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« Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • mercredi 13 janvier 2021 à 23h20min
« Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

Les réactions continuent au sujet de la formation du gouvernement Dabiré II. Dans les lignes qui suivent, Diakalya Traoré, juge au Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, par ailleurs, secrétaire général du Syndicat des magistrats burkinabè (SMB), a répondu, le 12 janvier 2021, à quelques questions que Lefaso.net lui a posées sur le nouvel exécutif. Au sujet de la ministre de la Justice, il révèle que sa nomination a été applaudie par la majorité écrasante des magistrats. Par contre, concernant le ministre d’Etat, Zéphirin Diabré, chargé de la réconciliation nationale, M. Traoré fustige. Il voit en son poste des « absurdités qui caractérisent la configuration et la logique du gouvernement ».

Lefaso.net : Quel commentaire par rapport aux nouveaux ministres de ce gouvernement ?

Diakalya Traoré : Je n’ai pas de commentaire particulier relativement aux nouveaux ministres ; je constate simplement que S.E.M le Président du Faso a procédé plutôt à un simple remaniement ministériel, comme l’avait prédit le Pr Ousséni ILLY, qu’à la formation d’un nouveau gouvernement ; en tout état de cause, la question fondamentale est de savoir si les lettres de missions assignées aux différents ministres répondent véritablement aux aspirations du peuple burkinabè.

Ils ont dit que le Président du Faso les a invités à la « culture du résultat ». Pensez-vous qu’ils seront à la hauteur ?

Je ne m’aventurerai pas dans des spéculations divinatoires mais je pense que tout dépendra du résultat qu’ils cherchent à atteindre ; dans cette logique, s’il s’agit de parachever le processus de la remise à plat des rémunérations sous le couvert du format litigieux de l’IUTS, de faire adopter l’avant-projet de loi organique portant sur les principes fondamentaux de la fonction publique, ce sont les rapports de force en présence qui détermineront les résultats à atteindre.

Quelle est votre réaction par rapport au poste de Zéphirin Diabré et la mission qui l’attend ? Pourra-t-il relever le défi ?

Le poste de la réconciliation nationale occupé par M. Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq (05) absurdités qui caractérisent la configuration et la logique du gouvernement :

-  Une absurdité congénitale : l’éclosion d’un département ministériel en charge de la réconciliation nationale rattachée à la Présidence du Faso contraste avec le propos inaugural de son S.E.M le Premier Ministre Christophe Dabiré, propos dans lequel il fait l’apologie de la crise sociale en invoquant la réforme des rémunérations, donc la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, parmi les priorités du gouvernement ;

-  Une absurdité téléologique : à écouter les discours de certains hommes politiques, la réconciliation souhaitée est synonyme d’impunité car ils résument la réconciliation du peuple burkinabè avec lui-même au retour des personnalités qui sont poursuivies par la justice pour des crimes de sang et crimes économiques qui ont marqué l’histoire socio-politique de notre pays ; alors qu’au-delà des familles des victimes, le peuple burkinabè tient à ce que ces dossiers soient jugés et que leurs auteurs s’assument pleinement devant l’histoire ;

-  Une absurdité dans la sociologie du groupe des ministres qui composent le gouvernement : la crise sociale a atteint son paroxysme dans le dernier virage du premier mandat du Président Kaboré avec l’arrivée de certains à la tête des départements ministériels ; des attaques ciblées ont été engagées contre les travailleurs en général et en particulier contre des responsables syndicaux ; certains se sont même plu à "réclamer des incidents’’ dans leur ministère ; je constate que la majorité des ministres de cet acabit a été reconduite ;

-  Une absurdité idéologique : ce gouvernement est un terreau fertile des idéologies politiques qui se neutralisent réciproquement : il regroupe les libéraux et socialistes, les soi-disant communistes et libéraux, les sankaristes d’inspiration marxiste-léninistes et sankaristes libéraux, les apologues de l’impérialisme et les anti-impérialistes, etc.

-  Enfin, une absurdité conceptuelle et méthodologique : la prolifération des institutions en charge de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale tranche avec les actes et propos du gouvernement ; en d’autres termes, la démultiplication des institutions chargées de la réconciliation, qui sont du reste budgetivores, concurrencent paradoxalement avec la démultiplication des actes conflictuels et conflictogènes du gouvernement. Vous avez dans un même pays un Haut Conseil pour le dialogue social, puis un Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), ensuite un ministère en charge de la cohésion sociale et surabondamment un ministère d’État en charge de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale auprès de la présidence du Faso.

