Transport en commun à Ouaga : Les assurances et les appels du DG de la SOTRACO
Notre tour de Ouaga à bord des bus de la SOTRACO resterait inachevé si nous ne donnions pas la parole aux premiers responsable de la communale des transports en commun. Les clients ont déploré les temps d’attentes longs, les surcharges, la couverture moyenne du territoire communal…Nous avons rencontré le DG de la SOTRACO, Boureima Tarnagda pour discuter autour des problèmes ci-évoqués. Tout en reconnaissant les difficultés relevées par les clients, M. Tarnagda rassure sur les actions en cours pour renflouer le parc automobile de la société. Il a par ailleurs exhorté les pouvoirs publics à s’intéresser plus aux transports en communs comme c’est le cas dans certaines capitales de la sous-région.
Depuis sa création en 2003, la SOTRACO a connu bien de revers qui ont failli la contraindre à mettre la clé sous le paillasson. Conçue par trois entités (Privé, Etat, commune de Ouagadougou) pour fluidifier la circulation urbaine marquée par la croissance exponentielle des engins à deux roues. Pollution, accidents de circulation devraient en partie connaître des solutions avec le transport en commun. De l’avis de M. Tarnagda, pour que la SOTRACO dégage des bénéfices, il aurait fallu que les tickets soient vendus à 250 F. Mais à ce prix la clientèle se détournerait. Le juste milieu de 150 F a donc été trouvé pour fidéliser la clientèle et permettre à la société de continuer à fonctionner.
A ce jour, la communale des transports en commun est à une couverture d’environ 33% du territoire communal avec 9 lignes desservies. La flotte actuelle de la SOTRACO ne permet pas de satisfaire la clientèle des quatre coins de la commune. « Nous avons en moyenne 25 à 27 bus sur le réseau. Mais à cause des surcharges aux heures de pointe on se retrouve parfois avec près d’une dizaine de cars au garage dans la soirée. Quand ce sont des pannes mineures, au bout de quelques heures au garage, les bus redeviennent opérationnels. Dans le cas contraire, ils sont absents sur les lignes plusieurs jours » fait remarquer avec un air de désolation le premier responsable de SOTRACO.SA.
Malgré les difficultés dont nous avons fait cas dans nos précédents reportages, le nombre de la clientèle ne cesse d’augmenter. En réalité, certains n’ont vraiment pas le choix. Les abonnements sont ainsi passés de 174 594 abonnés en 2009 à 249 053 en 201O. « C’est un secteur difficile à rendement négatif. La nature de la clientèle et les infrastructures expliquent cela. La plupart des gens qui prennent le bus ont des revenus réduits. Ceux qui ont plus de moyen s’achètent des véhicules et ne sont pas prêts à investir dans les transports en commun », foi du directeur général.
Le projet 100 bus toujours d’actualité
Mais, à en croire M. Tarnagda, ces problèmes de manque de bus, de retards, de couverture approximative du territoire seront un lointain souvenir dans les jours à venir. « Nous avons un projet d’acquisition de 100 bus. On a l’appui d’une banque de la place, et nous travaillons à réunir les conditionnalités nécessaires. L’Etat est également impliqué dans ce projet. La crise qui a secoué notre pays nous avait contraint à mettre le projet en veilleuse mais nous avons repris le projet et je peux vous dire que le projet de 100 bus sera bientôt une réalité »rassure t-il. Et d’exhorter les pouvoirs publics à soutenir davantage ce secteur social. « En Côte d’ivoire, la SOTRA reçoit annuellement une subvention de 22 à 25 milliards. Nous n’avons que 500 millions l’an. Tout dernièrement la SOTRA a reçu 13 milliards pour acquérir 300 bus alors que nous n’avons besoin que de 100 bus. C’est déjà bien ce qui est fait mais il faut plus d’effort ».
Selon une étude réalisée par la SITRASS (Solidarité internationale sur les transports et la recherche en Afrique sub-saharienne) en 2009 les ménages de la ville de Ouagadougou dépensent environ 16% de leur revenu pour le transport alors que la moyenne dans la sous-région est autour de 10%. Dans un contexte où la cherté de la vie affecte durement les ménages, investir dans le transport en commun pourrait contribuer à alléger les charges des familles.
Tiga cheick Sawadogo& Jean-Pierre Sawadogo(Stagiaires)
Lefaso.net

