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Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

Publié le lundi 12 décembre 2022 à 23h25min

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Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

Pour son troisième « café politique » de l’année 2022, l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique, section du Burkina Faso (ARGA Burkina), et son partenaire, l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD), ont choisi de sonder l’état du Burkina, en lien avec sa loi fondamentale. « Quelle Constitution pour un Burkina nouveau ? » a donc été le thème retenu pour les échanges, vendredi, 9 décembre 2022 à Ouagadougou, et avec pour principaux communicateurs, le sociologue Dr Zakaria Soré et le juriste Dr Aboubacar Sango.

Que ce soit l’enseignant-chercheur à l’Université Joseph-Ki-Zerbo, Dr Zakaria Soré, ou l’enseignant-chercheur à l’Université Thomas-Sankara, Dr Aboubacar Sango, tous partagent l’opinion que les périodes de transition sont considérées comme des moments propices à la rédaction d’une nouvelle Constitution (la gestion du pouvoir étant perçue comme moins partisane et impulsée du bas vers le haut). Dès lors, la rédaction d’une Constitution est supposée prendre en compte les attentes populaires.

Les communications ont été suivies de nombreuses réactions des participants

Dr Soré pense qu’une « Constitution pour un Burkina nouveau » doit impliquer la capitalisation de l’histoire récente du pays, en saisissant les tares des Constitutions antérieures (des tares qui sont partagées par les Etats voisins et liées à l’influence de visions extérieures). La Constitution burkinabè a été inspirée par celle française, alors que les réalités ne sont pas les mêmes, soulève le sociologue. « On s’est laissé à un moment embarqué par une dynamique qui n’est en réalité pas celle de nos populations », situe Dr Soré, pour qui les Burkinabè ont donc écrit une Constitution pour être acceptés, avec à l’actif, un reniement de soi.

A titre illustratif, le sociologue note qu’au lieu de « Burkinabè », la Constitution accepte l’appellation « Burkinabé » (comme les Français appellent les habitants du Burkina). « Alors que nos parents, quand ils ont inventé le Burkina Faso, il était question de trouver un nom pour les habitants du Burkina Faso. Ils ont dit Burkinabè, pas Burkinabé. Dans notre Constitution, ce qui est grave, vous retrouvez ces deux orthographes. On ne sait pas qui on est réellement. Les parents ont pris le soin de dire que nous sommes Burkinabè ; le Burkinabè a un sens, qui veut dire Homme en langue peule, Homme intègre », interpelle le communicateur, avec en conclusion ici que les Burkinabè ne prennent pas au sérieux leur histoire et leurs réalités dans l’écriture de leur Constitution.

Dr Zakaria Soré

De l’amalgame « Burkinabè » et « Burkinabé » !

Toujours dans les absurdités, l’enseignant-chercheur note que le Code des personnes et de la famille dispose à son article 244 que « le versement d’une dot, soit en espèces, soit en nature, soit sous forme de prestations de service est illégal », alors que dans les réalités de la société burkinabè, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot et aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot ».

Il retient au finish qu’on codifie des choses qui sont contraires à la réalité nationale ; d’où la nécessité de ressortir de cette situation. C’est pourquoi, il pense que les vrais experts (acteurs) de la Constitution doivent être les populations (ce sont elles qui ont une vision du monde à défendre, il faut donc les consulter).

En résumé, Dr Zakaria Soré prône une Constitution ancrée dans l’histoire et la réalité des Burkinabè. Aussi doit-elle être sanctuarisée pour lui donner de la valeur et de l’autorité auprès de chacun, à commencer par les dirigeants eux-mêmes.
Le juriste Aboubacar Sango, lui, fait d’abord remarquer que la Constitution est un phénomène juridique qui est commun aux Etats. Elle a une portée symbolique et politique, poursuit-il, en précisant que symboliquement, et du point de vue externe, la Constitution montre le sérieux d’un Etat (la Constitution est au concert des nations, ce que le code vestimentaire est à certains évènements). « Ça fait sérieux, ça fait bien, quand un Etat est régi par une Constitution », affirme Dr Sango.
Du point de vue interne, l’adoption d’une Constitution vaut souvent changement de régime, dès lors qu’elle est adoptée par le pouvoir constituant originaire, rappelle le juriste.

