaires tombent tous les jours, les corps ne sont pas remis à leur famille. SANKARA, militaire de profession est mort pour la cause de la patrie, c’est l’armée qui décide où il doit être inhumé c’était ça aussi un des combats de SANKARA, pas de privilège parce qu’on s’appelle Thomas SANKARA ou LINGNANI Jean Baptiste ou Henri ZONGO ou Blaise COMAPAORE.
    Je trouve vraiment dommage que la famille SANKARA s’illustre dans cette posture et d’autre personnes qui enfoncent encore le clou. Qu’ils reposent en paix notre HEROS national ainsi que les frères qui sont tombés avec lui.

  • Le 21 février 2023 à 22:35, par De Balzac En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    On a parfois mal à nos intellectuels et souvent par opportunisme on ne reconnais plus certains. Il y a de l’amalgame avec une dose d’equlibrisme dans ce quePr dit. Est-ce parce que Pr a quelque chose contre la transition ou bien c’est parce que la transition n’a pas été démocratiquement élue qu’elle ne peut pas gérer le dossier des victimes du 15 octobre. Ne dit-on pas que l’Etat est une continuité ? Pus loin Pr dit que la transition doit laver ses mains de cette affaire , alors pendant combien de temps ces corps doivent encore traîner dans des placards ? En tant que spécialiste de la littérature orale, donc un peu de la tradition, est-ce que cela est normal ? Vous dites d’organiser des funérailles pour que les âmes des défunts reposent en paix, peut-on organiser des funérailles sans avoir enterré les morts. Soyons moins opportuniste que ceux que nous critiquons.

  • Le 21 février 2023 à 22:53, par Jeunedame seret En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    À quand la fin des DÉBATS DÉBILES ? Stop ...stop ..stop..! Pr Albert, vous qui êtes plus sage que la transition, SVP, essayez le silence et l’isolement en premier. Juste pour la paix. Alors, Zip ! Si vous voulez la paix, n’essayez pas d’avoir ou de donner raison. On voit qu’il n’y a jamais consensus. Il y a plutôt un grand esprit de mercantilisme dans cette politique d’inhumation. C’est bizarre que des dépouilles historiques fassent l’objet de ce business. Et chacun sort crier ceci ou publier cela et patati et patata, juste pour remonter les tensions, afficher son marketing ou son droit au marché. Il faut arrêter les débats car nous risquons de voir exportés des brins de dépouilles en permanence dans des cercueils inconnus. Tellement la mouvance des discussions est devenue terrorisante. Ya. yaa boin bala ?

  • Le 22 février 2023 à 05:01, par Sabaabo En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    1. Je m’incline devant les souffrances des familles de feu Thomas Sankara et ses compagnons d’infortune.
    2. Il est dommage qu’il n’y ait pas de consensus autour de la réinhumation des restes de Thomas Sankara et ses compagnons. Ç’aurait été un belle occasion et un grand facteur de communion nationale autour de la figure de celui qui est désormais une icône nationale.
    3. Como militaire et comme homme d’Etat, Sankara a fait preuve d’un grand détachement par rapport à sa famille biologique pour se consacer à l’intérêt national.
    4. Il est dommage que les familles de Thomas Sankara et ses compagnons n’aient pas su, dans cette même logique, se surpasser pour que la réinhumation des restes de leurs fils soient une question nationale.
    5. Il me semble que l’Armée est celle qui décide et qui organise les obsèques des soldats tombés dans l’exercice de leur mission. Ces dernières années nous ont donné de voir, très fréquemment d’ailleurs, des inhumations collectives de soldats tombés au front, hors de l’intimité familiale. On m’a jamais vu des protestations de la part des familles.
    6. Dès lors, on comprend mal la volonté de protagonisme des familles de Thomas Sankara et compagnons sur cette question de leur réinhumation.
    7. Les autorités d’un pays, qu’elles soient élues ou pas ont le dernier mot en matière de décision sur les questions d’intérêt national, à moins que l’on procède par referendum.
    8. Si tant est que Sankara est et doit être une icône nationale, il aurait été préférable que sa famille fasse preuve de surpassement. C’est cela aussi le patriotisme. Il n’est pas trop tard.
    9. La réinhumation avec honneur de Sankara dans l’enceinte même du Conseil de l’Entente, est la meilleure façon "d’exorciser" ce lieu et de convertir ce qui est signe de la mort en symbole de victoire et de gloire.. Chez les chrétiens, Jésus lui-même a transformé sa croix en instrument de triomphe.

