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Emancipation de la femme : un moyen pour s’enrichir ?

Publié le mardi 28 octobre 2003 à 10h46min

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S’il y a un créneau porteur de nos jours dans la société, c’est bien tout ce qui est en relation avec la femme. Tous projets de développement incluant le volet féminin dans son programme : "éducation des filles", "développement des femmes rurales", "femmes et média", "femmes et lutte contre le Sida" et que sais-je encore, sont très "gomboïsés". Même l’environnement a cessé d’être un pôle attractif pour les bailleurs de fonds au profit des projets féminins.

En tous cas, il faut reconnaître que le ciel burkinabè a le vent en poupe. Encouragé sur le plan intérieur, il l’est beaucoup plus sur le plan international par la politique de la "discrimination positive" qui est censée être appliquée dans nos pays. La raison ? C’est que depuis longtemps, l’homme aurait usé de sa suprématie, de sa situation de dominateur que la nature lui aurait confiée ou que lui-même se serait appropriée pour dominer la femme et la mettre à son service.

Le résultat, c’est que la femme est à présent vue comme n’étant pas l’égale de l’homme. La complémentarité entre sexes a disparu au profit d’une hiérarchisation des valeurs et des sexes. Même sur le plan éducationnelle l’homme se taille la part du lion. Cependant, le constat sur la situation de la femme comme "sexe faible" et exploité n’a pas de frontière. Les femmes burkinabè comme celles des Etats-Unis sont soumises aux mêmes régimes, aux mêmes caprices des hommes. En cela, le combat des femmes est le même et donc universel : améliorer leur image par une occupation progressive des postes jugés autrefois comme relevant de l’homme.

C’est pourquoi, dans maintes projets aujourd’hui en rapport avec la femme, on ne lésine pas sur les moyens, et même qu’on ne cache pas sa préférence pour les candidatures féminines quelquefois aux prix de l’efficacité et de l’excellence. N’est-ce pas remplacer une discrimination par une autre ? Mais dans la mesure où cette dernière est voulue et tolérée, on soutient qu’il s’agit d’une discrimination positive, par opposition à celle exercée par les hommes jugée injuste.

La semaine dernière a été célébrée la Journée mondiale. Au Burkina Faso ce sont les localités de Kaya et Dori qui ont abrité cette manifestation en faveur de la femme rurale sous le thème "femmes rurales, exigez votre droit aux technologies de l’information et de la communication (TIC)". Le ministre de la Promotion de la femme, Mme Gisèle Guigma affirmait à l’occasion que les TIC sont un outil de lutte pour l’égalité et l’amélioration des conditions de vie et un instrument de pouvoir et de transformation des mentalités.
Dans le milieu rural, elles permettent de faire reculer la pauvreté. C’est sans doute là une invite de Mme le ministre aux femmes rurales à prendre leur développement en main.

Quand on sait que la pauvreté a de plus en plus un visage féminin. Elle le dira d’ailleurs plus explicitement en ces termes : "Vous n’êtes plus les femmes d’hier qui avaient peur de parler devant les autorités. Réagissez donc ! Sortez de l’obscurantisme" et d’ajouter "organisez des causeries-débats dans les secteurs pour apprendre le droit aux femmes. Apprenez-leur aussi à être respectueuses envers leur époux". Voilà qui fait dire que le débat sur l’émancipation de la femme se trouve largement justifié. La sociologue américaine, Margaret Mead n’a-t-elle pas écrit que le rôle, le statut de la femme ne sont pas innés mais acquis.

Et que chaque société de par sa disponibilité et son fonctionnement fixe les attributions de l’un ou l’autre sexe. C’est donc dire que le combat que mènent aujourd’hui les femmes loin d’être inutile ou futile, est immense. Elle pourrait apparaître comme une remise en cause de l’ordre établi. Si elles y parvenaient, cela constituerait certainement l’une des plus grandes révolutions que le monde ait connues tant les obstacles à franchir sont énormes.

Pauline KABORE

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