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Burkina / Réseaux sociaux : « Un créateur de contenus peut toucher le million de FCFA par mois », Djamila Diallo

Publié le jeudi 6 juin 2024 à 21h38min

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Burkina / Réseaux sociaux :  « Un créateur de contenus peut toucher le million de FCFA par mois », Djamila Diallo

Les réseaux sociaux ne sont plus seulement des plateformes de divertissement, mais ils sont aussi des sources de revenus financiers. Cette nouvelle fonctionnalité des réseaux sociaux a donc fait naitre de nouveaux métiers tels que les créateurs de contenus. Ce nouveau métier séduit plusieurs jeunes Burkinabè qui arrivent à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de l’actrice mannequin et créatrice de contenus digitaux Djamila Diallo. Elle était dans les locaux de Lefaso.net pour mieux nous éclairer sur la question.

Lefaso.net : Qu’est-ce que la création de contenus ?

Djamila Diallo : Il faut savoir que la création de contenus ce n’est pas seulement prendre son téléphone et faire des vidéos sur différents angles ou faire de petites vidéos professionnelles. Il y en a qui font ça et c’est bien. Nous-même, ça nous arrive de procéder ainsi mais cela dépend maintenant de l’entreprise et de ce qu’elle demande. Créer un contenu, selon moi, c’est s’assoir faire des blagues et faire un placement de produit. Il faut savoir comment placer un produit et savoir ce qui va captiver les gens pour qu’ils regardent la vidéo jusqu’à la fin et surtout s’intéresser au produit. Donc ce n’est pas seulement tout ce qui est professionnel qui est création de contenus.

Vous définissez-vous comme influenceuse ou créatrice de contenus ?

Je m’identifie plus à une créatrice de contenus parce que je prends ma caméra, je m’assoie et j’imagine ce qui peut plaire à ma communauté et j’essaie de créer du contenu pour amener les gens à se détendre tout en regardant mes vidéos. Après, l’influence vient lorsque les gens commencent à s’identifier à toi et essaient de faire comme toi.

Mais moi personnellement, je me vois plus en créatrice de contenus qu’influenceuse. Et c’est la différence aussi que les gens n’arrivent pas à faire. Tu peux être un influenceur sans faire des vidéos. Tu peux être par exemple un footballeur et puis tu seras un influenceur car tu influences la vie des gens. Mais j’ai remarqué aussi qu’à travers mes contenus, j’arrive à influencer positivement certaines personnes qui veulent faire et être comme moi.

La création de contenus peut-elle être considérée comme un métier ?

La création de contenus est un métier qui nourrit son homme surtout quand on sait l’utiliser bien sûr. Aujourd’hui, moi Djamila Diallo, j’ai signé des contrats avec de grandes entreprises burkinabè et même à l’international. Je ne vous dirai pas combien j’ai eu par cachet mais ils sont lourds. Mais c’est parce que je sais utiliser mon image pour de bonnes causes.

Aujourd’hui, quand les gens voient une créatrice de contenus ou une influenceuse, ils se demandent qu’est-ce que la personne fait dans sa vie ? Laissez-moi vous dire qu’elle travaille, car s’assoir, imaginer et faire des vidéos est un travail qui peux prendre facilement cinq heures de temps. Réaliser une vidéo demande beaucoup d’efforts et d’énergie. Il y a des vidéos qui coutent très cher car il faut louer un studio, des vêtements et autres.

C’est un métier qui doit être reconnu. Et moi, c’est un SOS que je lance en demandant souvent aux gens d’encourager ces personnes au lieu de les démoraliser. Aujourd’hui, à travers les réseaux sociaux, on arrive à faire connaitre le Burkina Faso car tout le monde est sur internet. A travers ceux qui font des contenus pour représenter leurs pays, on arrive à connaitre le pays. Donc essayez d’encourager ces personnes au lieu de les démoraliser.

Est-ce que les réseaux sociaux vous paient pour vos contenus ?

Les vidéos sont payantes sur Facebook et YouTube mais il faut avoir la monétisation. Il faut avoir une communauté et une certaine notoriété. Il faut que les gens partent aimer et commenter pour que la vidéo atteigne un minimum d’interactions pour que YouTube puisse te payer. Sur TikTok, ce n’est pas vraiment payant car il faut la monétisation. Il faut avoir un compte qui n’est pas africain. Mais il y a certains qui arrivent à avoir un compte basé depuis l’Europe et ils sont payés ici.

Combien gagnez-vous en tant que créatrice de contenus ?

Je ne dirais pas exactement mais je dirai que ça va au-delà du million. Je signe des contrats annuels mais ces contrats sont payés par mois. Si tu veux que je fasse une vidéo sur une entreprise ou un produit, tu vas signer un contrat annuel ou trimestriel et je serai rémunérée par mois. Et par mois c’est vraiment le million. Imaginez-vous donc une personne qui signe cinq contrats dans le mois pour une durée de six mois ou d’une année et cette personne doit être payée par mois, ça fait des millions donc c’est très bien payé.

Et c’est parce que c’est un gros travail qui est fait derrière. Les gens n’arrivent pas à voir, mais les entreprises arrivent à voir parce qu’il y a de l’impact. Moi, mes vidéos touchent plus de 100 000 personnes. Donc faire une vidéo qui touche autant de personnes forcement parmi eux il y aura certains qui vont être intéressés par les produits. Donc en moyenne, nous pouvons dire que le créateur de contenus touche le million par mois.

Comment arrivez-vous à gérer la vie sur les réseaux sociaux et la vie réelle ?

Gérer la vie sur les réseaux sociaux et la vie réelle est un peu compliqué parce qu’il nous arrive souvent d’oublier que nous ne sommes pas dans la vraie vie et nous continuons de planer dans la vie des réseaux sociaux. Mais j’arrive à ne pas confondre les deux grâce à mon entourage qui me ramène tout le temps les pieds sur terre.

Il arrive des fois où des amies me disent que ce que j’ai posté n’est pas bon et qu’il faut que je supprime. J’ai donc un encadrement qui me permet de ne pas mélanger les deux vies. Nous on vous montre ce qu’on veut car tout ce que vous voyez, c’est parce qu’on a laissé faire voir sinon cela ne définit pas réellement qui nous sommes. Nous avons notre vie privée bien privée et préférons cela.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

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