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Sécurité sanitaire des aliments : 137 000 personnes meurent par an des suites de maladies diarrhéiques en Afrique, selon l’OMS

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Publié le jeudi 15 décembre 2022 à 21h20min

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Sécurité sanitaire des aliments : 137 000 personnes meurent par an des suites de maladies diarrhéiques en Afrique, selon l’OMS

Ouagadougou abrite du 15 au 17 décembre 2022, un colloque international sur la sécurité sanitaire des aliments (CISSA). Cette deuxième édition est placée sous le thème « La sécurité sanitaire des aliments pour une alimentation saine et l’atteinte de la sécurité alimentaire en Afrique ». D’éminents scientifiques du domaine venus des quatre coins du monde sont réunis pour réfléchir sur la question. La présente activité est placée sous le patronage du ministre de l’enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, représenté par son conseiller technique, lors de la cérémonie d’ouverture. Le Larlé Naaba Tigré, champion national pour la nutrition en est le parrain.

Dans un modèle économique libéral, où la chaîne de production, de transformation, de conservation et d’approvisionnement alimentaire se complexifie, tout incident lié à la sécurité sanitaire des aliments a des répercussions négatives sur la santé publique. Selon les données de l’organisation mondiale de la santé (OMS), les agents pathogènes d’origine alimentaire peuvent provoquer de maladies graves telles que la diarrhée, les infections ou à long terme le cancer. Les maladies diarrhéiques sont les infections les plus courantes résultant de la consommation d’aliments contaminés. Elles touchent 550 millions de personnes par an et font 230 000 morts par an.

Le président du comité d’organisation a souhaité aux participants un bon séjour et de fructueux échanges pendant ces trois journées

La région africaine paie le plus lourd tribut avec plus de 91 millions de nombre de cas par an et font 137 000 décès. Il est donc impérieux que des actions soient menées afin de garantir une alimentation saine au monde entier. C’est ce défi qu’entend relever ces chercheurs réunis pendant 72 heures à Ouagadougou dans le cadre d’un colloque international pour la sécurité sanitaire des aliments. Cette seconde édition comprend 147 communications orales (en présentiel et en visioconférence) et 25 communications affichées qui seront assurées par les participants venus d’Algérie, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Tchad et du Togo, selon le président du comité d’organisation, le Pr Yves Traoré.

S’exprimant au nom du ministre de l’enseignement supérieur, le conseiller technique s’est réjoui de la tenue de ce rendez-vous scientifique parce que dans un passé récent, les recherches au sein des établissements de recherche se sont limitées qu’aux études théoriques. « Ces dernières années, l’approche et la méthodologie ont évolué au regard des exigences de la société pour lesquelles les institutions d’enseignement supérieur et de recherche devraient apporter des réponses : c’est la responsabilité sociétale des universités et des centres de recherche », a déclaré le Pr Alain Ouédraogo.

Le conseiller technique du ministère de l’Enseignement supérieur, le Pr Alain Ouédraogo, a traduit sa satisfaction à la communauté scientifique qui parvienne à produire des résultats en dépit des difficultés

Pour la réussite de ce colloque qui est une tribune de dissémination et de valorisation de la recherche, il a invité les participants à donner le meilleur d’eux-mêmes afin qu’à la sortie de cette rencontre des propositions concrètes soient formulées et ce ; dans le sens de l’amélioration des conditions de consommation d’aliments sains par les citoyens. Au Burkina Faso, des résultats de la recherche, il en a mais leur valorisation reste une préoccupation. Pour résoudre cette équation, le représentant du ministre a laissé entendre, qu’aujourd’hui, il y a toute une stratégie de vulgarisation à travers l’ANVAR qui est une direction générale chargée non seulement de la vulgarisation mais également de la promotion des résultats de la recherche. Toutefois, la valorisation des résultats de la recherche se fait par thématique, parce qu’elle demande des moyens financiers, a relevé le Pr Ouédraogo.

Plus de 80% des problèmes de santé sont liés à l’alimentation

Pour le représentant du président de l’université Joseph Ki-Zerbo, le Pr Martin Tiendrébéogo, le thème de l’édition 2022 « La sécurité sanitaire des aliments pour une alimentation saine et l’atteinte de la sécurité alimentaire en Afrique », est révélateur des réels dangers que constitue une alimentation impropre à la consommation. Il a, pour sa part, formulé le vœu que les conclusions auxquelles parviendront les chercheurs puissent ensemencer l’engagement des producteurs ; fertiliser l’esprit créatif des transformateurs ; polliniser les politiques publiques en matière de sécurité sanitaire des aliments, et féconder l’esprit critique du consommateur.

Le Larlé Naaba Tigré pense qu’il faut davantage sensibiliser les populations afin qu’elles comprennent qu’il y a tout ce qu’il faut dans notre terroir pour la nourriture et les soins des plantes

Prenant la parole, le parrain du présent colloque, le Larlé Naaba Tigré, champion national pour la nutrition au Burkina Faso, a insisté sur le fait que chaque citoyen est en droit d’avoir accès à une nourriture saine pouvant être consommée sans danger. Et pour produire des aliments non dangereux à la consommation, il faut que ces produits soient nourris aux engrais localement produits, selon lui. « Aujourd’hui, la recherche a trouvé beaucoup de démarches pour pouvoir produire des engrais de deux à trois semaines. Les composts également connaissent une révolution. On peut faire des composts en moins d’un mois au lieu de trois à six mois. Aussi, la recherche a pu mettre à la disposition des producteurs des insecticides biologiques à partir des éléments de la nature », a indiqué le parrain, lui qui contribue déjà à la promotion et la production de produit bio et d’aliments pour la santé comme le moringa.

A la suite du discours d’ouverture, les officiels ont procédé à la visite des stands d’exposants.

Aïssata Laure G. Sidibé
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