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Concertation UEMOA-BCEAO-BOAD : Un programme pour atteindre les objectifs du millénaire

Publié le vendredi 6 février 2004 à 07h05min

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Les chefs d’institution de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) se sont retrouvés à Ouagadougou, jeudi 5 février 2004. L’objectif de cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des grandes orientations du Programme économique régional (PER).

Cela fait dix ans que la monnaie de l’UEMOA a été dévaluée selon les experts. Au cours de ces années, beaucoup d’acquis ont été préservés : une monnaie bien gérée et respectée, une union douanière en construction, un tarif extérieur en vigueur, des politiques sectorielles communes, une volonté politique réelle aujourd’hui, une inflation maîtrisée et une banque régionale de développement de premier ordre. En somme, estiment-ils, notre sous-région est respectée du fait des résultats obtenus depuis la décennie. Cependant, des défis énormes restent à relever. La pauvreté, la misère et les différentes pandémies restent toujours des maux qui ravagent les populations de l’Union.

Pour donc répondre aux attentes de ces peuples par des actions concrètes et structurantes, la mise en œuvre d’un programme économique régional (PER) demeure une urgente nécessité.

En effet, face à l’amplification des chocs exogènes et à la dégradation de l’environnement sociopolitique, la croissance économique de l’Union est selon les experts, retombée autour de 2,0% en moyenne par an et est en deçà du croît démographique estimé à 3%. Cette croissance est en retrait des performances permettant la réalisation des Objectifs du développement du millénaire (ODM) en 2015. Pourtant, l’a dit le président de la Commission de l’UEMOA, M. Soumaïla Cissé, les Etats membres de l’Union ont les moyens d’accélérer le processus d’intégration sous-régionale, gage du développement économique et seul cadre idéal pour contrer ces évolutions défavorables.

Que représentera le PER pour l’Union ?

Pour le président de l’UEMOA, impulser une dynamique nouvelle au processus d’intégration régionale est un agenda, une feuille de route édictée par les chefs d’Etat de l’Union lors de leur conférence tenue à Niamey en janvier 2004. Ainsi, la rencontre de Ouagadougou est un signal fort de soutien à cet agenda. Le programme économique régional qui sera mis en œuvre, se fonde alors sur le principe selon lequel l’accélération de l’intégration procurera des résultats économiques supérieurs à ceux qui seraient obtenus par la simple juxtaposition des performances individuelles des pays. Il permettra de créer les conditions macroéconomiques propices à une croissance forte et durable, tout en contribuant à accroître la capacité des Etats à financer les investissements publics. Le PER visera également à renforcer les actions dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des travaux publics à forte intensité de main d’œuvre, en vue d’améliorer les conditions de vie des populations.

Aussi, le programme économique régional contribuera à restaurer la transparence et la bonne gouvernance dans les opérations de l’Etat, ce qui permettrait une mobilisation accrue des ressources extérieures. D’un coût global de plus de 2 500 000 000 000 deux mille cinq cents milliards de francs CFA, il s’étend sur cinq ans et travaillera en synergie avec les autres organisations communautaires dont la CEDEAO, le NEPAD et le CILSS. Le PER interviendra dans quatre axes fondamentaux que sont le renforcement de la cohésion socioéconomique, l’émergence d’une économie régionale compétitive, l’édification d’un marché commun et le renforcement de la convergence des politiques économiques. Ce travail mobilisera des investissements provenant des budgets des Etats, des organes de l’UEMOA, des financements de la BOAD, du marché financier régional, des banques et des pays étrangers.

Cette rencontre de Ouagadougou revêt une grande importance en ce sens qu’elle doit aider entre autres, à la réalisation d’un taux de croissance annuel moyen du Produit intérieur brut (PIB) réel de plus de 7% sur une longue période pour les pays de l’Union et des objectifs internationaux de développement durable d’ici à 2015.

A. Verlaine KABORE
Sidwaya

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