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Maraîchage au Burkina Faso : Une activité lucrative qui fait vivre des familles à Koubri

Publié le lundi 9 janvier 2023 à 22h20min

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Maraîchage au Burkina Faso : Une activité lucrative qui fait vivre des familles à Koubri

Au Burkina Faso, le maraîchage fait partie des travaux agricoles dont dépendent plusieurs personnes. A Koubri, une commune rurale de la région du Centre, cette activité est pratiquée par plusieurs jeunes grâce au barrage de la ville. Et il fait partie des activités lucratives de la commune.

Le soleil se lève à Koubri dans la matinée du 6 janvier 2023. Le vent de l’harmattan souffle sur la ville. La circulation est dense, chacun vaque à ses occupations. Au bord du barrage de la ville, Hubert Tiendrébéogo, un natif de Ziniaré, est déjà au travail. Vêtu d’un tee-shirt jaune-rouge et d’un pantalon vert foncé, monsieur Tiendrébéogo désherbe une partie de son champ avec sept autres personnes. L’inspiration semble être au rendez-vous. De loin, des sifflements et des chants sont entendus.

Hubert Tiendrébéogo fait partie des grands maraîchers de la ville de Koubri. Le quadragénaire a à son actif trois parcelles sur lesquelles il pratique le maraîchage. Dans son premier jardin, là où nous l’avons trouvé, le « spécialiste » des légumes cultive du piment, de l’aubergine, du chou, du poivron, du maïs et du tangelo. Les années antérieures, il cultivait l’oignon mais cette année, à cause de l’augmentation du prix de l’engrais, le jardinier a décidé de laisser tomber. Sur les autres parcelles, le maraîcher cultive de la tomate, du gombo etc.

Hubert Tiendrébéogo commence à semer à partir du 15 août pour espérer être dans le temps. Il cultive deux types de chou. « Le chou simple fait 70 jours avant la récolte et le chou solo fait 90 jours avant la récolte. La différence, c’est que le chou simple se gâte au bout de trois jours après la récolte alors que le chou solo peut faire 10 jours après la récolte avant de se gâter mais lui, il consomme plus d’engrais que le chou simple », explique notre interlocuteur.

Hubert Tiendrebeogo

L’aubergine et le poivron font 60 jours avant la récolte, selon le cultivateur. Quant au piment, il dure plus. Il faut au moins 120 jours avant la récolte, indique monsieur Tiendrébéogo. A l’entendre, le chou est plus rentable que les autres légumes.
« Ici je travaille sur une superficie d’environ un hectare et demi. Je travaille ici d’août à avril. Parce qu’en avril il n’y a plus d’eau, le barrage tarit. Du début des travaux jusqu’à la fin, je peux dépenser plus d’un million. Et aussi je paye cinq personnes avec lesquelles je travaille. Deux de mes enfants m’aident aussi. Eux je ne leur paye pas comme les autres mais je leur donne un peu d’argent », précise le jardinier.
Le maraîcher confie qu’à la fin des travaux il peut avoir plus d’un million comme bénéfices. « C’est parce que l’engrais est devenu cher sinon, avant, je pouvais engranger plus de deux millions de bénéfices », précise-t-il.

Grossiste, Awa Tiendrébéogo a fini de livrer les légumes à ses clientes. Elle est rentrée chez elle. Au moment où nous arrivions chez elle, la vendeuse de légumes était au téléphone pour lancer ses commandes du lendemain.

La grossiste a des clientes à Koubri, à Ouagadougou et en Côte d’Ivoire. Madame Tiendrébéogo est dans la vente de légumes depuis une dizaine années maintenant. Pour mieux ravitailler ses clientes, la commerçante se réveille tôt. « A 4h je vais chez les jardiniers pour acheter les légumes. Au plus tard à 6h je suis au marché pour livrer les produits aux détaillantes. Parfois je vais prendre les légumes dans la soirée pour pouvoir les livrer très tôt. Il y a des jours où je peux acheter 40 sacs d’aubergines, 30 sacs de courgettes. Quand j’ai beaucoup de commande de piments je peux prendre jusqu’à 70 sacs », a laissé entendre madame Tiendrébéogo.
La véritable difficulté que rencontre la jeune dame, c’est le non-paiement de crédits de certaines de ses clientes. Hormis cela, elle dit que grâce à son activité, elle se prend en charge et soutient sa famille.

