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Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

Publié le lundi 26 février 2024 à 22h06min

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Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

À Ouagadougou, la capitale burkinabè, le marché de Larlé fait partie de ces petits marchés qui grouillent de monde à l’aube. C’est un autre monde. Un monde où le brouhaha des négociations, les rires des clients et les cris des conducteurs de tricycles se mêlent dans une symphonie chaotique… faisant oublier aux uns et aux autres l’existence de la RN2 et du danger encouru.

Tout le monde se cherche à Ouaga. Peu importe la manière. Et les injures ne manquent jamais. Vous aurez beau marmonner vos complaintes face au désordre, cela ne changera rien. Car, il y a aura toujours quelqu’un pour vous rappeler qu’ici “chacun cherche pour lui”

Pour qui connaît le marché de Larlé, l’ambiance est des plus électriques entre 3h et 5h du matin. Chaque jour, des centaines de femmes se lèvent aux aurores pour se rendre au marché, où des marchands de camions débordant de produits frais affluent des communes avoisinantes. C’est le marché avant l’heure. Le bitume se transforme en un véritable marché boursier. Wall Street prendrait bien des leçons de négociations avec ses dames, qui pour la plupart, n’ont pas fait les bancs.

Des mères de famille vont et viennent, s’affairent autour des étals de fruits et légumes entassés dans des paniers en osier. Hommes et femmes se pressent, chacun cherchant la meilleure affaire. Les enfants encore endormis sur le dos de leurs mères ou accrochés au bras de celles-ci sont désormais habitués au tintamarre de ces jours ordinaires.

Le soleil se fait désirer et tarde à poindre. Les tricycles sont chargés, les portes bagages des motos ne supportent plus le poids des marchandises. La moindre place dans le coffre des véhicules est précieuse. Il ne faut rien oublier après les achats. Les klaxons des usagers de la route se mêlent au brouhaha et aux ronronnements des engins. La chaussée est maintenant un espace partagé. Les motocyclistes zigzaguent entre les étals et les éventuels débordements de fruits et légumes écrasés. Mais le désordre des lieux fait oublier aux uns et aux autres un danger.

L’esprit perdu dans leurs affaires, les femmes ne prennent souvent pas conscience que leurs activités obstruent la route nationale n2. Les camions de marchandises, et autres engins abandonnés sur la chaussée rendent la circulation difficile, voire dangereuse, aux premières lueurs de l’astre royal.
Les automobilistes luttent parfois pour se frayer un chemin à travers la foule de piétons qui se pressent autour des étals de légumes, posés à même le sol, de part et d’autre du bitume.

Les étals sont si proches de la chaussée que le pire peut arriver d’un moment à l’autre. Que dire des petits commerces qui fleurissent autour de la gare routière de la compagnie de STAF ? Le trafic reste pénible malgré la présence des agents de la police municipale les matins et les soirs, à la descente, pour réguler la circulation. Les piétons doivent faire preuve d’une vigilance extrême pour éviter les collisions avec les véhicules et les motocyclistes.

Au-delà du marché de Larlé, les autorités doivent faire le ménage tout autour des gares routières qui phagocytent nos routes. Le sujet sur l’occupation des abords des routes sur moins de deux mètres de part et d’autre de la chaussée, par les commerces, doit être pris au sérieux. Où en est l’autorité avec le délai (1er novembre 2023) donné pour libérer l’emprise des voies routières d’au moins deux mètres de part et d’autre des chaussées ? L’Etat doit être ferme sur la question et ne pas flancher. Il faut étouffer l’anarchie. Nos routes ont besoin d’espace… pour respirer.

HFB
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Vos commentaires

  • Le 27 février à 06:07, par HUG En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

    On avait annoncer qu en novembre 2023 ces pratiques allaient.etre un.mauvais souvenir.Mais malheureusement ça.ne.pas été respecté.C est la.faute de la.france et les.valets locaux de.l.impérialisme qui sont responsables.Allons.seulement.Qui.vivra verra. Vous vpyez le drapeau russe.C est les wayiyan donc intouchable

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  • Le 27 février à 08:02, par changeons En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

    La décision de libérer l’espace public a été applaudie dans toutes les communes du Burkina, mais après le délai fatidique du 1er novembre 2023, tout est retombé dans les oubliettes. A part à la commune de Yako qui avait commencé l’application de cette décision, dans les autres communes, rien a bougé. L’occupation des voies publiques par les étals constitue une autre forme d’insécurité et l’Etat devrait être ferme sur ses décisions.

