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Lutte contre la cyber-criminalité : Des étudiants de l’UNZ écopent de 12 mois de prison

Lefaso.net

Publié le jeudi 16 février 2023 à 22h20min

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Lutte contre la cyber-criminalité : Des étudiants de l’UNZ écopent de 12 mois de prison

Le tribunal de grande instance de Koudougou a condamné ce mercredi 15 février 2023 deux étudiants de l’université Norbert Zongo et un élève stagiaire de l’Ecole normale supérieure (ENS) à une peine d’emprisonnement de douze mois avec sursis pour atteinte et tentative d’atteinte à la sécurité nationale en partageant des « données sensibles » via l’application mobile « Premise ».

Ils étaient cinq étudiants, dont une fille et un élève stagiaire, qui sont passés à la barre le mercredi 8 février 2023 au tribunal de grande instance de Koudougou. A.O, D.K, A.S, S.R, I.B, et S.S sont poursuivis pour avoir, à travers l’application mobile « Premise », porté atteinte à la sécurité nationale et tentative d’atteinte à la sécurité nationale. Selon l’exposé du président du tribunal, les cinq étudiants et l’élève stagiaire ont été interpelés pour divulgation d’informations liées aux déplacements et aux installations des forces de défense et de sécurité, aux lieux et emplacement stratégiques, aux positions géographiques et aux installations d’intérêt national.

Lors de la sentence prononcée par le tribunal de grande instance de Koudougou le mercredi 15 février 2023, les trois premiers ont été déchargés de leurs chefs d’accusation pour infraction non constitué car n’ayant pas franchi le stade délictueux. Quant aux trois deniers (S.R, I.B, et S.S), ils ont été condamnés à une peine d’emprisonnement de douze mois avec sursis et une amende ferme de 750 000 francs CFA pour I.B et 500 000 francs CFA ferme pour les deux autres. Par ailleurs, leurs téléphones ont été confisqués et seront mis en vente aux enchères.

Lors du procès, à la barre, ils ont tous affirmés avoir utilisé l’application et ont reconnu les faits qui leurs ont été reprochés.
Selon les explications des prévenus, « Premise » est une application qui propose à ses utilisateurs dans un premier moment des « tâches à accomplir » sous formes de questions-réponses sur l’actualité du pays où ils résident moyennant une rémunération qui varie de 45 à 65 francs CFA. Par la suite, les « tâches à accomplir » évoluent avec pour demande, des images de certains édifices tels que les écoles, les universités, la Croix-Rouge, les cimetières, les casernes… contre une somme de 150 à 250 francs CFA payée en crypto-monnaies. Et c’est justement en voulant photographier la caserne des sapeurs-pompiers de Koudougou que deux d’entre eux (S.R et I.B) ont été appréhendés. Les enquêtes ont conduit à l’arrestation des quatre autres.

A les entendre, l’application est téléchargeable sur Play Store et est censée être une plateforme d’enquête en ligne qui rapporte de l’argent à l’utilisateur. Une fois l’application installée dans le téléphone portable, l’utilisateur doit s’inscrire en précisant son identité, son âge, son mail, son pays, son numéro de téléphone et même son ethnie. Ils ajoutent aussi que l’application fonctionne avec la connexion et la géolocalisation.

Par ailleurs, certains accusés se sont réservé d’accomplir certaines « tâches » telles que envoyer des photos à l’application pour diverses raisons. C’est le cas d’A.O, la seule fille du groupe. « Je jure sur la tête de ma mère que je n’ai jamais pris des photos pour envoyer à l’application. Pour moi c’était juste pour me former en répondant aux questions d’actualité. Les questions portaient sur l’égalité homme-femme, les droits de l’enfant, le covid-19 etc. Quand on a commencé à me demander des photos, des doutes se sont installés en moi et en fin de compte je l’ai supprimée », a-t-elle laissée entendre. Même son de cloche avec D.K. « J’ai même vu sur Facebook que « Premise » a sponsorisé une activité de femmes à Bobo. Du coup, je me suis dit que si elle parraine des activités au Burkina Faso, c’est qu’elle est légale », s’est-il justifié. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Prince Omar
Faso.net

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Messages

  • Ce n’est pas nouveau. Des etudiants aux intellectuels, tous prets a vendre leur pays pour quelques bibelos. Fichtre !