Le représentant -pays de NIMD

« La Constitution marque, au plan politique, la volonté du refus de l’absolutisme de tout pouvoir discrétionnaire. Lorsqu’on décide d’adopter une Constitution, c’est qu’on veut rompre avec l’absolutisme. La Constitution, c’est aussi reconnaître que le pouvoir n’est pas sans limites ; donc le pouvoir doit être réparti entre les organes (dont les plus connus sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire) », soutient l’enseignant-chercheur.

Il indique que la Constitution peut également être sociale, lorsqu’elle embrasse surtout les règles relatives aux libertés publiques.

Dr Aboubacar Sango a ensuite relevé le fait que le Burkina a une histoire constitutionnelle mouvementée (le pays est à sa quatrième République et celle de 91, toujours en vigueur, a battu le record de longévité). « Ces Constitutions coïncident avec des crises politiques. A chaque fois qu’on a adopté une nouvelle Constitution, c’est qu’il y a eu un coup d’Etat. C’est peut-être cette habitude qui nous fait croire que comme nous avons fait une insurrection, nous devons avoir une nouvelle Constitution. Mais, la question qu’on peut se poser, c’est de savoir est-ce que les crises que nous avons connues de 2014 à aujourd’hui trouvent nécessairement leur origine dans la Constitution, pour qu’on s’interroge sur la nécessité de l’adoption d’une nouvelle Constitution ? », expose le communicateur, pour qui l’on n’a pas encore fini d’épuiser le potentiel de la Constitution de 91.

Les communications et échanges ont été modérés par l’expert-média, l’enseignant en journalisme, Moussa Sawadogo (au milieu) avec à sa gauche, Dr Zakaria Soré et Dr Aboubacar Sango (à sa droite)

Le régime parlementaire, à prospecter !

« L’instabilité que nous connaissons depuis 2014 ne trouve pas ses origines dans la Constitution. Mais, les crises peuvent être une opportunité pour améliorer la Constitution », tranche le juriste, qui note plus loin que la Constitution a des ressources pour résoudre les crises. La crise peut certes paraître comme une opportunité, mais n’implique pas une nouvelle Constitution ; on peut améliorer le contenu par une simple révision, argue-t-il.

Parmi les insuffisances à combler, l’encadrement des pouvoirs du chef de l’Etat. Le chef de l’Etat a des pouvoirs énormes, mais n’est aucunement responsable politiquement pendant sa gestion, décèle Aboubacar Sango.

C’est pourquoi, il pense qu’il faut réfléchir à un autre type de régime, notamment le régime parlementaire. Selon Dr Sango, même si l’on pourrait relever que le régime parlementaire a fait une expérience qui n’a pas marché sous la IIe République, il faut aussi admettre que l’on n’a pas suffisamment mené la réflexion sur l’origine de la crise qui a mis fin au régime parlementaire. De l’avis du communicateur, le régime parlementaire va résoudre plusieurs insuffisances à la fois, dont les velléités de votes ethniques.

Le médiateur de ARGA-Burkina, Boureima Ouédraogo, donne rendez-vous en 2023 pour les prochains "cafés politiques"

A l’issue de ce troisième « café politique », tant ARGA Burkina que son partenaire NIMD se disent satisfaits de la mobilisation que de l’appropriation de l’activité par les acteurs, les citoyens. « Notre ambition, c’est vraiment faire de ces espaces, des espaces multi-acteurs d’échanges et de dialogue. Dans ce sens-là, nous avons de réels motifs de satisfaction, au regard de ce qu’on a constaté depuis les premiers cafés », exprime le représentant-pays du NIMD, Cheickna Yaranangoré.

Engagé dans environ trente pays dans le monde pour le renforcement de la démocratie, la formation citoyenne et politique des jeunes et des femmes ainsi que des partis politiques, le NIMD croit aux vertus du dialogue (qu’il considère comme le commencement de la démocratie). « Autrement, la démocratie commence par le dialogue. C’est cela que nous voulons lancer au Burkina Faso, de sorte qu’on puisse avoir une démocratie qui est, au final, au service des citoyens », présente M. Yaranangoré.