L’’on aurait pensé a priori que cela reflète une certaine volonté politique d’unir verticalement les gouvernants et gouvernés et, horizontalement, les gouvernés entre eux, même s’il n’existe pas au fond un problème substantiel entre ces derniers ; pourtant, du jour au lendemain on assiste à des décisions gouvernementales qui s’inscrivent en marge de la légalité administrative et même du droit de façon générale telles que les révocations des agents, les retenues illégales des traitements et salaires, l’inexécution des décisions de justice, la gestion personnalisée des départements ministériels, les actes individuels de vengeance de certains ministres contre des agents de leurs départements avec le silence complice du chef de l’État et du Premier ministre et enfin la fermeture hermétique du gouvernement au dialogue social au mépris des engagements nationaux et internationaux du Burkina Faso !
De ce fait, il est plus qu’évident que si la dynamique du système est maintenue, l’échec de M. Diabré est d’avance consommé.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de votre ministre Kibora ?

La nomination de madame Ouédraogo/Kibora Victoria a été applaudie par la majorité écrasante des magistrats, certainement au regard de sa personnalité et de sa vision de la magistrature qui n’est pas fondamentalement contraire à celle des syndicats ; nous espérons que contrairement à son prédécesseur qui a renié ses convictions syndicales une fois à la tête du ministère, elle ne participera pas à égrener le chapelet des pages tristes de l’histoire de la magistrature burkinabè ; dans cette dynamique, nous avons plusieurs attentes à court et moyen termes :
-  A court terme, nous attendons sa contribution active à :

 La restitution des retenues illégales opérées sur les traitements ;
 L’arrêt immédiat des projets et actions tendant à remettre en cause les acquis de la magistrature tels que la baisse du pouvoir d’achat des magistrats, les atteintes à l’indépendance de la magistrature, à l’autorité des décisions judiciaires (notamment les offenses et l’inexécution des décisions de justice), etc. ;
 La lutte contre l’impunité dans la magistrature à travers surtout la tenue effective des conseils de discipline des différents corps professionnels qui composent son département ;

 La normalisation des juridictions et leur dotation conséquente en logistique ;
-  A moyen terme, nous attendons :
 Le parachèvement de la mise en œuvre effective du Pacte national pour le renouveau de la justice ;

 L’autonomie effective du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) sur les plans budgétaire, matériel, personnel et organique ;
 La création d’une école de formation des magistrats dotée d’une feuille de route basée sur des curricula de formation élaborés en cohérence avec les besoins des juridictions ;

 La création d’un Statut spécifique pour les juridictions spécialisées (pôles écofi et anti-terrorisme) ;
Cependant, au regard de la posture du gouvernement, madame la ministre de la justice sera confrontée certainement à une difficulté majeure, voire un obstacle dirimant, en l’occurrence la feuille de route du gouvernement qui peut être un carcan qui paralysera toute initiative ou toute créativité de sa part, s’il n’y a pas de convergence des intérêts à défendre, ce qui est très probable !

Propos recueillis par Cryspin M. Laoundiki
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 13 janvier à 23:46, par Toto le Neuf En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Tout ce que vous dites est clair et même vrai. J’ai cependant quelques observations.
    1) La gouvernance au Burkina est très peu fondée sur des bases idéologiques. Toutes les idéologiques que vous avez citées et qui se trouvent représentées dans le gouvernement ne sont en réalité que des noms, des identificatifs creux. La preuve est que le MPP, UNIR/PS et PAREN, malgré leurs divergences idéologiques (théoriques) ont travaillé dans le même gouvernement sans difficulté. Alors, j’estime qu’avec un peu de volonté, ce gouvernement-ci, malgré les divergences idéologiques (théoriques) en son sein peut travailler dans la même direction. Il est d’ailleurs souhaitable et très possible de travailler efficacement au développement de notre pays sans se laisser enchaîner et opposer par des idéologies.
    2) Quand bien même tout citoyen a le droit de partager son opinion sur l’action du gouvernement ; quand bien même, en tant que secrétaire d’un syndicat, la défense des intérêts de votre corporation est un droit et même un devoir, au regard cependant de la séparation des pouvoirs et de la nécessité du respect réciproque entre les trois pouvoir (à défaut de la confiance), il aurait été plus élégant que vous vous absteniez de critiquer publiquement un exécutif qui n’a même pas commencé à travailler.
    3) L’histoire retiendra que le syndicat des magistrats du Burkina est le premier syndicat (je me trompes peut-être) à afficher publiquement ses revendications à ce premier gouvernement du 2nd mandat du Président Kaboré. C’est votre droit. J’espère néanmoins que les magistrats ne seront pas cette fois-ci encore la première cause de l’ébullition du climat social. Il est à craindre qu’une telle ébullition ne se retourne contre vous.
    Cordialement !

