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Conflits agriculteurs éleveurs : Les acteurs outillés sur les textes règlementant l’élevage et la transhumance

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Publié le vendredi 16 décembre 2022 à 20h00min

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Conflits agriculteurs éleveurs : Les acteurs outillés sur les textes règlementant l’élevage et la transhumance

Dans le cadre du Projet régional de dialogue pour la transhumance en Afrique de l’Ouest (PRODIATA), du projet sur la Mobilité pastorale transfrontalière apaisée et la stabilité sociale au Sahel (MOPSS) et du Programme conjoint Sahel en réponse aux défis covid-19, conflits et changements climatiques (SD3C), le ROPPA (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest) en partenariat avec la CPF (Confédération paysanne du Faso) ont organisé du 7 au 9 décembre 2022 à Bobo-Dioulasso, une rencontre multi-acteurs pour la résolution des conflits agriculteurs-éleveurs et des campagnes d’information et de sensibilisation sur les textes réglementaires régionaux liés à l’élevage et à la transhumance.

Débutée le mardi 7 décembre 2022, cette rencontre avait pour objectif de contribuer à renforcer le niveau d’information et de sensibiliser les agriculteurs et éleveurs (y compris les femmes et les jeunes) au niveau des zones de départ, de transit et d’accueil des troupeaux transhumants, sur les textes règlementant la transhumance afin de garantir une transhumance apaisée dans l’espace CEDEAO.
Il s’agit ainsi de contribuer à la réduction des conflits en permettant à l’ensemble des parties prenantes de l’utilisation des ressources naturelles, de discuter des sources de conflits, analyser les textes règlementaires et explorer ensemble des solutions.

Boukari Ouangraoua, formateur, associé-gérant du cabinet Munyu groupe international

A l’échelle nationale et régionale, des dispositions législatives et réglementaires ont été adoptées pour organiser et gérer tous les aspects liés à la transhumance. En effet, la plupart des pays possèdent un code pastoral ou une loi relative au pastoralisme, à la santé animale...

Cependant, ces textes sont méconnus et/ou non appliqués par la plupart des acteurs de la transhumance transfrontalière. Cela engendre et entretient les conflits entre agriculteurs et éleveurs qui deviennent ainsi de plus en plus fréquents et violents ces dernières années.

Pour apporter des solutions durables, les institutions régionales (CEDEAO, UEMOA, CILSS), les structures publiques nationales, les acteurs non étatiques et les partenaires développent de nombreuses initiatives à travers des projets/programmes.

Vue des participants

Parmi les textes adoptés en matière d’élevage et de transhumance, on distingue l’adoption en 1998 par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO de la décision ADEC qui règlemente la transhumance transfrontière ; La Politique agricole de l’union (PAU) des huit pays de l’UEMOA en 2001 ; La stratégie de développement du pastoralisme au Sahel portée par le CILSS en 2017 ; Des stratégies nationales de développement de l’élevage et parfois du lait dont se sont dotés une majorité de pays et auxquelles s’ajoutent les codes pastoraux, fonciers, de l’eau, des forêts…
Le ROPPA pour sa part a convenu avec ses partenaires, de mener des actions de diffusion des textes règlementaires ; d’organiser des rencontres de concertations multi-acteurs en vue de permettre une analyse collective des problèmes qui sont récurrents et explorer des solutions selon les contextes.

Amadou Tamboura, secrétaire général du cadre élevage du ROPPA

Selon Amadou Tamboura, secrétaire général du cadre élevage du ROPPA, très souvent les conflits sont liés aux dégâts causés par les animaux dans les champs au moment des labours ou même actuellement pendant les récoltes. A travers des médiations ils arrivent à régler certaines situations pour qu’elles n’aboutissent pas à un conflit quand les protagonistes sont connus. Mais dans certains cas, il se trouve que les dégâts ont été commis par les animaux d’un berger qui est de passage et on accuse un éleveur qui est sur place. Ce qui crée une confusion où chacun accuse l’autre à tort et cela peut aboutir à un conflit. S’il n’y a pas de dialogue, certaines situations aboutissent malheureusement à des conflits meurtriers. Il a donc souhaité que chacun des participants explique la nature du conflit qu’il a connu et s’il y a eu ou pas des médiations qui ont abouti ou pas. Les différentes expériences seront ainsi comparées par rapport aux textes suivi d’une mise à l’échelle où la mise en œuvre de la résolution devient facile pour tout le monde car dit-il, « Lorsque les gens s’asseyent ensemble et dialoguent dans le respect de l’un envers l’autre, facilement on trouve des solutions ».

Photo de famille

Selon le formateur Boukari Ouangraoua, associé-gérant du cabinet Munyu groupe international, un cabinet spécialisé en gestion des conflits en capitalisations et en communication, il sera fait une revue de conflits dans les communes représentées où les participants diront au cours de la saison agricole, qu’est-ce qu’ils ont rencontré comme conflits dans l’exercice de leurs activités d’élevages, comment ils ont résolu les conflits et quelles sont les difficultés qu’ils ont rencontré car ils sont les premiers les acteurs sur le terrain. En retour eux en tant que formateurs verront comment les aider pour qu’il y ait moins de conflits les années à venir. Il sera également question de transhumance qui signifie se déplacer d’un point A à un point B à la recherche d’eau ou de fourrage. Dans ce parcours, il y’a de textes par rapport à cette transhumance nationale et internationale car on peut quitter un point A du Burkina vers un point B du Burkina ou du Burkina vers la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo ou le Bénin. Mais Il y’a des pistes de transhumance à suivre et il faut en ce sens connaître ses obligations, ses droits et devoirs sur tout ce parcours. Il s’agit en somme de connaître les textes qui prévoient tout ceci pour ne pas commettre beaucoup d’infraction. Cette rencontre vise donc à permettre une transhumance apaisée en sachant comment faire un parcours règlementaire pour éviter les conflits.

Les participants sont issus des communes de Dodougou, Samoroguan, Kouakoualé et Kourouma. La rencontre a produit une feuille de route pour le suivi de la mise œuvre des propositions et des recommandations formulées.

Haoua Touré
Marie Constantine Ki (Stagiaire)
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