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CJP : Rapprocher la justice des plus pauvres

Publié le jeudi 1er octobre 2009 à 06h00min

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François De Sales BADO, Secrétaire National de la CJP

La Doctrine Sociale de l’Eglise Catholique fait de la Justice et de la Liberté des êtres humains des principes cardinaux. Sur le terrain, de nombreuses actions sont déployées afin que ces options fondamentales se traduisent par des actes concrets à même de construire des sociétés où règnent la paix et l’harmonie.

Au Burkina Faso, la Commission Episcopale « Justice et Paix » est active dans le domaine. Depuis 2007, elle conduit un projet de promotion de l’accès des populations démunies à la justice. Les résultats de ce projet ont été rendus publics le 28 septembre 2009. L’impact est bien réel car 512 dossiers ont pu être traités par le dispositif mis en place par la CJP entre 2007 et 2009.

Au Burkina Faso, par ignorance ou par pauvreté de nombreuses populations voient leurs droits les plus élémentaires remis en cause (droit à l’intégrité physique, psychologique et morale, droit à la vie, droit à l’éducation…). En cas de différend, par peur ou par totale méconnaissance des mécanismes de saisine des institutions juridiques appropriées, elles se rechignent souvent à subir des verdicts qui sont totalement en leur défaveur. De telles situations sont porteuses de dangers car la tentation à se venger est toujours présente. Il faut donc arriver à pacifier les relations sociales soit par le règlement à l’amiable des différents soit par leur règlement devant les instances appropriées.

Pour la mise en œuvre de son projet, la Commission Justice et Paix s’est particulièrement intéressée aux populations démunies des diocèses de Nouna, de Dédougou et de Ouahigouya, en entendant une éventuelle extension du projet aux autres localités du Burkina. Sur le terrain, la CJP a recours à des bénévoles appelés para juristes. Ils sont au nombre de 15 à raison de 05 par diocèse. Une fois recrutés, ces para juristes bénéficient de formations et de recyclage sur la législation en rapport avec leurs missions, les droits et devoirs du citoyen, notamment en matière de droits humains, la procédure, l’organisation et l’assistance judicaire, la prévention et la gestion des conflits. Ces formations sont assurées par des magistrats et d’autres professionnels du droit. La mission des para juristes est bien délimités. Selon le Secrétaire national de la CJP, François De Sales BADO, ils n’ont pas à jouer le rôle de magistrat ou d’auxiliaire de justice. Leur travail c’est de sensibiliser les populations, de leur donner des conseils sur les questions d’ordre juridique, de les orienter vers les systèmes formels ou alternatifs de règlement des conflits…

512 dossiers ont pu être traités par les para juristes depuis le lancement du projet. Les problèmes récurrents sont ceux des conflits fonciers, des coups et blessures volontaires et involontaires, des agressions et menaces de mort, des dégâts de champs liés à la divagation des animaux…Le travail des para juristes, on s’en doute ne se fait pas sans difficultés. Les principales sont rélatives à leur nombre limité par rapport aux diocèses, aux lenteurs administratives, à la corruption de certains agents publics… Pour la mise en œuvre de ce projet, la CJP bénéficie du soutien de CRS-Burkina et de Secours Catholique/ Caritas France. Depuis sa création en mai 2003, la CJP a mis en œuvre d’autres projets comme le projet de formation des responsables des institutions de l’Eglise Catholique en législation sociale et fiscale, le projet de contribution à la lutte contre l’exclusion sociale et les violences faites aux femmes accusées de sorcellerie…

Arsène Flavien BATIONO (bationoflavien@yahoo.fr) : Lefaso.net

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