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  • Le 14 janvier à 00:13, par PASSOM En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    M. TRAORE, merci de ressortir les insuffisances du Régime.
    1- je souhaiterai voir vos propositions éclairées. Je suis sûr que ZEPH ne négligerait aucune de vos propositions si toutefois vous auriez l’amabilité de les lui avancer. En effet, j’ai la ferme conviction que vous tenez à ce que notre peuple se reconcilie avec lui-même.
    2- Plutôt que de tirer la couverture de votre côté, rassurez-vous qu’elle ne manquerait pas aux autres burkinabè. Chaque travailleur de ce pays a besoin d’être à l’abri de la corruption pour que vous ayez zéro dossier de corruption à juger. D’où tous les Burkinabè ont besoin de revenus bien substantiels (transport, cuisiner( que le Préfet n’a pas)) pour être à l’abri du besoin.

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  • Le 14 janvier à 05:50, par Momo En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Soyons optimistes et espérons que le modèle de la Commission Vérité et Réconciliation de l’Afrique du Sud est celui qui sera mis de l’avant par le nouveau ministre. La repentance pour les questions politiques, la réparation pour les personnes lésées et la condamnation pour les actes criminels. La réconciliation ne saurait être le cache-sexe de l’impunité. C’est ainsi qu’on peut avancer dans l’unité et la paix des cœurs avec absence de calculs politiques. Les victimes savent pardonner si les bourreaux expliquent leurs actes et savent faire contrition. Les religieux, les coutumiers et toutes les personnes-ressources sont convoqués ici. Qu’on saisisse l’occasion pour théoriser le Burkindé afin que que chacun ait les balises pour la construction d’une nation épanouie et plus jamais ça s’ancre à jamais dans la tête de tout Burkinabè

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  • Le 14 janvier à 06:01, par Le Vigilent En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Au Burkina il n’y a pas que les salariés du public et du privé. Un programme de gouvernement ne saurait se limiter à la satisfaction des revendications des syndicats.

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  • Le 14 janvier à 06:16, par Le Vigilent En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Au Burkina il n’y a pas que les salariés du public et du privé. Un programme de gouvernement ne saurait se limiter à la satisfaction des revendications des syndicats. Chacun, parce qu’on lui tend le micro, se prend pour le plus éclairé des burkinabé et détenteur de toutes les vérités. Et si le secrétaire général du SMB créait son parti pour se porter candidat en 2025 ; peut-être aurait-il le bonheur d’être élu. Ainsi il pourra corriger toutes ces « absurdités » qu’il a énumérées et mettre fin au « saccage » du pouvoir d’achat des travailleurs.

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  • Le 14 janvier à 07:38, par SOME En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Merci M Traore ! a vous lire je me dis que tout compte fait il reste encore quelque individu encore lucide dans le systeme judiciaire de ce pays. J’avais perdu confiance en ce systeme, et meme si tu te centres sur des revendications professionnelles c’est nettement comprehensible et bonne tactique. Il reste a voir la suite
    Sinon votre analyse reste tout a fait correcte et lucide. Pas etonnant pour un membre de ce syndicat.
    ce gouvernement ou plutot cette clique de ..... ne veut rien entendre. A nous de leur faire rendre gorge et sans concession aucune ! Ils paieront de leurs choix absurdes mais logiques pour eux. C’est une position ideologique !
    Roch est sur lapente. Alors qu’advienne que pourra !
    SOME

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  • Le 14 janvier à 08:37, par fandata En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Monsieur Traore, si la remise à plat des renumérotions des fonctionnaires vient comme une correction de l’injustice entres agents du même Etat, alors souffre qu’il y aura une minorité qui perdra certains avantage au bonheur de l’ensemble des agents de la fonction publique. L’équité s’enseigne en droit si je ne trompe.