    • J’estime que ce procès a été superficiel, de même que cette réaction. Autant la condamnation est nécessaire pour dissuader d’autres d’emprunter les pas des condamnés, autant le procès ne va pas au fond des choses.

      Cette application est manifestement une application d’espionage créee par une agence de renseignement étrangère. Elle manipule la naiveté des utilisateurs pour les amener à espionner à leur insue. Ce procès eut fait oeuvre utile s’il y avait une enquête pour identifier les auteurs de l’app et l’interdire totalement sur le territoire burkinabè.

      Combien de personnes comprennent les implications de leurs actes ? Il faut battre le serpent au lieu de ses traces.

  • C’est très inquiétant. Ça veut dire que n’importe qui peut télécharger ce logiciel et envoyer ce qu’il veut aux ennemis du pays.
    Et si c’est vrai que PREMISE a sponsorisé des activités des femmes à BOBO, c’est le comble du laisser aller, du laisser faire et d’accepter n’importe quoi qu’on vient nous proposer sans vérifier.
    Incroyable !!!.

  • Le journaliste s’est mélangé les pinceaux sur ce coup, il ne s’agit pas d’actes de cybercriminalité mais ici nous parlons d’espionnage.
    Techniquement, l’application permet la collecte et la transmission d’informations sur la vie économique, politique et socioculturel d’un pays à une tierce partie. Ca s’appelle de L’ESPIONNAGE. Contre 45 ou 250 FCFA, cette application transforme le citoyen ordinaire en agent actif d’une officine d’intelligence. Qui sont les clients de l’entreprise possédant cette application ? Et au dela de la poignée d’individus jugés, l’on devrait approfondir les recherches. En commençant par auditionner les personnes qui la représentent au Burkina Faso et qui ont organisé la soit-disante activité à Bobo-Dioulasso.
    L’application devrait être par la suite interdite tout simplement, comme d’autres applications sont bannies de certains pays.
    Voilà un dossier pour l’ANR.

  • A la lecture de l’article je vois que c’est l’ignorance qui a poussé ces jeunes à agir de la sorte mais la où le bas blesse c’est qu’ ils avaient tous les moyens de s’informer (sachant lire et écrire).Que des futures cadres, dirigeants, agissent sans discernement c’est inquiétant, revoyons l’éducation de nos enfants(j’ai dit éducation pas l’instruction).vivement l’instauration formation civique et patriotique. La presse devait relayer beaucoup ce procès pour faire cas d’école non pas pour blâmer les accusés mais éviter à d’autres de commettre la même erreur. Eux ont été pris mais combien dans le pays diffusent toujours de façon innocente des informations stratégiques surtout en cette période d’insécurité.

  • Contrairement à certains commentaires qui parlent de naïveté moi je n’y croient pas (en tout cas pas pour tous). Nul ne peut ignorer que pré de re des photos de bâtiments et fournir certaines informations en cette période du pays soulève quelques soupçons. Et pire les questions deviennent de plus en plus indiscrètes. Vu le prix payé par photo cela éveille encore plus les soupçons car dépend de l’importance.
    Il est clair effectivement que cet espionnage (que le journalisme omet de désigner par ce mot) n’a pas reçu la punition et le traitement adéquat. Il y a de quoi se poser certaines questions.
    SOME

  • Mon mari était un tricheur, je me demandais comment il me cachait cela, il ne le fait pas se souciait même de son propre enfant, j’étais inquiet et j’avais besoin d’une preuve au tribunal qu’un véritable le divorce est nécessaire, j’ai cherché sur internet pour voir comment je peux entrer dans son téléphone sans être pris, on m’a dit d’envoyer un e-mail à ( Remotehacker11 sur gmail ). je l’ai fait et je peux témoigner que cet homme avec qui j’étais en contact par e-mail m’a aidé avoir accès au téléphone de mon mari, et n’a créé aucune forme de suspicion en faisant ce

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