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Institut français de Bobo-Dioulasso : Réouverture de la médiathèque après sept mois d’inactivité

Publié le jeudi 11 mai 2023 à 19h53min

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Institut français de Bobo-Dioulasso : Réouverture de la médiathèque après sept mois d’inactivité

La médiathèque de l’Institut français de Bobo-Dioulasso reprend du service après près de sept mois d’inactivité. Ainsi, fermée depuis octobre 2022 pour cause de vandalisme, les activités de la médiathèque ont finalement repris, mais en mode minima. Ce qui ne permet pas de recevoir un grand nombre de visiteurs. C’est le constat fait dans la soirée du mercredi 10 mai 2023.

La médiathèque de l’Institut français de Bobo-Dioulasso a rouvert ses portes à ses abonnés depuis quelques temps déjà. Une réouverture en mode minima en attendant la mise en place complète de l’entrée principale du site. Pour l’instant, les visiteurs peuvent accéder au site par l’entrée du personnel qui fait face au gouvernorat de la région des Hauts-Bassins. Dans la soirée du mercredi 10 mai dernier, des journalistes ont été reçus dans les locaux pour échanger avec les premiers responsables des lieux.

Il est presque 16h30 lorsque nous arrivons à l’Institut français de Bobo-Dioulasso. Du côté de l’entrée principale, rien n’indiquait une réouverture des lieux même s’il y avait quelques deux motos au parking. Toutes les portes sont fermées de ce côté. « Il faut faire le tour maintenant, les gens entrent par la porte du personnel », nous renseigne le gérant du parking. Nous nous exécutons alors pour faire le tour. Effectivement à l’entrée du personnel, qui fait face au gouvernorat, il y a deux portiers, tous vêtus en jaune-noir. Après une vérification de notre identité et une fouille minutieuse, nous accédons enfin à l’institut.

Une vue de la médiathèque de l’Institut français de Bobo-Dioulasso

Et là, c’est un calme plat qui règne dans la cour. Nous rejoignons donc d’autres journalistes qui étaient déjà installés dans la cour et qui attendaient les responsables des lieux. Et très vite nous sommes accueillis par le chargé de communication, Sansan Judicaël Dolly et la directrice de l’institut, Delphine Calmettes. Des salutations d’usage et une brève présentation des journalistes et l’atmosphère est déjà détendue. C’est une directrice visiblement heureuse de la réouverture des lieux qui nous accueille. Sans protocole, elle explique les raisons qui ont prévalu à cette rencontre avec les journalistes.

A l’en croire, cette rencontre a pour objectif de porter à la connaissance des amoureux de la lecture, la réouverture de la médiathèque.
Avant tout autre commentaire, l’équipe nous permet de constater l’effectivité de cette réouverture à travers une visite des locaux. En effet, tout est fin prêt pour accueillir les abonnés qui ont manqué à ces salles et l’équipe est plus que dynamique à les accueillir à nouveau. Déjà, certains abonnés y étaient. Après le petit tour des salles, place aux échanges avec les journalistes. Ainsi, face aux hommes de médias, les conférenciers n’ont pas manqué d’exprimer leur joie de pouvoir reprendre leurs activités.

« Bien que la médiathèque soit ouverte, il faut souligner que les conditions d’accès ont un peu évolué », selon la directrice Delphine Calmettes

Bien que la médiathèque soit ouverte, il faut souligner que les conditions d’accès ont un peu évolué. Elles se sont adaptées en fonction de la situation. « En termes d’infrastructures, on a du réadapter un peu nos conditions d’accueil du public. C’est ce qui nous a amené dans un premier temps à relancer la médiathèque avec un accès réservé aux adhérents. Entre le mois d’octobre à février, nous avons eu beaucoup de manifestations à la fois de soutien et de frustration des gens de ne pas pouvoir accéder à la médiathèque. C’est pourquoi, on a opté pour cette première solution qui est l’étape intermédiaire pour revenir au fonctionnement normal », a expliqué la directrice Delphine Calmettes.

L’institut est désormais accessible par la porte du personnel, juste en face du gouvernorat. Et pour accéder à la médiathèque il suffit de montrer sa CNIB et sa carte d’adhérent à la porte. Le responsable de la médiathèque, Vincent Millogo, rappelle qu’avant, l’on pouvait entrer de manière spontanée à la médiathèque. Aujourd’hui, seuls les adhérents y ont droit. Tout en rappelant les tarifs d’adhésion, il a fait savoir que l’institut compte aujourd’hui environ 8000 personnes qui ont toujours des cartes d’adhésion valides. « A partir de trois ans jusqu’en classe de CM2, l’adhésion est 1500 FCFA pour l’année. De la 6e en classe de 4e, c’est 3500 FCFA, c’est également le même tarif pour les artistes et les enseignants. De la classe de 3e jusqu’à l’université, le tarif est de 4500 FCFA l’année et pour les adultes c’est 6000 FCFA. Nous avons les tarifs les plus bas de la sous-région », a confié le responsable de la médiathèque, Vincent Millogo.