Le NIMD, qui a ouvert ses portes au Burkina en 2020, intervient à Ouagadougou, avec des projets dans des villes comme Diébougou, Tenkodogo, Koudougou, Manga, etc. « Nous travaillons généralement avec des partenaires locaux, tels que ARGA Burkina, la CBDF (Coalition burkinabè pour les droits de la femme), le Balai citoyen, l’Association des blogueurs du Burkina. Nous sommes un peu dans une posture de co-constrcution des activités du programme avec les citoyens du pays (nous sommes, nous-mêmes, citoyens de ce pays ; on s’est dit qu’on ne viendra pas imposer les choses, c’est ensemble qu’on construit pour pouvoir atteindre l’objectif) », décline le représentant pays du NIMD, Cheickna Yaranangoré.

O.L.O
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 12 décembre 2022 à 21:58, par Le citoyen du Burkina En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    Très grand MERCI Dr SORE, votre analyse est très pertinente. J’ai pitié pour ce pays. C’est ce paradoxe qui fait qu’au même moment où on parle de lutte contre la corruption, on décore des gens qui ont des problèmes de mauvaise gestion des deniers publics. Effectivement Dr SORE, c’est le comble des absurdités.

  • Le 12 décembre 2022 à 23:41, par Joe En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    Propos très véridiques, c’est à croire que nous sommes incapables de réfléchir, pourtant on a des têtes bien pleines à l’image de Docteur SORE Zakaria. Après c’est pour venir accuser les autres.

  • Le 13 décembre 2022 à 01:33, par Monica En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    Il faudra éviter de confondre les cultures et generaliser certaines. Au pays samo, la dote est toujours symbolique. Moi ne suis pas mécontente, ni malheureuse d’être mariée sans dot.

    • Le 13 décembre 2022 à 13:13, par jan jan En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

      At Monica, bien parlé, il y a combien de couple au Burkina Faso qui sont mariés civilement et religieusement sans la DOT ? Many comme dit l’anglophone. Sans oublier que la dot au Burkina varie d’une ethnie à l’autre, chez certain, c’est un sac de sel, quelques noix de colas et 10.000F qui n’est pas obligatoire, mais que l’on ajoute pour contenter les anciens vue que aujourd’hui, ils ont appris à palper les billets de banques de nos faux politiciens qui viennent les corrompre au village. Dans d’autres régions telle que chez les Dagara la dot est plus cher, mais j’aurai appris que pour détourner le cout élevé de cette dot, le prétendant pays un peut et promet de venir payer le reste et la belle famille comprend. Si on était en INDE, Dr Zakaria Soré, j’aurai compris que vous parlez du problème de la dote, là-bas on ne blague pas avec ca pourtant la loi interdit cette pratique. En plus, ce sont les familles des futures épouses qui payent la dot et non celles des futurs époux. La dot dans ce pays est très élevée et ruine les familles, on brûle des femmes parce que sa famille n’a pas pu payer toute la dot, quand une femme indienne est enceinte, elle fait une échographie assez tôt pour voir si le foetus est de sexe masculin ou féminin, si c’est une fille, la future mère se fait avorter, le gouvernement a dû prendre des décrets pour endiguer ce phénomène, alors les bébés filles sont abandonnées dans les rues ou tuées par leurs propre parents. Pleins d’orphelinats pour bébé féminins ont été crées en Inde pour éviter le meurtre de ces bébés de sexe féminin. Ca c’est un VRAI problème de société en Inde où l’on voit que la loi et la réalité sociale sont carrément en déphasage, mais pas au Burkina Faso Dr Soré.

  • Le 13 décembre 2022 à 09:35, par Kidrh En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    Oui Professeur nos lois sont faites pour plaire à l’extérieur. S’agissant du code de la famille outre l’interdiction de dot ,que même le législateur et les magistrats ne respectent pas il faut ajouter le fait que le code dit ne reconnaître que le mariage à la mairie. Aucune famille au Burkina ne s’en tient qu’au mariage de leurs filles à la mairie. Elles exigent tous en plus : le PPS ( mariage selon nos cotumes)- le mariage religieux-
    Au Sénégal comme au Niger , comme avant notre code de la famille , si on opte pour un mariage religieux l’autorité d’état civil vous délivre un acte de mariage sur présentation
    de celui délivré par la mosquée, le temple ou l’église.