Moussa Nana est originaire de Ziniaré. Après la saison hivernale, il se rend à Koubri pour aider les jardiniers à travailler. Le jeune homme quitte son village en octobre et y retourne en mai pour cultiver. Le travail d’aide-jardinier lui permet d’avoir un peu d’argent.
« Je travaille d’octobre à avril. Et je suis payé à 200 000 FCFA. Je profite aussi pour apprendre plus le travail de jardinage. D’ici quelques années, je vais essayer de travailler pour moi-même », dit-il.

Le cri de cœur

De son côté, Hubert Tiendrébéogo lance un cri de cœur à l’endroit des autorités : « actuellement j’achète le sac d’engrais à 30 000 FCFA. Or avant j’obtenais le même sac à 27 000 FCFA. Si le prix pouvait être revu à la baisse, cela allait vraiment atténuer nos souffrances. Car les dépenses sont trop nombreuses. Nous voulons aussi que le barrage soit réaménagé. Parce qu’il tarit vite maintenant alors qu’avant l’eau y était chaque moment », souhaite le jardinier.

Awa Tiendrébéogo elle aussi évoque la question de la cherté des intrants. Pour elle, l’augmentation des prix de l’engrais est l’une des causes de la cherté des légumes sur le marché.
Hubert Tiendrébéogo encourage la jeunesse à s’intéresser au jardinage car selon lui, c’est une activité qui permet d’être indépendant.

Ramata Diallo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 9 janvier 2023 à 17:32, par Alan En réponse à : Maraîchage au Burkina Faso : Une activité lucrative qui fait vivre des familles à Koubri

    Mais quelle déception. Voilà que j’attendais un article sérieux, mais il s’avère être un récit de science-fiction. Voyez la date de l’action : une date qui arrivera dans 12 mois !

  • Le 10 janvier 2023 à 21:45, par Renault HÉLIE En réponse à : Maraîchage au Burkina Faso : Une activité lucrative qui fait vivre des familles à Koubri

    Émouvant reportage sur le dur travail des petites gens... Du moins ceux qui n’ont pas rêvé dès 18 ans de leur future bureau climatisé.
    Si le monde était mieux fait, je pourrais acheter chaque semaine en France les bons produits de la famille Tiendrébéogo...
    J’aime beaucoup ces reportages sur les véritables classes laborieuses du BF.
    Madame, vous devriez nous composer un beau documentaire ! La belle Aïssa MAÏGA pourrait sûrement « donner un coup de pouce ».

    • Le 11 janvier 2023 à 16:02, par Gwandba En réponse à : Maraîchage au Burkina Faso : Une activité lucrative qui fait vivre des familles à Koubri

      @Renault HÉLIE

      Pour une fois, on peut lire un de vos poste sans de mépris. Sauf quelques saillis mais sans plus.

      Bravo agriculteurs, à la réalisatrice qui, par son travail montre autres choses que la guerre, le sang et les armes.
      Wend na réegué

      • Le 11 janvier 2023 à 22:09, par Renault HÉLIE En réponse à : Maraîchage au Burkina Faso : Une activité lucrative qui fait vivre des familles à Koubri

        @Gwandba
        Ah mais Gwandba, je trouve les burkinabè et les subsahariens en général plutôt « extra »... quand ils ne sont pas corrompus dans une vision bizarre du rôle des fonctionnaires, militaires et autres « zélites ».

        C’est là que je rejoins plutôt le regretté TS : lui avait bien compris que les vrais exploiteurs de votre pays sont les « carents » qui vivent de leur traitement étatique, ce qui concerne beaucoup, beaucoup de fonctionnaires et militaires.

        Remarquez qu’en France aussi on pourrait virer un bon quart des fonctionnaires « assis dans un bureau » en privilégiant les « fonctionnaires de front » comme les soignants, les chercheurs, les profs (spécialement les scientifiques), les pompiers, les policiers, etc. Par contre, le niveau de corruption en Afrique est infiniment pire qu’en France : essayez de négocier avec un gendarme d’autoroute en France, même avec un gros 4*4. Même au Maghreb, les flics et les douaniers sont hyper-corrompus : les touristes sont rarement touchés, mais ce sont les petites gens qui en souffrent, spécialement les commerçants et chauffeurs de taxis et camions.

        Il y a eu une belle pause dans la « petite corruption » entre 1982 et 1987 au Burkina, tout le monde le reconnait. Cette corruption a immédiatement reparu après un certain 15 octobre.

        Le petit peuple qui travaille dur au sud du Sahara mérite un grand respect... Les adorables reportages de Mme DIALLO mettent bien en valeur ce dur travail, il faut l’encourager.

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