Le responsable de la médiathèque, Vincent Millogo, rappelle les conditions d’accès à la médiathèque

Avant de poursuivre : « Les heures d’ouverture fonctionnent normalement. Seulement pour des raisons sécuritaires, il y a une petite condition qu’on a ajoutée. Nous ne devons pas accueillir plus de soixante personnes simultanément sur le site. C’est pour vraiment la sécurité des personnes et nous voulons nous conformer aux directives. L’entrée principale n’est pas encore rouverte, elle a besoin d’un peu de réparation et pour cela les gens rentrent du côté du personnel ».

La médiathèque met à la disposition des adhérents, plus de 20 000 documents en langue française sur tous supports et dans tous les domaines (livres, presses, magazines, DVD, CD, etc.). La bibliothèque numérique Culturethèque c’est aussi plus de 50 000 livres, films et revues consultables sans se déplacer. De nombreux journaux et magazines sont proposés à la consultation et au prêt. La médiathèque est répartie en quatre pôles : le pôle adulte, le pôle multimédia, le pôle jeunesse et le pôle études et propose aux adhérents des ordinateurs ainsi que des tablettes numériques avec un accès à internet. C’est aussi des casques de réalité virtuelle sont mis à la disposition du public adhérent.

Une étagère de livres dans la section adulte de la médiathèque

Selon les conférenciers, lors de la fermeture du site, les activités de l’institut se poursuivaient sur des sites de certains de ses partenaires. En effet, malgré le contexte difficile que traverse le pays, les activités culturelles se sont tenues sans interruption. Les acteurs culturels ont toujours montré qu’ils sont résilients. C’est cette résilience que l’Institut français veut accompagner en ouvrant ses portes à nouveau à des acteurs culturels. En plus d’accompagner les acteurs culturels dans l’organisation de leurs activités, l’institut a ouvert ses portes à certains artistes pour l’organisation de leurs évènements.

« Durant les trois derniers mois, nous avons pu relancer les résidences d’artistes. A l’institut, depuis des années, ce sont des évènements avec des concerts, de la danse, du cinéma, des débats, des activités de jeunesse, etc. Nous avons accompagné des artistes et une dizaine de danseurs ont été accueillis sur la scène de l’institut. Plusieurs festivals ont été accompagnés également par l’institut. Nous avons accompagné certains artistes et nous le ferons en fonction des projets qui vont nous convaincre », a laissé entendre la directrice Delphine Calmettes.

La section enfant de la médiathèque de l’Institut français de Bobo-Dioulasso

A plein régime, l’Institut français abrite plus de 200 évènements par an. Par ricochet, ce sont 1 000 artistes qui sont accompagnés chaque année dans toutes les disciplines. « Il n’était pas question de laisser tomber ces gens. Nous avons vraiment fait le maximum pour continuer à les accompagner à la mesure de ce que nous pouvions faire », a-t-elle souligné. Par ailleurs, elle souhaite que d’ici la rentrée prochaine, l’institut puisse fonctionner à plein régime afin de ne pas laisser tomber les acteurs culturels.
A l’issue des échanges, les journalistes ont eu droit à une présentation sur l’application Sway.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 11 mai 2023 à 21:47, par L’ignorant En réponse à : Institut français de Bobo-Dioulasso : Réouverture de la médiathèque après sept mois d’inactivité

    Enfin une excellente nouvelles pour les étudiants, les chercheurs et nous autres simples lecteurs ! Cette fermeture n’avait que trop duré. Merci à tous pour cette réouverture.

  • Le 12 mai 2023 à 08:52, par kwiliga En réponse à : Institut français de Bobo-Dioulasso : Réouverture de la médiathèque après sept mois d’inactivité

    "Entre le mois d’octobre à février, nous avons eu beaucoup de manifestations à la fois de soutien et de frustration...".
    Ah bon, mais où sont-ils donc, ces gens qui vous soutiennent.
    Ils se cachent ? Ils ont peur ?
    Bon, en tous cas, une belle leçon de tolérance et de résilience que vient de nous donner la France.
    Si c’est pour me traiter d"apatridevaletlocaldel’ipérialismeoccidental...", vous pouvez vous abstenir de me répondre, il y a bien longtemps que j’ai admis être un "apatridevaletlocaldel’ipérialismeoccidental..."

  • Le 12 mai 2023 à 08:53, par Faso ❤ Institut Français En réponse à : Institut français de Bobo-Dioulasso : Réouverture de la médiathèque après sept mois d’inactivité

    Excellente nouvelle.
    Vive la coopération avec la France qui soutient nos artistes.
    Stop les mensonges qui durent depuis 8 mois....

  • Le 12 mai 2023 à 08:59, par Citoyen En réponse à : Institut français de Bobo-Dioulasso : Réouverture de la médiathèque après sept mois d’inactivité

    Ah la France ! Elle ne s’avoue pas vaincue car elle sait que l’une des meilleures voies pour maintenir un être humain, c’est sa "colonisation culturelle" ! Dans les années 1970, nous avons assisté à des bagarres dans ces mêmes centres culturels par les gestionnaires français de l’époque humiliait les petits voltaiques pour juste un livre pour lequels certains se privaient de sommeil pour être premiers dans les rangs. A l’arrivée, si par malheur, l’enfant d’un expatrié est là pour le même livre, alors c’est peine perdue.. C’est lui qui est privilégié ! Dans 6 mois ou 1 an, ces français n’ont qu’à avoir le courage de publier des statistiques des fréquentations de leur médiateque et on verra bien !

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