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Arrondissement N° 7 de Ouagadougou : L’expropriation d’un terrain suscite des mécontents, le chef de l’Etat interpellé par des citoyens

Publié le mardi 21 mai 2024 à 21h00min

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Arrondissement N° 7 de Ouagadougou : L’expropriation d’un terrain suscite des mécontents, le chef de l’Etat interpellé par des citoyens

Organisé au sein d’une structure citoyenne, un groupe de jeunes a interpellé, par une conférence de presse qu’il a animée dans la soirée du samedi, 18 mai 2024 à Ouagadougou, le président de la transition, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, sur l’expropriation d’un terrain au quartier Bonheur-ville, dans l’arrondissement N°7. Une décision intervenue au cours du Conseil des ministres du 8 mai 2024.

Les conférenciers voient en cette expropriation, la manœuvre d’un groupe ayant usé de ses relations au sein du pouvoir pour léser une citoyenne qui a pourtant tous les titres et sans même l’en aviser.

« En effet, le gouvernement a, à travers le conseil des ministres en sa séance du mercredi 8 mai 2024, au titre du ministère de l’Économie, des Finances et de la Prospective, adopté un rapport relatif à un projet de décret déclarant d’utilité publique urgente, le projet de construction d’un établissement d’enseignement post-primaire et secondaire général à Bonheur-ville, au secteur 31 dans l’arrondissement 7 de la commune de Ouagadougou au profit du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales. L’adoption de ce décret permet l’expropriation dudit terrain pour cause d’utilité publique, en raison de manque et/ou une insuffisance d’infrastructures en vue de la construction d’un établissement post-primaire et secondaire général à Bonheur-ville », ont d’abord exposé les conférenciers de ce qu’ils qualifient de l’origine de la crise avant de s’adresser au chef de l’Etat.

Selon leur version, cette situation est « savamment orchestrée par un groupe d’individus dans l’intention de faire déposséder une honnête citoyenne de ses droits ».

Ici, au praësidium (conférenciers) avec Saïd Ouattara au micro

La promotrice du projet de construction dudit établissement a, poursuivent-ils, bénéficié d’un terrain en 2017, suite à une concession provisoire suivant un arrêté du ministère de l’Économie et des Finances sur la base d’un dossier pour la réalisation d’un complexe scolaire privé. « Après avoir accompli toutes les formalités administratives aussi bien auprès des autorités communales que centrales (tous les documents sont à notre possession), elle a été confrontée au refus de certains riverains de voir démarrer le chantier de construction. Les topographes et les maçons ont été menacés de mort et les premiers travaux, vandalisés. Organisé au sein d’un comité dit de veille citoyenne non reconnu aux desseins malsains, le même groupe d’individus, représenté par l’un des meneurs, en la personne de (nous tairons le nom), garde de sécurité pénitentiaire de fonction, a saisi la justice pour connaître de l’affaire. Mais au cours de la procédure, il a fini par se désister, comme le confirme l’extrait de jugement N°045 du mardi 13 février 2024 du tribunal administratif de Ouagadougou et il a été condamné aux dépens », déclarent-ils et accusant le meneur ci-haut cité d’avoir crée une association « pour poursuivre sa manœuvre malsaine en vue de salir » la transition.

« Mais nous restons sereins, la vérité jaillira et nous voulons que notre président bien aimé le sache. A la suite de l’autorisation de construire délivrée par la commune de Ouagadougou, le 23 octobre 2023, après paiement de frais à la BNSP, au CEFAC, à la DGAHC et à la mairie, elle a obtenu le 20 février 2024 l’autorisation pour la création du complexe scolaire délivrée par le gouverneur du Centre », déroulent les interlocuteurs, qui affirment que malgré ces autorisations accordées par les pouvoirs publics, ledit comité de veille citoyenne a continué à s’illustrer par des actions de sabotage du chantier, obligeant la promotrice à recourir aux forces de l’ordre. « Certains meneurs du comité dit de veille citoyenne, se vantant de leurs relations avec des membres du gouvernement, notamment le ministre de l’économie et des autres proches de notre digne président au sein même de la présidence, ont même prédit que le terrain sera retiré, quelle que soit la décision de justice. Et ils ne s’en cachaient pas. Nous avons les preuves à l’appui. Avec ce qui vient de se passer, faut-il croire qu’ils ont réussi leur pari ? Faut-il croire qu’ils ont fait jouer leurs relations pour que le dossier soit introduit en Conseil des ministres ? Faut-il croire qu’ils sont parvenus à induire en erreur leurs relations en tronquant la réalité des faits ? Existe-t-il des impropres qui veulent salir l’orientation révolutionnaire de la Transition ? Comment se fait-il qu’un dossier incomplet passe en Conseil des ministres pendant même que le propriétaire du terrain n’a aucunement été contacté préalablement ? », se sont-ils questionnés.

« Où est la vérité ? Cette dernière question, nous nous la posons d’autant plus que, contrairement à ce qui est ressorti du Conseil des ministres, le quartier Bonheur-ville dispose bel et bien d’un établissement public d’enseignement secondaire général, en l’occurrence, le CEG de Bonheur-ville. Constitué d’abord d’un bâtiment de trois classes, il a été agrandi récemment de deux autres bâtiments de trois classes sur un site de 26 641 m2. C’est dire donc qu’il y a encore de l’espace pour réaliser d’autres infrastructures scolaires publiques », juge le groupe, appelant le président à prendre à bras-le-corps la question pour faire jaillir la vérité.

Les conférenciers précisent que leur sortie se veut donc une lettre au président Ibrahim Traoré et une interpellation aux fauteurs de troubles à revenir à la dynamique véridique et sincère du président. « Nous ne voulons pas que les gens usent du pouvoir pour faire la force aux autres. C’est ce genre d’attitudes des à-côtés qui ont terni l’image et fait tomber des pouvoirs précédents. Nous ne voulons pas de ce genre d’attitudes sous ce pouvoir qui est le nôtre. (...). Monsieur le président, nous ne demandons qu’une seule chose, l’établissement de la vérité sur ce cafouillage et coup de force en cours de réalisation pendant que vous y êtes monsieur le président, ne permettez surtout pas qu’on utilise votre pouvoir à des fins inavouées. Nous ne voulons que la vérité, rien que la vérité. Nous avons foi à vous et espérons pouvoir vous atteindre à travers ces cris aux secours afin que nous puissions dormir en paix », ont-ils lancé.

O.L
Lefaso.net

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