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  • Le 27 février à 08:08, par Maryse En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

    Merci pour cet article. Cette voie est presque totalement obstruée à certaines heures de la journée. C’est le même spectacle désolant et révoltant sur l’avenue 56, à hauteur de Sankaryaaré. De gros camions stationnement en toute impunité sur la chaussée à n’importe quelle heure ! Au vu et au su de la...Police municipale.
    Une anarchie indescriptible, dans l’indifférence totale des autorités. Beaucoup pensaient qu’avec le régime actuel, cette anarchie qui a traversé tant de régime, prendrait enfin fin. Dommage !
    On prend des Décrets pour dire de libérer les accotements de 2 mètres. On applaudit, et puis, plus rien après. Pas la moindre autorité pour faire appliquer des décisions aussi simples et salutaires. Rien que des faux discours de fermeté.
    Idem sur la Rue pavée, côté Nord de l’avenue 56.
    Gravas de chantiers sur la chaussée ! Stationnements anarchiques. Aucune "Autorité" n’est capable de mettre de l’ordre dans cette ville, en passe d’être la plus anarchique du monde.
    De grâce, il est temps que ça change, enfin !!

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    • Le 28 février à 09:18, par Kado En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

      C’est vraiment révoltant de voir un certain vendeur de clés de véhicules entre l’hôtel Royal et l’échangeur de l’Est, réparer les portières des voitures sur le goudron (SVP) en occupant la moitie de la route et rendant le passage très difficile a certaines heures au vu et au su de tous. Nos décrets ne sont que des tonneaux vides.
      Police municipale, que se passe-t-il ?

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  • Le 27 février à 08:27, par Alph@2025 En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

    Le problème dont il est question ici concerne tous les abords de tous les marchés de la ville de Ouagadougou, je dirai même du Burkina. Concernant le marché de Larlé qui a été victime d’un incendie récemment, je peux dire que les autorités ont manqué l’occasion de faire de la pédagogie. : Pourquoi ont-elles entrepris les travaux de reconstruction avant que les causes de l’incendie n’aient été élucidées, que les responsabilité soient situées et que les sanctions soient prises ? De cette façon, on reconstruis et on attend patiemment, mais inéluctablement le prochain incendie. Ceci dit, il faut impérativement libérer les voies, et cela ne concerne pas seulement les voies autour du marché de Larlé, mais toutes les voies. Il faut que le gouvernement crée pour cela une autorité car il s’agit d’un problème transversal qui concerne plusieurs ministères, et comme on a laissé faire pendant des années, la solution va également prendre des années, et demandera beaucoup de fermeté et de longs efforts de sensibilisation et d’explications : libérer les voies, cela veut aussi dire que l’occupation des voies pour les manifestations sociales obsèques, funérailles, baptêmes, mariages, et même cérémonies de l’état ne devra plus se faire. Les burkinabè mettront du temps à accepter cela, pourtant, c’est nécessaire. Il ne sera pas possible de moderniser la cité sans cela. Cela demandera du temps, mais si nous ne commençons pas demain, nous n’y arriverons pas.

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  • Le 27 février à 13:19, par jan jan En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

    Si ça concernait seulement le marché de Larle humm, ça concerne la majorité des marchés de Ouaga. Les acteurs de l’état ne veulent pas se "mouiller" avec ce problème, or il est nécessaire de le résoudre une bonne fois pour toute, de mettre des règles et veuillez à leurs applications. Les tenants du pouvoir ne veulent pas crever l’abcès de peur de perdre des"soutiens", ont ferme les yeux et c’est le Peuple qui souffre, allons seulement

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  • Le 28 février à 09:39, par Gwandba En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

    Il est impératif de mettre de l’ordre dans tout ce qui est désordre concernant nos villes.
    S’il faut créer d’autres espaces de sorte à permettre à ceux qui occupent les rues d’être dans un espace organisé.
    PS :
    A ceux qui demandent l’intrangigeance des autorités quand il s’agit de nos propres populations et se couchent comme des tapis de laine épaisses comme dirait l’autre, quand on est en face des merdeux d’impérialistes. Faudrait savoir ce que vous voulez enfin...
    C’est quoi vos projets ???

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  • Le 28 février à 11:24, par jan jan En réponse à : Marché de Larlé : Il faut libérer l’emprise de la route

    Il y a aussi une observation que j’aimerais faire dans cette rubrique. Je loge dans une cité située en face de Ouaga 2000 et située près de la "forêt qui jouxte Kossyam. Quand nous avons aménagé dans ce quartier, nous étions heureux car les espaces vides étaient nombreux, nous qui venions de Goughin un quartier peuplé, bruyant et populaire. Quand on prenait la large avenue à double voie pour aller en ville, tous les abords étaient vide, quand il y avait les manifestations politiques et autres à Ouaga 2000, on pouvait prendre les routes non goudronnées qui étaient parallèle à ce boulevard. Aujourd’hui tous ces abords vides sont remplis de "commerces informels " empêchant une circulation fluide des véhicules et engins à 2 roues quand il y a occupations officielles des doubles voies principales, il serait bon que l’Etat mettre de l’ordre dans ce domaine.

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