LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “« L’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli. » Proverbe africain” 

CENOZO/Burkina : Une vingtaine de femmes journalistes initiées au journalisme de solution et sensible au genre

Publié le mardi 14 mars 2023 à 13h57min

PARTAGER :                          
CENOZO/Burkina : Une vingtaine de femmes journalistes initiées au journalisme de solution et sensible au genre

Dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase de son « program for West Africa Women journalists empowerment », la cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) a organisé une formation au profit des femmes journalistes du Burkina. L’ouverture de la formation a été donnée par le coordonnateur de la cellule, Arnaud Ouédraogo. C’était du 6 au 9 mars 2023 dans la capitale du Centre-ouest, Koudougou.

Elles étaient une vingtaine de femmes journalistes venues des différentes localités du Burkina à bénéficier de cette formation sur le journalisme de solution et le journalisme sensible au genre.

Ainsi, les deux premiers jours de la formation ont été consacrés au journalisme de solution. Un module assuré par la journaliste spécialiste des questions de santé/environnement, et en journalisme de solution de Radio Côte d’Ivoire, Marthe Akissi. Selon la spécialiste, le journalisme de solution, en abrégé « Sojo », est une approche journalistique visant à mettre en lumière la réponse à un problème donné que sur le problème donné lui-même. En clair, si l’on doit rédiger un article Sojo, l’on mettra l’accent sur la réponse qui a été trouvé pour résoudre ce problème, a-t-elle expliqué. Tout en soulignant que le contenu d’un article Sojo doit respecter quelques critères. « Ils sont au nombre de quatre : d’abord on commence à énoncer la réponse qu’on a découverte que, peut-être les gens ne savent pas. Ensuite, on a les preuves de cette réponse, parce que si cette réponse existe, c’est que les gens doivent l’avoir expérimentée. Par la suite, comment ces réponses fonctionnent. Donc, il faut aller vers l’initiateur ou l’initiatrice de cette réponse pour que, il ou elle vous explique la méthode, comment ça marche, les résultats et lui poser aussi toutes les questions possibles. Mais aussi interroger les bénéficiaires de cette réponse, c’est à dire les personnes qui l’ont déjà utilisée », a éclairé Marthe Akissi.

Marthe Akissi, journaliste spécialiste en santé/environnement et en journalisme de solution de Radio Côte d’Ivoire

Après la réponse et les preuves, viennent les éclairages. A la matière, la journaliste solutionneure fait savoir qu’à ce niveau, il s’agit d’avoir un avis extérieur sur cette réponse proposée. C’est-à-dire, interroger les experts indépendants qui n’ont rien à voir avec ceux qui ont proposé la réponse et bien évidemment en découle les limites. Lesquelles limites pour montrer que même si elle permet de résoudre un problème, il y aura des points à améliorer, parce qu’il n’y a pas de réponse miracle.

La nécessité de pratiquer ce genre journalistique, selon elle, c’est que le monde s’effondre avec le journalisme anxiogène et on se dit qu’on n’a que des problèmes, alors qu’on a aussi des solutions. C’est-à-dire, des réponses qui sont proposées par des groupes de personnes, des communautés et autres qu’il faut aussi mettre en avant. En somme, le Sojo vient équilibrer l’ordre dans le monde, c’est vrai qu’on ne nie pas les problèmes, mais des réponses sont également proposées et qui peuvent être dupliquées pour aider aussi d’autres communautés qui ont le même problème, à en croire la spécialiste.

Isabelle Otchoumare, spécialiste en genre et médias

D’autres précisions qu’elle a également tenu à indiquer, c’est que le Sojo n’est pas un journalisme de plaidoyer ou le journaliste s’érigerait en un membre de la société civile. Le journaliste solutionneur ne fait que présenter la réponse et c’est pour cela qu’on mise sur le détail et l’action. « Le détail, c’est pour parler des preuves de la réponse qui est proposée, tous les résultats qui sont liés à cette réponse, comment ça fonctionne et l’action pour dire qu’on va toujours vers les populations, et on rédige notre article sous forme de récits ou d’histoires », détaille-t-elle.

« Le genre n’est pas égal à la femme »

A la suite de l’initiation au Sojo, les deux derniers jours ont été consacrés au journalisme sensible au genre qui a été assurée par la spécialiste en genre et médias, Isabelle Otchoumare. Selon ses explications, le genre n’est pas égal à la femme, c’est plutôt un domaine transversal. C’est-à-dire, quel que soit le sujet, on peut l’intégrer et ce n’est pas un domaine à part entière Pour dire qu’on forme des journalistes spécialisés en genre, comme on est journaliste spécialiste en santé ou autre. « Cela veut dire que vous gardez votre domaine de spécialisation, mais en essayant d’intégrer le genre dans tout ce que vous faites, en pensant aux hommes et aux femmes et à tous les groupes de personnes vulnérables », a-t-elle noté.

Photos de famille des femmes journalistes venues des différentes localités du Burkina et des organisateurs

Le journalisme sensible au genre permet alors d’établir l’équilibre et vise l’égalité dans le traitement de l’information, parce que, c’est important de ne pas exclure des gens qui peuvent être des groupes de personnes vulnérables, discriminées, stigmatisées. « A chaque fois que vous devez traiter un sujet, il faut se demander qui ça intéresse. Et à titre d’exemple, si vous traitez un sujet sur les femmes, les hommes doivent pouvoir intervenir, mêmes s’ils ne sont pas directement concernés, mais ils peuvent intervenir en tant qu’spécialistes, ou en tant qu’experts et pareil pour tous les autres », a-t-elle laissé entendre.

Yvette Zongo
Lefaso.net

PARTAGER :                              
 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Safer internet Day : C’est ce 24 mai 2024