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  • Le 14 janvier à 08:40, par kwiliga En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Une vision étriquée et égocentrée de ce que représente la réconciliation nationale.
    Comme si cette dernière se limitait à des problèmes d’IUTS et de bisbilles entre état et syndicalistes.
    C’est une injure faite à l’intelligence du peuple (non fonctionnaire) qui est sans doute plus préoccupé par les questions de massacres inter-ethniques, les déplacements de population, ... que par l’application de l’IUTS.
    J’en veux pour preuve :
    - "la réforme des rémunérations, donc la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs"
    Propos, symptomatique de ceux qui se considèrent (à tord) comme étant les seuls travailleurs du pays.
    - "horizontalement, les gouvernés entre eux, même s’il n’existe pas au fond un problème substantiel entre ces derniers"
    Propos dénotant une totale ignorance ou une totale négation des réalités que vit notre pays.
    Cher monsieur, votre pays ne se limite pas à quelques fonctionnaires qui se prennent pour le centre de l’univers, ouvrez un peu les yeux.

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  • Le 14 janvier à 09:08, par Très Intrigué En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    A peine le gouvernement constitué qu’on entend ça et la des à priori. A cette allure on ne s’en sortira pas. Magistrats, dites le droit à tous les niveaux et laissez les politiques faire du politique. Un gouvernement peut être hétéroclite et pourtant fonctionner. Je pense d’ailleurs que plus il l’est, plus il peut satisfaire tout le monde. Parfois il faut aller dans le sens du positif pour que les choses se mettent d’elles mêmes en place. Sinon à vous lire, vous prédisez la mort du poussin alors qu’il n’a même pas encore finit de percer sa coquille.

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  • Le 14 janvier à 10:14, par OCy En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    J’ai l’impression de lire les propos de l’homme de la rue. Un magistrat devrait avoir de la réserve. Vous êtes des revenchards. Vous n’arrivez pas a digérer ce que vous avez subit pendant l’insurrection et la révélation de vos avantages suite à vos grèves. Vous coûtez chers avec votre rendement. Pour des gens qui n’ont pas d’activités politiques vos salaires sont élevés pour un pauvre pays comme le notre

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  • Le 14 janvier à 10:37, par Vérité Indiscutable En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Voilà un Juge qui fait honneur à l’appareil Judiciaire entier. Il fait partie certainement du peu de juges honnêtes que notre époque connaît au Burkina Faso.
    Qu’ils soient d’accord ou pas avec votre analyse, eux et leurs adeptes dans les commentaires, soyez rassuré M. TRAORE que votre analyse est parfaite.
    5 ans, c’est vite passé. Les mêmes qui ne sont pas d’accord avec cette analyse viendront après pour vous donner raison ; au Faso c’est comme ça on réfléchit : c’est-à-dire après les drames.
    Dieu nous sauve s’il peut encore !

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  • Le 14 janvier à 11:04, par SOME En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Oui M Traore c’est bien, mais pour parler de justice il faut que vous vous fassiez votre travail. Votre analyse est correcte comme je le disais en tant que defenseur de vos membres mais voyons que vous tout meme des privilégies dans ce pays. ce qui m’interesse ddans votre analyse c’est que le peuple doit se remettre dans la mobilisation mais une mobilisation objective, pas juste pour des interets corporatistes seulement car ce pays a besoin de ...JUSTICE !
    alors reconciliation, reconciliation etc mais d’abord JUSTICE et ensuite on pourra se reconcilier. On attend de voir les juges vraiment juges et non des gens interessés seulement
    SOME

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  • Le 14 janvier à 13:11, par Okpayielo En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Bonjour chers amis internautes.
    Merci à Lefasonet pour son travail constant de conscientisation et surtout grand merci à l’auteur de cet article et à son analyse objective.
    Le deuxième gouvernement Dabiré démarre mal avec la création de ministère absurde contre toute logique honnête de réconciliation nationale.
    Chez lui- même à Gombousgou, qu’est-ce Zéphyrin Diabré a réussi exactement dans ce domaine ? Rien du tout. A-t-il plus d’envergure qu’un Mélégué Maurice Traoré ou un Léandre Bassolé ? Zéphyrin Diabré ne devrait même pas être considéré plus qu’un conseiller (fut-il spécial) à la présidence.
    Est-ce que la réconciliation est une priorité réelle pour RMCK ?
    Ok, il est nommé, mais il est voué à l’échec avant 12 mois.
    La Patrie ou la mort, nous vaincrons !

