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Secteur de la Santé au Burkina : 2019, une année mouvementée !

Publié le jeudi 2 janvier 2020 à 18h30min

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Secteur de la Santé  au Burkina : 2019, une année mouvementée !

2019 aura sans doute été une année mouvementée pour le ministère de la Santé. Une longue crise a en effet opposé les syndicats à leur ministère de tutelle. Entre grèves et autres mouvements d’humeur, le ministère de la Santé a aussi mené d’autres activités, notamment la distribution de moustiquaires imprégnées, la campagne de vaccination contre la rougeole/rubéole, etc.

Alors qu’elle venait d’être nommée ministre de la Santé en janvier 2019, Pr Claudine Lougué a dû faire face quelques mois plus tard à une crise au sein de son département. L’année 2019 a en effet été marquée au département de la santé par la longue crise qui a opposé les syndicats à leur ministère de tutelle. Près de huit mois durant, soit d’avril à novembre, les grèves souvent sans service minimum ont fait place au boycott des gardes et permanences, aux opérations caisses vides et au refus de fournir les rapports statistiques et d’effectuer des tournées et missions.

Et ce, pour exiger du gouvernement la mise en œuvre effective du protocole d’accord signé entre le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) et l’exécutif, le 17 mars 2017. Dans ce protocole, le gouvernement s’engage à améliorer les conditions de travail et de carrière, et la rémunération des agents de santé. Les grèves qui ont secoué le secteur avaient aussi pour but d’exiger la mise en œuvre de la Fonction publique hospitalière.

Le SYNTSHA n’était pas le seul syndicat du secteur à faire grève. Ainsi, le Syndicat des médecins du Burkina (SYMEB), le Syndicat des sages-femmes et maïeuticiens et accoucheuses du Burkina (SYSFMAB), le Syndicat autonome des infirmiers et infirmières du Burkina (SAIB) et le Syndicat des travailleurs de l’administration hospitalière et des services de santé (SYNTAHSS) sont aussi entrés dans la danse. Ils réclamaient, tout comme le SYNTSHA, l’application de la Fonction publique hospitalière et l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de santé.

Jugeant certaines des actions de lutte illégales, le gouvernement décide de faire des retenues sur salaires. Ce qui n’a pas été du goût des syndicats qui ont jugé ces retenues « abusives et illégales » et ont appelé leurs militants à continuer la lutte.

Finalement, en novembre, le gouvernement et les syndicats reprennent les négociations et parviennent à trouver un terrain d’entente, mettant fin à la crise, au grand bonheur des populations qui étaient les premières à en pâtir.

Distribution de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action

Après 2010, 2013 et 2016, le ministère de la Santé, avec le soutien de ses partenaires techniques et financiers, a organisé la 4e campagne de distribution gratuite de MILDA (Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action) sur toute l’étendue du territoire national.

Pour 2019, le ministère a innové avec l’introduction de MILDA de dernière génération dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, des Hauts-Bassins et du Sud-Ouest pour faire face à l’accroissement de la résistance avérée des moustiques aux insecticides couramment utilisés. En plus des MILDA standards habituellement distribuées, la campagne 2019 a pris en compte les MILDA PBO et MILDA Interceptor G2 qui sont de nouvelles générations.

Au total, ce sont environ 12 millions de moustiquaires qui ont été distribuées au cours de la campagne 2019, pour un coût total de 23 908 187 522 F CFA. 95,7% de cette somme est déboursée par le Fonds mondial ; l’Initiative du président américain pour la lutte contre le paludisme a contribué à hauteur de 2,2%, et le budget de l’Etat à hauteur de 0,4%.

Campagne de vaccination contre la rougeole/rubéole

Le Burkina Faso connaît, ces dernières années, une recrudescence des cas de rougeole. Selon les statistiques, la plupart des enfants touchés par cette maladie n’ont soit pas été du tout vacciné, soit n’ont pas reçu la deuxième dose du vaccin contre la rougeole/rubéole qui est administrée à l’enfant âgé de 15 à 18 mois. Pour donc faire face à cette recrudescence, le ministère de la Santé, avec le soutien de ses partenaires techniques et financiers, a mené, du 22 au 28 novembre 2019, une campagne nationale de vaccination contre la rougeole/rubéole. Cette campagne a permis de toucher plus de 3 millions d’enfants âgés de 9 à 59 mois (5 ans) sur toute l’étendue du territoire national.

L’actualité du secteur de la santé est aussi marquée en 2019 par le lancement du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) au profit des indigents dans les régions de la Boucle du Mouhoun et des Hauts-Bassins. Pour cette première phase, plus de 70 000 indigents seront couverts gratuitement par le RAMU avant qu’il ne soit étendu progressivement au reste de la population.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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