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Burkina / Rémunération des agents du public : « Nous ne parlons pas de remise à plat des salaires, nous parlons plutôt de réduction des écarts salariaux entre les travailleurs », selon Geoffroy Paré, premier responsable de la LCREAPE/BF

Publié le jeudi 22 février 2024 à 22h55min

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Burkina / Rémunération des agents du public : « Nous ne parlons pas de remise à plat des salaires, nous parlons plutôt de réduction des écarts salariaux entre les travailleurs », selon Geoffroy Paré, premier responsable de la LCREAPE/BF

La liste des associations qui luttent pour de meilleures conditions de travail et rémunération vient de s’agrandir, avec la naissance de la Ligue citoyenne pour une rémunération équitable des agents publics de l’Etat au Burkina Faso, en abrégé LCREAPE/BF. La nouvelle association a obtenu son récépissé en décembre 2023. Lefaso.net a rencontré le premier responsable de cette association, Geoffroy Paré, pour connaître ses combats en matière de rémunération des agents de la fonction publique et ce qu’elle propose comme solution. Lisez plutôt !

Lefaso.net : Présentez-nous votre association et quels sont ses objectifs…

Geoffroy Paré : Notre association est dénommée Ligue citoyenne pour une rémunération équitable des agents publics de l’Etat au Burkina Faso en abrégé LCREAPE/BF. Son siège se trouve à Ouagadougou, au Burkina Faso. Elle a été créée le 29 juillet 2023 à Ouagadougou. Elle a été reconnue officiellement le 28 décembre 2023 à travers le récépissé N° : N000001711801 du 12 décembre 2023. Comme l’indique son nom, elle regroupe des agents publics de l’Etat. Elle est apolitique et a pour objectif de contribuer à une rémunération équitable des agents publics de l’Etat.

Vous parlez de la remise à plat des salaires, que revendiquez-vous concrètement ?
Nous ne parlons pas de remise à plat des salaires, nous parlons plutôt de réduction des écarts salariaux entre les travailleurs de mêmes catégories et exerçant dans la même localité. Et s’il doit avoir des écarts en raison de la pénibilité ou du risque encouru par l’agent public, ces écarts ne doivent pas excéder 20% du salaire dans une même catégorie.

Qu’est-ce que vous reprochez à l’actuelle grille salariale ?

Il faut noter qu’il n’existe pas une grille salariale unique au Burkina Faso mais plutôt plusieurs grilles salariales (indiciaires et indemnitaires). Conséquence, on assiste à des écarts énormes dans le traitement des fonctionnaires de l’Etat de mêmes catégories servant dans la même localité, recrutés avec le même diplôme et le même nombre d’années de formation. Vous trouvez cela normal ? On a des emplois qui ont un salaire nettement supérieur à d’autres emplois de catégories supérieures dans la même fonction publique. Vous avez des emplois de catégorie B qui ont des salaires supérieurs à des emplois de catégorie A. Vous avez également des emplois de catégorie C qui ont des salaires supérieurs à des emplois de catégorie B, sans aucune raison valable. Cela n’est pas acceptable.

Est-ce que votre combat ne risque pas de diviser les fonctionnaires ?

Non, notre combat ne vise aucunement à diviser les fonctionnaires. Loin de là ! Nous n’avons pas pour objectif de réduire le salaire des autres fonctionnaires. Nous visons l’équité et l’amélioration des très faibles salaires pour éviter la très grande frustration créée et entretenue au sein de l’administration publique actuellement.

Est-ce que votre combat rencontre l’adhésion de tous les fonctionnaires du public ?

Jusqu’à ce jour, nous n’avons enregistré aucune opposition en ce qui concerne le traitement équitable de l’Etat parce que ses retombées bénéficieront à tous les fonctionnaires du Burkina Faso.

Que proposez-vous concrètement ?

Nous proposons en un, une harmonisation de la grille salariale au niveau des salaires de base, des indemnités et au niveau des primes, exceptées les primes relatives aux opérations de reconquête du territoire. L’autre proposition que nous faisons, c’est qu’en fonction de la pénibilité ou du risque lié à certains emplois, que les écarts de traitement n’excèdent pas 20% du salaire d’un emploi à un autre emploi de la même catégorie et servant dans la même zone. Les écarts de traitements salariaux, s’il doit y en avoir, devraient être compris dans la fourchette de 1 à 20 % du salaire dans une même catégorie en fonction de la pénibilité ou du risque encouru par le travailleur.

Votre mot de fin ?

Nous invitons tous les travailleurs de l’Etat à nous rejoindre pour une rémunération équitable et pour une amélioration des conditions de vie de tous, pour une fonction publique juste et équitable gage d’une cohésion sociale et d’un développement durable.

Interview réalisée par YZ
Lefaso.net

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