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Lutte contre le paludisme au Burkina : Les pharmaciens s’inscrivent dans la vision du programme national

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo • lundi 19 décembre 2016 à 19h30min
Lutte contre le paludisme au Burkina : Les pharmaciens s’inscrivent dans la vision du programme national

Les résultats des enquêtes de suivi de terrain du projet paludisme et pharmaciens d’officine ont été restitués ce mercredi 7 décembre 2016 à Ouagadougou. Coordonné par le Réseau Médicaments et Développement (ReMeD) et l’Ordre national des pharmaciens du Burkina, ce projet vise à contribuer à l’augmentation de l’impact d programme nationa de lutte contre le paludisme (PNLP), par la participation effective des pharmaciens d’officine à la prise en charge de la maladie.

« Plus de 70% des patients se présentent à l’officine spontanément sans ordonnance pour soigner une suspicion de paludisme. Ils viennent demander conseils auprès du pharmacien » a confié docteur Alfred Sandouidi, président de l’Ordre national des pharmaciens du Burkina.

En effet, le paludisme demeure un problème majeur de santé publique avec une morbidité et une mortalité infanto-juvénile importante en Afrique, notamment au Burkina. Et si les officines sont le premier recours des Burkinabè quand ils sont confrontés à cette maladie, il est à noter que : « le secteur officinal n’est pas toujours pris en compte dans les stratégies nationales de lutte contre le paludisme et les données des officines ne sont pas prises en compte dans les statistiques sanitaires nationales » a déploré Dr Alfred Sandouidi.

C’est dans cette optique que le Projet paludisme et pharmaciens d’officine a été initié en vue de mettre les pharmaciens au cœur des programmes nationaux de lutte contre le paludisme.

Débuté en janvier 2014, ce projet qui couvre une période de trois ans, est coordonné par une association française, le Réseau médicaments et Développement (ReMeD) et l’Ordre national des pharmaciens du Burkina. Au niveau du Burkina, c’est le Dr Clotaire NANGA qui assure la coordination des activités du projet. Ce projet est financé par Expertise France un coût global de 150 000 Euros, environ 99 millions de francs CFA pour le Burkina, le Projet paludisme et pharmaciens d’officine cible la formation des pharmaciens d’officine des capitales du Bénin, du Burkina et du Mali (Cotonou, Ouagadougou et Bamako, respectivement). La coordination du projet au Burkina ayant négocié et obtenu la prise en compte de la ville de Bobo-Dioulasso, ce projet concerne deux villes du Burkina.

Un impact positif dans la prise en charge du paludisme

Selon le président de l’Ordre national des pharmaciens du Burkina, il était utile que les pharmaciens soient imprégnés de toutes les directives du programme national de lutte contre le paludisme. Cela a donc consisté d’abord d à réaliser une enquête afin d’évaluer le niveau des connaissances des pharmaciens d’officine des deux villes concernées sur les directives du PNLP, afin d’adapter les besoins de formation. Ensuite, une équipe pluridisciplinaire impliquant notamment le PNLP, l’OMS, La Cameg a assuré la formation des pharmaciens aux directives du PNLP et à l’approvisionnement en intrants de lutte contre le paludisme Puis, il a été mis à la disposition de tous les pharmaciens d’officine des deux villes, les supports de formation (modules de formation, directives PNLP, rapport d’enquête initiale et modèle de fiche de notification des effets indésirables).

« Par la suite, nous avons réalisé des enquêtes auprès des pharmaciens et auprès des populations qui viennent dans les officines pour acheter des médicaments contre le paludisme », a indiqué Dr Alfred Sandouidi. Et de préciser que le projet a eu un impact positif dans le cadre de la prise en charge du paludisme par les officines. « A l’issue de la formation, plus de 94% des pharmacies observent les directives du programme national de lutte contre le paludisme. Ce qui est vraiment très significatif » a-t-il renchéri.

Ce fut ainsi l’occasion pour l’Ordre national des pharmaciens d’évoquer un aspect particulier dans le traitement du paludisme. « Nous demandons depuis un certain temps, les tests de diagnostic rapide du paludisme au niveau des officines. Il y a souvent des faux paludismes que l’on traite et on passe à côté des vrais paludismes » a-t-il souligné.

La formation des auxiliaires en pharmacie a été ée. Parce qu’ils sont le plus fréquemment en contact avec les patients, l’objectif est de mettre au même niveau d’information que les autres agents de santé, en vue d’une meilleure prise en charge du paludisme. « Il nous reste deux enjeux : la formation des auxiliaires en pharmacie et la disponibilité des tests de diagnostic rapide du paludisme » a soutenu Dr Jean Loup Rey, administrateur du ReMeD, venu de Paris pour l’occasion.

De cette rencontre, Dr Alfred Sandouidi a émis le souhait que tous les pharmaciens s’impliquent réellement dans le programme national de lutte contre le paludisme. Présent dans 65 pays, ReMeD, une association française de solidarité internationale œuvrant pour un meilleur accès à des médicaments de qualité dans les pays en développement regroupe plus de 2 000 professionnels surtout d’Europe et d’Afrique.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 20 décembre 2016 à 16:44, par Chef de menage En réponse à : Lutte contre le paludisme au Burkina : Les pharmaciens s’inscrivent dans la vision du programme national

    Félicitation pour l’initiative, vivement qu’elle vienne soulager notre système de santé qui souffre surtout de cette pathologie (première cause de consultation, première cause d’hospitalisation et première cause de décès).
    Cependant nous sommes dans un contexte de rareté de ressources. En plus de l’information statistique fournie dans l’article, il serait en mon sens intéressant d’analyser la contribution des autres agents de santé à impliquer dans le projet. Ces résultats pourraient aider à faire un lien entre leur contribution et les finances à injecter dans le projet.
    Quel sera le coût additionnel de l’implication d’un agent de santé ? Quel retour d’investissement supplémentaire pourrait-on espérer ? Est-ce la prise en charge additionnelle d’un agent santé sera coût-efficace ? Je pense qu’il faut davantage pousser la réflexion pour optimiser les investissements dans ce projet.
    Ces réflexions peuvent aider à estimer les éventuels gaps de financement et voir comment mobiliser des ressources supplémentaires pour l’étendre à d’autres villes au besoin.
    Cordialement

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