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  • Le 14 janvier à 13:20, par Ka En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Mon ami SOME : Tu dis, ce qui m’intéresse dans votre analyse c’est que le peuple doit se remettre dans la mobilisation mais une mobilisation objective, pas juste pour des intérêts corporatistes seulement, car ce pays a besoin de ...JUSTICE ! Alors réconciliation, réconciliation exct, mais d’abord JUSTICE, et ensuite on pourra se réconcilier. Tout à fait d’accord avec toi mon ami SOME, et aussi pour l’analyse pertinente du juriste Traoré.

    Pour moi, ce n’est pas avec des personnalités politiquement bien connus qu’on se réconciliera, la question est de savoir le niveau de la complicité de nos décideurs politiquement connus, qui ne désirent pas que cette réconciliation se fasse par la justice, un refus devenu un vrai fonds de commerce pour certains avec leur CODER ou leur parti politique, uniquement que pour se faire voir.

    Et comme je ne cesse de le répéter sur ce forum, ‘’’’la première cause qui mine le développement d’un pays, c’est sa JUSTICE ! La première cause qui crée des crises sociales dans un pays, c’est sa JUSTICE.’’’’’ Et je demande à ceux qui veulent la réconciliation sans la justice, de quitter ce face-à-face mortel pour explorer d’autres voies profitables au peuple Burkinabé et non aux politiques enfermés dans leur égoïsme, ou les exilés volontaires qui ont fui la justice. Cela est possible, pourvu que les personnes mieux éclairées montrent la voie au peuple qui n’a que faire de l’égoïsme des politiques de tous bords qui le prennent pour un mouton. Depuis 30 ans, le jeu politique au Burkina se résume en Haine et Vengeance de deux camps mortellement opposés. Ceux qui veulent que les criminels reviennent sans la justice, et ceux qui veulent qu’ils passent par la justice avant de jouir leur liberté. Pour Ka, avec cette réconciliation instrumentalisée, méfions de ceux qui prétendent sans en avoir fait la preuve, détenir les solutions pour réconcilier les autres.

    Pour une vraie réconciliation durable qui va pour le peuple Burkinabé, il est impératif que ceux qui ont tué pour le pouvoir passent par la justice : Car, la justice est là pour décider de ce qui est juste. Nul n’est au-dessus de la loi. Si le président du Faso est impliqué, il doit répondre de ses actes.

    Oui pour un ministère de la réconciliation ; mais pour Ka, et ça ne regarde que moi, ’’’’’ce n’est pas ce qui n’a pas été fait en 30 ans avec des pardons fictifs et des larmes de crocodile, qui sera fait en cinq ans. Soyons réalistes, et ne prenons pas des uns et les autres pour des imbéciles !!!???’’’’’’ Les discours lénifiants de quelques politiques n’engagent que ceux qui les écoutent ! Commençons d’abords de faire passer par la justice, ceux qui ont tué et diviser le peuple.

    En 2021 tout est possible, car, avec les dossiers comme celui des voleurs d’armes et le coup d’état à la maternelle qui ont été liquidés, même si les peines encourues sont légères en comparaison de la transgression des lois et du désastre commis par les mis en cause, et que ce qu’ils ont fait est criminel et ils doivent être traités comme tels, disons que notre justice trouve sa crédibilité auprès de son peuple. C’est pourquoi, avec des jeunes juristes comme Yoda et Traoré, sans oublié notre nouvelle Garde des Sceaux, je pense qu’il faut vraiment, encore une fois, faire confiance à nos institutions, faire confiance à nos lois et faire confiance à nos juges, et laisser venir les supposés accusés qui divisent le peuple par la justice. Nous avons une nouvelle Garde des Sceaux, une femme courageuse, qui place ses actions au service des autres dans un souci permanent de promouvoir une société fraternelle, solidaire, capable de rendre aux plus faibles, à ceux que la vie a durement éprouvés leur dignité, il suffit de lire son parcours professionnel. Et je crois, si Roch Kaboré a fait le choix de la donnée sa confiance, c’est aussi une raison OBJECTIVE, et simplement qu’on peut la faire confiance, et aux juristes qui la suivront pour une justice pour tous. Oui que ceux qui sont supposés coupables des crimes qui ont divisé le peuple, et fui le pays pour éviter la justice, passent par d’abords par la justice pour une vraie réconciliation nationale et durable. Merci au jeune juriste Traoré pour cette analyse pertinente et limpide.

