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Burkina/Pluviométrie : L’ANAM prévoit une situation globalement humide sur toute l’étendue du territoire burkinabè en 2023

Publié le dimanche 21 mai 2023 à 22h20min

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Burkina/Pluviométrie : L’ANAM prévoit une situation globalement humide sur toute l’étendue du territoire burkinabè en 2023

La saison pluvieuse va-t-elle commencer tôt et finir tard cette année ? Va-t-il beaucoup pleuvoir ? Y aura-t-il des poches de sécheresse et des inondations ? A ces questions que se posent notamment les producteurs et éleveurs burkinabè, l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) a des éléments de réponses. Selon ses prévisions, il est attendu pour la campagne agricole 2023 une situation globalement humide sur toute l’étendue du territoire burkinabè et un début normal à tardif de la saison des pluies. C’est ce qui ressort des résultats des prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques dont la restitution a été faite par l’agence, ce vendredi 19 mai 2023 à Ouagadougou.

« Les prévisions ne sont pas des prophéties, encore moins de la divination ou de la magie », prévient le directeur général de l’ANAM, Joël Zoungrana. Et l’ingénieur agro-météorologique, Grégoire Baki, d’expliquer que la prévision saisonnière consiste à prévoir sur 1 à 3 mois des paramètres météorologiques (température, précipitations), à l’échelle d’une zone. « Ces prévisions indiquent le scénario le plus probable parmi trois scénarios prédéfinis : au-dessus, proche ou en dessous de la normale. Ce qui donne pour les précipitations, le caractère « humide », « normal » ou « sec » », explique-t-il.

Vue partielle des participants

Cumuls pluviométriques normaux à tendance excédentaire

Dans sa présentation, Thomas Béré de l’ANAM a indiqué que durant la période juin-juillet-août, il est attendu des cumuls pluviométriques normaux à tendance excédentaire sur les parties du Sahel, du Centre-nord, du Nord, du Centre, de la Boucle du Mouhoun, et dans la partie nord des régions des Hauts-Bassins, du Centre-ouest et du Plateau-Central. « Durant la même période des cumuls pluviométriques inférieurs à la moyenne sont prévus dans les régions des Cascades, du Sud-ouest, Centre-sud, de l’Est alors que des cumuls pluviométriques proches de la moyenne sur les trente dernières années sont attendus sur le reste du pays ». Ces prévisions, foi de l’ANAM, n’excluent pas des possibilités des déficits.

Selon le directeur général de l’ANAM, les prévisions ne sont pas des prophéties

« Il peut arriver qu’on fasse des jours voire des semaines sans pluie »

Les prévisions concernent aussi les dates de démarrage de la saison pluvieuse. Si la saison s’installe tardivement, cela peut avoir des conséquences pour les agriculteurs et les éleveurs, reconnaît l’agence. « Sur l’ensemble du pays pratiquement, il est prévu des dates d’installation normales à tardives et il y a aussi des possibilités de séquences sèches. Cela veut dire qu’au cours de la saison pluvieuse, il peut arriver qu’on fasse des jours, voire des semaines sans pluie. Ces séquences sèches également peuvent avoir des durées moyennes à longues », relève le premier responsable de l’ANAM, Joël Zoungrana.

Thomas Béré a fait un rappel des prévisions de 2022 avant d’exposer sur les cumuls pluviométriques de 2023

Des dates de fin de saison normales à tardives

Pour ce qui concerne les dates de fin de saison, l’ingénieur agro-météorologique Grégoire Baki rappelle que le Burkina Faso a trois zones agro-climatiques : la zone sahélienne, la zone soudano sahélienne et la zone soudanienne. Pour les deux premières zones, sahélienne et soudano-sahélienne, il a été prévu des dates de fin de saison normales à tardives et pour la la zone la plus pluvieuse du pays, la zone soudanienne, ce sont des dates normales à précoces.

Par exemple, pour les dates de fin normale, elles vont du 11 au 20 septembre 2023 pour la zone sahélienne, du 21 septembre au 10 octobre dans la zone soudano-sahélienne et 11 au 25 octobre 2023 pour la zone soudanienne. Quant aux dates de fin tardive, les prévisions sont du 15 au 30 septembre pour la zone sahélienne, du 1er au 20 octobre pour la zone soudano-sahélienne.