  • Le 22 février 2023 à 06:40, par RAZOUGOU En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Bonjour à tous.
    De mon point de vue, il preferable de remettre les restes des corps aux familles respectives afin que chacune assure son inhumation dans la strict intimité familiale. On a tellement bcp de priorité à resoudre....
    Je suis aussi d’avis que des gens veulent s’enrichir sur le dos de Thom SANK. Le memorial devrait les rentabiliser. Dans sa conception, il est prevu une place pour les tombes de Thom Sank ET SES CAMARADES. Cela donnera de la visibilité au memorial, source potentiel de recette

    • Le 22 février 2023 à 14:51, par SOME En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

      "Je suis aussi d’avis que des gens veulent s’enrichir sur le dos de Thom SANK. Le memorial devrait les rentabiliser. Dans sa conception, il est prevu une place pour les tombes de Thom Sank ET SES CAMARADES. Cela donnera de la visibilité au memorial, source potentiel de recette
      a te lire tu serais donc d’accord que ce soit une affaire commerciale ? De quelle visibilité parles tu et comme source de recette ? Est ce cela le but de toute cette manoeuvre ? est ce cela pour quoi ils sont morts ?
      SOME

  • Le 22 février 2023 à 07:35, par Yapadra En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Vision, internationale 6.
    Il vous manque la vision. Vous racontez des histoires. Le corps de Thomas SANKARA appartient à quelle armée ? La même armée qui l’a jeté comme un chien au cimetière des indigènes à l’époque des faits. N’importe quoi ?

    .

  • Le 22 février 2023 à 08:46, par Leduc En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    L analyse du Pr est soutenable. Ce qui perd les africains, c est l émotion. Dans certaines situations, il faut agir avec raison et non par émotion. Dans le cas dont il est question, la sagesse aurait voulu qu on écoute et honore les familles des victimes. Cela évitera à la transition une augmentation du nombre des mécontents et, partant, du nombre de ceux qui œuvreront à sa chute. Actuellement, l objectif c est la libération du pays. C est le seul combat qui nécessite d être mené. Il est donc absolument inutile pour cette transition d ouvrir un tel front. Hormis l émotion, rien n empêchait qu on satisfasse les désirs des familles des victimes. Rien.

  • Le 22 février 2023 à 08:51, par Lejuré En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Si cette affaire n’est pas convenablement traitée, on risque d’ouvrir de nouveaux feuilletons politico-judiciaires qui pourraient nous conduire à des ré-exhumations.

    Que Dieu nous en garde, qu’il apaise les cœurs des familles et que l’âme des regrettés reposent en paix.

  • Le 22 février 2023 à 08:53, par Babloss En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Correct professeur. Si la famille de feu Thomas Sankara n’est pas contente, il ne le sera pas aussi. Le president de la transition doit savoir qu’il faut faire attention aux morts. Nos traditions nous enseignent cette sagesse.

  • Le 22 février 2023 à 09:11, par Yovis En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Ya. yaa boin bala  ? Il y a que des commerçants affairistes ont out planifier pour vivre du mémorial Thomas Sankara. L’enterrer à cet endroit est une plus-value qui drainera encore plus de touristes en ces lieux. Qui dit touristes dit recettes et retour de l’investissement. Vraiment honteux. Lorsque Sankara et les autres ont été jetés à Dagnoe, où étaient les Pierre Ouédraogo et autres Daouda Traoré ? Ont-ils seulement initié quelque chose pour que les suppliciés puissent avoir des tombes dignes de ce nom ? Ce sont des militaires qui ont tué Sankara pour confisquer le pouvoir d’état. Qu’on le rende à sa famille.

  • Le 22 février 2023 à 09:14, par Le Fou En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Il est vrai que tout est urgent et qu’on doit aller vite et très vite mais pas dans la déchirure surtout pour une famille qui a payé le plus lourd tribu. La solution militaire ne sied pas en toute circonstance sauf s’il y’a des non dits...
    Courage aux différentes familles.

  • Le 22 février 2023 à 10:01, par Vinc En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    C’est quand même contradictoire de dire qu’en l’absence de funérailles "Chez les Mossi, les âmes sont en errance. Et tant que les âmes sont en errance (on les appelle des fantômes rouges), votre pays n’a pas la paix" et vouloir qu’on attende encore dix ans pour les re-inhumation ! voulez-vous que ces âmes continuent encore leur errance pendant encore tout ce temps ? Et si au bout de 10 ans il n’y a toujours pas de consensus ? Je pense qu’il faut laisser l’armée procéder au funéraille comme cela se fait chaque fois qu’un militaire décède et arrêter ces polémiques qui mettent à mal la cohésion sociale.