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  • Le 14 janvier à 14:05, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Ne vous y trompez pas : La bataille de la correction des disparités entre rémunérations des agents de l’état aura bel et bien lieu. Ce sera sous Roch Kaboré ou plus tard, mais c’est un passage obligé.

    Un pays où un magistrat débutant (BAC+5) gagne le double ou le triple d’un médecin (BAC+8) avec 15 ans d’ancienneté ne peut pas parler de justice, ni de réconciliation, ni de paix, ni de développement.

    D’accord, concernant les magistrats, c’est le "péché originel" de Roch Kaboré. Mais la situation existait déjà dans d’autres secteurs, et corriger ces disparités et iniquités fera toujours partie des priorités d’un gouvernement responsable.

    Il est assez bizarre que quelques centaines d’agents publics, représentants moins de 5% de la fonction publique et moins de 0,01% de la population parle de la défense de ses avantages exorbitants acquis en s’assimilant (ou se substituant ?) au "peuple" ?!
    De quoi faire se retourner Sankara dans sa tombe !

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  • Le 14 janvier à 15:33, par Dignité En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Tout simplement chapeau pour cette lucidité ! Si ce gouvernement apprend à prendre en compte les critiques, il réussira !
    Encore MERCI M. TRAORE !

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  • Le 14 janvier à 19:12, par constance En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Tout ceux qui parlent de mise à plat devraient aborder les émoluments des dirigeants et leurs supporters qui ont fait flamber le train de vie de l’État . Ce train de vie ne peut être maintenu si on veut donner le bon exemple et être pris au sérieux.
    Faite un historique de l’évolution des traitements de puis 1990 et vous verrez que les politiques eont multiplié leurs traitements par dix tout en apoekkant les producteurs de services et richesses à serrer la ceinture. Cela ressemble à de l’indécence. C’est la contribution à la réflexion.
    Constance.

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  • Le 14 janvier à 20:28, par Jonassan En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Je suis surpris de l’égoïsme sans frein d’un homme de votre carrure.
    Un bon ministre c’est celle qui remboursera des coupures légitiment retenus aux magistrats.
    Un bon ministre c’est celle qui refusera la coupure de l’IUTS
    Avez-vous conscience que vois appartenez à une nation et que vous n’en êtes pas les seuls citoyens et que vos revenus ont pour sources autres que les plus-values de votre ministère ?
    Essayez de réfléchir au-delà de votre moi et de votre clan.

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  • Le 15 janvier à 03:36, par Jonassan En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Ma deuxième surprise c’est qu’un grand monsieur comme vous, intellectuel de surcroît puisse descendre dans la rue pour se mêler au vulgus et afficher une analyse empirique à un système organisationnel. Vous êtes juge et tout intellectuel sait que chez le blanc on évolue en terme de spécialistes et qu’avant de se prononcer sur un sujet il faut porter des analyses bâties sur des siècles de principes et de préceptes. L’organisation est dynamique et se conforme à son environnement pour mueux le dominer, l’organisation est moins rigide que vos lois qui s’imposent à l’entourage.
    Si vous n’étiez politicien ou magistrat-syndicaliste politicien c-à-d connaissant tout et ayant réponse à tout, je vous aurais demandé de descendre pour apprendre à distinguer ce qui paraît mais n’est pas.