Prévisions de fin moyenne avec une tendance tardive dans les zones sahélienne et soudano-sahélienne

Des écoulements supérieurs à équivalents aux moyennes de la période de référence

En ce qui concerne les prévisions saisonnières sur la situation hydrologique des principaux bassins fluviaux au Burkina, Soumaila Sakandé a indiqué qu’il est attendu des écoulements supérieurs à équivalents aux moyennes de la période de référence (1991-2020) pour le bassin du Niger. Selon Soumaïla Sakandé, des écoulements équivalents à supérieurs aux moyennes de la période de référence pourraient concerner le bassin du Mouhoun, de la Comoé et la majeure partie du Nakanbé. Il est enfin attendu des écoulements inférieurs à équivalents aux moyennes de la période de référence pour le bassin du Pendjari, un sous bassin de celui du Nakanbé partagé entre le Burkina Faso, le Bénin, le Togo et le Ghana.

L’ingénieur agro-météorologique, Grégoire Baki lors de sa présentation

Des outils d’aide à la décision

Selon le secrétaire général du ministère des Transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière, Jean Claude Zongo, l’élaboration et la diffusion d’information caractérisant la qualité de la saison des pluies avant que celle-ci ne démarre permettrait aux acteurs de faire des choix avisés optimaux pour aborder la saison. « Les prévisions saisonnières permettent d’améliorer la prévention des risques et de planifier la production en cas d’extrêmes climatiques, c’est un outil très stratégique d’aide à la décision pour le gouvernement et les autres acteurs du développement », a-t-il indiqué

Les participants n’ont pas été avares en questions durant les échanges

Recommandations pour réduire les risques d’inondations…

Les experts de l’ANAM, en concertation avec le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), les structures en charge de l’agriculture, de l’eau et les médias ont donc formulé des recommandations à l’endroit des producteurs et des décideurs.

Au regard des risques, les experts de l’ANAM ont formulé des recommandations à l’endroit des producteurs et des décideurs. Par exemple, pour prévenir les risques d’inondations pouvant occasionner des pertes de cultures, de récoltes, de biens matériels et des pertes en vies humaines, il est recommandé de renforcer la veille et les capacités d’intervention des agences en charge du suivi des inondations, de la réduction des risques de catastrophes et des aides humanitaires ; d’éviter l’occupation des zones inondables, de curer les caniveaux pour faciliter l’évacuation des eaux de pluie, de renforcer les digues de protection et assurer la maintenance des barrages et des infrastructures routières, de prévoir des sites d’accueil pour les populations exposées au sinistre, etc.

Selon le secrétaire général du ministère en charge des Transports, Jean Claude Zongo, les prévisions saisonnières sont des outils d’aide à la décision

…et de maladies

Au regard du risque de maladies (choléra malaria, dengue, bilharziose, etc.), il est notamment demander de disponibiliser les stocks de moustiquaires, d’antipaludéens, des produits de traitement de l’eau ; de sensibiliser et diffuser des informations d’alertes sur les maladies à germes climato-sensibles ; de prévenir les maladies en vaccinant les populations et les animaux, de renforcer la vigilance contre les maladies et les ravageurs des cultures ( Chenille légionnaire et autres insectes nuisibles).

En ce qui concerne les mesures de prévention contre les risques de sécheresse, l’ANAM recommande aux producteurs de diversifier les pratiques agricoles en promouvant l’irrigation et maraîchage, d’adopter des techniques culturales de conservation des eaux et des sols, de choisir les espèces et variétés de cultures tolérantes au déficit hydrique, etc.

Le Centre climatique régional AGRHYMET était représenté à l’atelier par le Dr Seydou Traoré

Des mises à jour prévues en juin et juillet

Selon le directeur général de l’ANAM, le temps est continu et dynamique, ces prévisions feront l’objet de mise à jour dans le mois de juin et en juillet. « Tout n’est pas fini et donc le contenu pourra être révisé en fonction des indicateurs parce que nous faisons les prévisions avec des indicateurs. Et ces indicateurs sont essentiellement les températures de surface des océans que nous utilisons. Donc il faut être à l’écoute parce que nous pouvons faire des mises à jour. », a-t-il indiqué.

Soumaila Sakandé a exposé sur les prévisions saisonnières sur la situation hydrologique des principaux bassins fluviaux

Rappelons que l’atelier de restitution s’est tenu moins d’un mois après l’organisation du forum des prévisions saisonnières pour la zone soudano-sahélienne (PRESASS-2023), du 24 au 28 avril 2023 à Niamey, au Niger, par le centre régional AGRHYMET (Agriculture-hydrologie-météorologie) et le centre africain pour les Applications de la météorologie au développement (ACMAD). D’ailleurs, le centre était représenté à l’atelier par l’expert agro-météorologue Dr Seydou Traoré. Il s’est félicité que le Burkina Faso soit le pays pilote de la mise en œuvre du projet INTRA-ACP-ClimSA. D’une durée de quatre années et porté par le centre régional AGRHYMET du CILSS, ce projet financé par l’Union européenne est mis en œuvre au Burkina par l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) qui va assurer sa mise en œuvre.

Fredo Bassolé
Lefaso.net

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