  • Le 22 février 2023 à 10:16, par Arsène Olivier En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Dommage que certains ne prennent pas le temps de lire avant de réagir. Ce n’est pas parce que c’est Albert, qu’on ne l’aime pas, qu’il faut rejeter systématiquement ce qu’il dit. Déjà exhumer un "koumiougou"(mort violemment) n’est pas admis par certains milieux. Et si en sus on se dispute sur sa destination finale, c’est gravissime. Y a-t-il vraiment urgence à enterrer ces restes-là qui n’ont du reste pas été identifiés formellement ? Et que disent les familles des autres suppliciés du 15-Octobre dont on n’a jamais entendu la voix ? Il est vrai que le pauvre qui meurt le jour du décès du chef est ignoré, mais ....

  • Le 22 février 2023 à 10:17, par Sage En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Le fait de tenir à un enterrement au Conseil, coûte que coûte, amène effectivement à se poser des questions.
    La famille de Sankara a dit pour quoi, elle ne veut pas du Conseil et a fait des contre-propositions.
    Il a appartient à ceux qui ont décidé du Conseil, d’expliquer qu’au Burkina, il n’ y a pas une autre place, à part le Conseil.

    Ne parlez surtout pas des questions coutumières. Des dignes fils de ce pays n’ont pas été enterrés là où, ils ont perdu violemment la vie. Un digne fils qu’était Nazi Boni est mort par accident à Sakoinsé ; il a été inhumé au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso.
    Nos dignes fils que sont nos FDS ou civils lâchement assassinés par des barbares sans foi ni loi, ne sont pas enterrés là où ils sont morts. En suivant le Procès Guillaume Sessouma, on a compris qu’il a été torturé à mort au Conseil ; va-t-on l’y ramener ?

    Si c’était juste pour faire semblant de demander l’avis des gens alors qu’on a déjà décidé de ce qu’on allait faire, il fallait gagner du temps en étant honnête avec la famille.

    Ma conviction est que IB n’est pas forcément au fait de tous les tenants ou aboutissants de cette affaire ; mais l’Histoire retiendra que c’est lui qui a décidé du Lieu, contre l’avis des frères et sœurs, de l’épouse et des enfants de Sankara, sachant que ce lieu n’est pas un cimetière militaire qu’on sache. Pendant ce temps, certains seraient serraient entrain de rentabiliser leurs investissements. C’est dommage !

  • Le 22 février 2023 à 10:22, par LUI En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    VISION,il faut relativer ton histoire de "Quand on est militaire on appartient plus à sa famille, on appartient à une nation, à une armée et quand un militaire tombe dans la défense de la patrie, c’est la nation, c’est à l’armée de s’occuper de son inhumation."Aucun texte de l’armée ne dit cela exclusivement.Un aléa dit même qu’à la demande de la famille,le corps peut être remis aux parents pour inhumation.Nos autorités se sont laissés embarquer dans une certaines croyance qui dit que si un chef est mort atrocement comme c’est le cas ici,son inhumation sur les lieu du crime abaisse les esprit sur le territoire qu’il gouvernait.Et comme au Burkina nous sommes tenaillés de toutes part,on essaient alors tout ce qui nous tombe sous la main.

  • Le 22 février 2023 à 11:39, par Babloss En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Correct professeur. Si la famille de feu Thomas Sankara n’est pas contente, il ne le sera pas aussi. Le president de la transition doit savoir qu’il faut faire attention aux morts. Nos traditions nous enseignent cette sagesse.

  • Le 22 février 2023 à 12:19, par sayw En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Il est grand temps que l’enterrement se fasse , il ne faut pas que certains pour des agendas cachés inavoués viennent nous divertir.
    FEU PRESIDENT SANKARA était un militaire ,il est mort au pouvoir étant toujours militaire, et quant un militaire meurt ;c’est a l’armée de décider et de procéder à l’enterrement , la famille est conviée à assister.. Nombreux sont les gens mal sains qui veulent nuire a la transition. Je vous dit aujourd’hui , nous n’avons plus de rites ou de coutumes traditionnelles , nous avons vendus et exposer tout a l’occident. les occidentaux ont compris que l’être noir a un caractère commun "la traitrise, le mépris, ". .souvent je me pose la question a savoir est ce que nous ne sommes pas né méchant.
    Cher professeur allez y bien enseigner les étudiants dont le niveau est en baisse, parce que vos centres d’ intérêts ont changé.
    Dieu sauve mon pays des apatrides