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  • Le 17 janvier à 08:05, par Jean Gabriel Yaméogo En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Je répondrais à Monsieur Diakalya Traoré, juge au Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso et Secrétaire général du Syndicat des magistrats burkinabè (SMB) que la création du ministère de la réconciliation et de la cohésion sociale résulte des tares congénitaux de la justice burkinabè à ne pas dire le droit, rien que le droit. Vous avez réclamé des moyens qui vous ont été octroyés afin d’assurer l’indépendance de la justice et jusqu’à présent, les populations attendent vainement les frémissements de cette indépendance. En effet, si vous, les éminents juges consentaient à dire le droit, rien que le droit, la réconciliation dont on parle tant aurait été réalisée depuis belle lurette et nul besoin n’aurait été de créer plusieurs institutions chargées de la réconciliation, à fortiori un ministère, à cet effet. Mais, vous passez votre à nourrir l’impunité par un juridisme pédant pour noyer le poisson dans l’eau ; nourrissant au passage l’impunité, l’incivisme et contribuant à exacerber les antagonismes entre burkinabé. Le peuple burkinabé souffre de sa justice à deux balles plus qu’autre chose. Commencez à nettoyer les écuries d’Augias en vidant les dossiers pendants et pendus pour favoriser la réconciliation : Thom Sank et ses compagnons, Norbert Zondo et ses compagnons, Boukary Lengani, Henri Zongo, Clément Ouédraogo, Nézien Badembié etc...En conclusion, balayez d’abord devant votre porte avant de dire que la cour du voisin est sale.

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  • Le 17 janvier à 12:54, par Ka En réponse à : « Le poste de Zéphirin Diabré est la synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement », Diakalya Traoré, secrétaire général du syndicat des magistrats burkinabè

    Bravo Jean Gabriel Yaméogo pour ton analyse juridiquement correcte, car elle est une indiscutable déduction des choses vécues : Même j’ajouterai que c’est une Très belle analyse enrichissante, qu’on utilisera très souvent quand on parle des violations du droit dans notre pays.

    La vérité rougit les yeux, mais ne les casse pas. ’’’’’’Tu as raison de dire que le peuple burkinabé souffre de sa justice à deux balles plus qu’autre chose. Commencez à nettoyer les écuries d’Augias en vidant les dossiers pendants et pendus pour favoriser la réconciliation : Thom Sank et ses compagnons, Norbert Zondo et ses compagnons, Boukary Lengani, Henri Zongo, Clément Ouédraogo, Nézien Badembié etc...En conclusion, balayez d’abord devant votre porte avant de dire que la cour du voisin est sale.’’’’’

    Oui depuis plus de 30 ans au Burkina, les juges sont des instruments dociles des basses œuvres des régimes aux abois, et ne supportent pas la vérité, tout comme les tenants du pouvoir a tous les niveaux qui sont bâti sur les mensonges, les fraudes et les détournements de toutes sortes, en particulier des moyens matériels et humains du pays, ainsi que des pouvoirs judiciaire et législatif qui, normalement, dans un véritable état de droit, devraient être indépendants de l’exécutif. Non seulement les juges se font complices actifs d’une forfaiture, à savoir la violation de la constitution et tout ce qui en découle, mais en plus, il faudrait qu’on accepte cela sans rien dire, y compris la persécution de ceux qui manifestent leur désaccord ou refusent de se laisser corrompre.

    Parler du droit dans notre pays depuis le 15 Octobre 1987, c’est parlé de la corruption a ciel ouvert, avec un grand "C." La preuve est d’aller a Ouaga 2000 et voire les villas construites a des centaines de millions par les magistrats. Pour qu’une sortie comme celle-là soit crédible, il faut que les juges se démarquent, et font comprendre au peuple que l’État ne doit se définit dans l’indépendance de dire le droit, et protégé un clan de politiciens d’opportunistes qui règnent et imposent à volonté l’impunité à un peuple sans repère de la vraie justice.

    Oui mon ami Jean Gabriel Yaméogo, le malheur de nos magistrats est que les Burkinabé les voient en œuvres dans l’impunité : Leurs nuisances légendaires est de bloquer sans se soucier les dossiers judiciaires des victimes que tu as cité. Mais quand qu’il s’agit de débloquer la corruption, ils sont des champignons.

    Sortir pour clarifier une synthèse parfaite des cinq absurdités du gouvernement à cause de la création d’un ministère de réconciliation par un juriste, est de se moquer du monde : Car, le vrais défi de la réconciliation, est le pardon, et pour pardonner il faut que la justice passe, sinon on appelle ça de l’impunité. Sans la justice dans une réconciliation, la bombe est toujours prête a exploser.

    La réconciliation repose sur la justice. Créé un ministère de réconciliation n’est pas suffisant. Il faut en finir avec l’impunité de certains... Il faut virer les magistrats corrompus qui vendent la Justice Burkinabé au plus offrant et qui ne disent pas le droit. C’est seulement ainsi que la confiance en la justice Burkinabé reviendra, et la réconciliation s’en suivra.

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