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Système de santé au Burkina : « 36 mois d’arriérés de salaires et d’indemnités, ça suffit ! » crie le SYNTSHA

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Publié le lundi 19 décembre 2022 à 11h14min

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Système de santé au Burkina : « 36 mois d’arriérés de salaires et d’indemnités, ça suffit ! » crie le SYNTSHA

Dans une note du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) en date du 19 décembre 2022, le secrétaire général, Bernard Sanou, alerte sur la situation des agents de la santé. Le document dont Lefaso.net a obtenu copie est intitulé : « Note aux sections et militants concernant la violation du protocole d’accord et le refus du gouvernement de payer les arriérés de salaires et d’indemnités des agents de santé relevant de l’Agence Nationale de Gestion des Soins de santé Primaires (AGSP) ».

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A toute structure
A tout militant

Dans cette situation nationale complexe et ce contexte sanitaire précaire, le SYNSTHA salue les efforts des sections et des agents de santé qui donnent des soins aux populations souvent au péril de leur vie. Par la note du 21 novembre 2022 le SYNTSHA invitait les sections à s’impliquer dans le processus de détermination des points des gardes des agents de l’AGSP.

En rappel, c’est depuis 2020 que des agents de santé relevant de l’AGSP qui représentent plus de 80% des agents de santé du pays, trainent des arriérés de salaires et d’indemnités. A la fin décembre 2022 cela fera 36 mois d’arriérés. Pour payer ce passif d’arriérés, le gouvernement avait donné le premier trimestre 2022 comme délai de rigueur. Ce délai avait été repoussé à juin 2022 puis de nouveau à juillet 2022. Aucun de ces délais n’ayant été tenu, l’ultime délai de fin décembre 2022 est donné avec le lancement le 28 novembre à l’AGSP par le Ministre de la santé, de l’opération spéciale de traitement des dossiers des agents de l’AGSP ce qui avait suscité l’espoir chez les travailleurs. Le 16 décembre 2022, le Ministre de la santé nous informe que le délai de décembre ne sera pas tenu pour l’indemnité de garde. Et plus inquiétant il n’y a plus de délai. Profitant du contexte, le gouvernement abuse clairement de la patience des travailleurs et du SYNTSHA. Où sont donc passées les sommes destinées au paiement des salaires et indemnités des agents de l’AGSP depuis trois ans ?

Cette attitude du ministère est la même réservée aux autres points du protocole d’accord du 13 mars 2017. Pire, depuis un certain temps le ministère de la santé s’est lancé dans la violation du protocole et la remise en cause des engagements ; chose qui contribue à l’aggravation de la précarisation des soins. En plus de la précarisation des conditions de travail, de la prise en otage des carrières des agents, c’est maintenant l’asphyxie financière des soignants qui est en route dans ce ministère.

Dans sa lutte pour de meilleurs conditions de vie et de travail et pour des soins de qualité aux populations, le SYNSTHA ne peut accompagner le Ministère dans cette forfaiture. Tout en invitant les sections et les travailleurs à toujours poursuivre leurs efforts pour donner des soins aux populations malgré les conditions difficiles, le SYNSTHA les appelle à la mobilisation générale pour la mise en œuvre du protocole et pour faire face à la détérioration des conditions de vie et de travail.

Non à la précarisation des soins et des soignants !
Unis, mobilisés et déterminés, nous vaincrons !

Pour le Bureau National
Bernard SANON
Secrétaire Général

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Messages

  • Depuis quand y’a-t-il arriérés de salaires au Faso ?

    Passakziri

  • C’est juste et bien ’ormal de revendiquer.
    Mais c’est parce que le Burkina existe, est en sécurité, que nous pouvons travailler et faire du syndicalisme.
    Vos revendications sont bien fondées, mais au regard du contexte actuel, si vous ne faites pas preuve de réalisme dans vos approches, vous risquez de vous rendre impopulaires.
    Que chaque Burkinabè songe à mettre un peu d’eau dans son vin, cela va nous éviter un suicide collectif.

    • Mr bebeto, est ce que tu es au courant que le même gouvernement qui refuse de payer les arriérés des gardés des agents de L’AGSP a voté une loi pour Primer les fonctionnaires qui sont dans les zones dites rouges , pourtant dans ces zones rouges , la majorité des fonctionnaires (hormis les militaires) ont déserté les lieux et ont rejoint les zones vertes, , si le gouvernement arrivent toujours à payer les fonds communs du MINEFID qui est un budget lourd, ça serait injuste de dire qu’il n’ya pas l’argent pour payer les gardes des agents de santé, dans ce pays il existe des supers fonctionnaires et les autres .

  • Bonjour Bebeto
    Comme ton nom l’indique c’est parce que tu as hébètement mangé que tu conseilles la prudence à des travailleurs affamés.
    De quel contexte parles tu ?

  • Il y a des gens qui ont le haricot bien cuit et ils réclament maintenant le beurre de karité pour bien le manger.
    Prenez votre temps et attendez l’huile d’olive au lieu du beurre de karité.
    Le Burkina Faso est devenu un pays indiscipliné comme le dirait l’autre parce que les gens ont trop de droits mais aucun devoir.
    Qui vivra verra !

    • Bonjour ou bonsoir.
      J’ai lu avec intérêt votre réaction tout comme celles de vos prédécesseurs. Je constate avec amertume que le cri de cœur du SYNTSHA soit pris en mal. On dit souvent qu’avant tout jugement il faut prendre le temps d’avoir tous les éléments de clarification en sa possession. Je ne sais pas quelle profession vous exercez mais si dans votre entourage vous connaissez un agent de santé (parent, ami, voisin) essayer d’aborder la question avec ce dernier. Je pense que vous serez édifié et peut-être que votre opinion s’adoucira.
      Pour aller un peu dans les détails je vous apprend que les salaires du public sont à 60 ou à 70% constitués d’indemnités, alors imaginez un peu un agent qui fait 3 ans sans cela comment fait-il pour vivre dans un environnement où on assiste à une flambée des prix ? J’ajoute que bon nombre se voit bloqué dans leurs anciennes situations depuis pratiquement 4 ans sinon plus. Inutile de vous rappeler que dans certaines zones d’insécurité seules fonctionnent les structures de santé.
      Mettez vous un temps peu à la place de ces agents. Dites moi franchement quelle serait votre réaction ? Tout le monde est plus ou moins touché par les conséquences de cette crise sécuritaire : si ce n’est la vie chère, c’est la charge directe d’une ou plusieurs PDI ou bien les deux cas ; et l’agent de santé en fait partie. Pourquoi ce dernier ne jouit pas de tous ces droits salariaux alors que les autres ne rencontrent pas ces genres de problèmes ?
      Que Dieu bénisse le Faso et que vivement la paix tant souhaitée soit des nôtres.
      Fraternellement.

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