  • Le 22 février 2023 à 12:42, par Juste En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Chaque jour que Dieu fait, ce pouvoir s’éloigne de plus en plus de ce qu’on avait pensé de lui ; ça coûte quoi de chercher un compromis dans ce dossier au lieu d’un bras de fer qui ne fera que diviser d’avantage les habitants de ce pays. Vous prenez le pouvoir sous le prétexte de rompre avec l’injustice et combattre pour l’intégrité du territoire et contre la corruption mais je crains que le tapage ne prenne le pas sur tout ; le populisme prend le pas et ça n’augure pas d’un bon lendemain pour le pays et pour vous. Même si vos centrales irrationnelles vous conseillent autrement, le point de vue des familles ne peut pas être négligé lorsqu’il s’agit d’une situation aussi sérieuse. L’armée était où lorsqu’on est allé enterrer les gens à Dagnoen ? On vous demande de faire la guerre pour libérer le pays, pas pour diviser les familles.

  • Le 22 février 2023 à 16:11, par Walaï En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Si Sankara avait été traité comme un militaire, avec les honneurs dus à la majesté de sa fonction, il n’aurait pas été sauvagement enterré au cimetière de Dagnoë, mais plutôt au cimetière militaire de Gounghin au moins.

    Au Burkina Faso la règle selon laquelle le corps d’un militaire appartient à l’armée, est obsolète car la législation sur la propriété du corps d’un militaire à connu un revirement de porté quasiment internationale, sous la pression du mécontentement des familles, marqué par de nombreuses violations de sépultures.

    Les familles estimaient que du jour où un des leur militaire a été frappé, il cesse d’être soldat et dès ce jour-là appartient de nouveau à sa famille.
    La médiatisation de leur mécontentement relayé par des associations, marqua un tournant important sur la restitution du corps d’un militaire à sa famille.
    Après des années d’opposition officielle à toute restitution de corps d’un militaire, la loi a fini par accorder en Avril 1920, aux familles qui en feraient la demande, le droit de se voir restituer le corps de leur membre militaire, morts dans l’exercice de ses fonctions.

    Depuis, La dépouille d’un militaire appartient à sa famille, qui a le droit de prendre toutes les décisions relatives aux funérailles et à la sépulture.
    Ainsi le corps d’un militaire n’appartient plus de droit à l’armée ; seulement l’armée peut être impliquée dans le processus d’inhumation, en tant que soutient à la famille et en raison des responsabilités qu’elle a envers ses membres actifs et anciens.

    Donc en général, le corps d’un militaire décédé est confié à sa famille. C’est la famille qui décide de ce qui doit être fait avec la dépouille, y compris l’organisation des funérailles et l’emplacement de l’enterrement.
    Cependant, l’armée peut fournir une assistance et des honneurs militaires pour les funérailles d’un militaire, notamment une cérémonie de drapeau et l’inhumation dans un cimetière militaire.
    Les droits de la famille du militaire sont également protégés par la loi, notamment en ce qui concerne la divulgation d’informations sur les circonstances de la mort de leur être cher.

  • Le 22 février 2023 à 17:28, par soyons vrais En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    Pour tous ceux qui ont perdu des proches militaires, ils comprennent bien la décision des autorités. En effet cette posture est commune à la quasi-totalité des États du monde. Adopter une autre posture, voilà qui devait révolter les familles. Un militaire reste un militaire. il est devenu la propriété de l’État et appartient à l’État. C’est parfois douloureux, mais ainsi en est la réalité. Il faut dépassionnez le débat. C’est inutile des cherchez des anguilles sous la roche, car ici il n’y a pas de roche.
    Que les membres de la famille accompagne le Père défunt, c’est un devoir, un respect. Refuser d’assister à son inhumation alors même que le Père ne vous a jamais instruit de la sorte serait malséant. IL NE MERITE PAS ça ! Il est innocent dans cette affaire. Que chacun domine son orgueil, et que le Père puisse être dignement traité.

  • Le 3 mars 2023 à 10:44, par Los En réponse à : Ré-inhumation de Thomas Sankara et ses douze compagnons : « Les autorités ont manqué de sagesse », pense le Pr Albert Ouédraogo

    En 1972 au décès du très populaire Commandant Moumouni Ouedraogo, la Mairie de Bobo avait prépare une tombe pour lui au cimetière municipal de Sikassossira. L’armée a rejeté cela et Moumouni repose depuis au cimetière militaire face à la Brakina de Bobo.

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