  • Le 13 décembre 2022 à 10:54, par Kem En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    L’article a mis en avant la dot liée au mariage.
    La constitution actuelle évite le marchandage des femmes qui permet au vieux riche de prendre pour épouse une jeune et belle jeune fille.
    Mes sœurs réfléchissez sur ce qui est souhaitable si l’égalité des droits est une priorité.

  • Le 13 décembre 2022 à 10:57, par SANOU En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    Y a t’il un problème lié à la dot ? Dans mon groupe ethnique Bobo madare, la dot est symbolique, un peu de dolo, une poule, un coq. Autre chose c’est du racket. L’essentiel c’est l’entente dans le couple

  • Le 13 décembre 2022 à 15:33, par y En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    Les dots ou PPS sont interdits sur toutes ses formes. L’humain ne doit être échangé contre quoi que ce soit. C’est aussi l’égalité entre homme et femme, à moins qu’on va aussi faire les dots ou PPS pardon RPS(Rao Pou Som) des hommes.

  • Le 14 décembre 2022 à 08:11, par Mechtilde Guirma En réponse à : Interdiction de la dot : Pourtant, « aucune femme ne va accepter le mariage sans dot, aucun homme ne peut obtenir sa femme sans dot » (Dr Zakaria Soré)

    Rapidement voilà les remarques que j’ai relevées :

    1) Tous partagent l’opinion que les périodes de transition sont considérées comme des moments propices à la rédaction d’une nouvelle Constitution. Dès lors, la rédaction d’une Constitution est supposée prendre en compte les attentes populaires.
    -  très bien, parfaitement d’accord.
    2) La gestion du pouvoir » étant perçue comme moins partisane et impulsée du bas vers le haut.
    -  Ça je reste très dubitative. Le retour en force du Sankarisme et les cris : Rissi, Rissi, n’ont rien de rassurant. Plus d’un mauvais souvenir resurgissent. Je ne comprends pas pourquoi on continue de se voiler les fac.
    3) Constitution pour un Burkina nouveau » doit impliquer la capitalisation de l’histoire récente du pays, en saisissant les tares des Constitutions antérieures (des tares qui sont partagées par les Etats voisins et liées à l’influence de visions extérieures
    - Cette affirmation est en contradiction avec ce que vous dites plus haut. Nous recommençons exactement les mêmes erreurs avec le retour de ce sankarisme en force.
    4) Mais, la question qu’on peut se poser, c’est celle de savoir est-ce que les crises que nous avons connues de 2014 à aujourd’hui trouvent nécessairement leur origine dans la Constitution, pour qu’on s’interroge sur la nécessité de l’adoption d’une nouvelle Constitution ? », expose le communicateur, pour qui l’on n’a pas encore fini d’épuiser le potentiel de la Constitution de 91.

    - Là vous avez raison, parce que la crise de 2014, résulte des velléités des ambitions (elles étaient nombreuses). Elle a d’ailleurs commencé en 1991, parce que chacun de ceux qui convoitaient le pouvoir n’avait pas intérêt à garder la deuxième chambre malgré les recommandations du Collège des Sages

    5) « On s’est laissé à un moment embarqué par une dynamique qui n’est en réalité pas celle de nos populations », situe Dr Soré, pour qui les Burkinabè ont donc écrit une Constitution pour être acceptés, avec à l’actif, un reniement de soi.

    -Bravo Docteur Soré, vous avez parfaitement mis le doigt là où le bât blesse. Et je vous l’expliquerai plus loin.

    6) La Constitution, c’est aussi reconnaître que le pouvoir n’est pas sans limites ; donc le pouvoir doit être réparti entre les organes (dont les plus connus sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire) », soutient l’enseignant-chercheur.

    - Oui c’est précisément là qu’il faut insister surtout le législatif. Et vous faites bien de souligner que c’est aussi reconnaître que le pouvoir n’est pas sans limites. Parlons du législatif précisément, je l’ai expliqué maintes et maintes fois. Recommençons : Nous avons un système monocaméral. Mais ce ne sont pas les représentants du Peuple qui y sont, contrairement à ce qui est confessé et péroré. C’est la chambre des députés du parti qui est au pouvoir après avoir bourré les urnes et avec force corruption. Avez-vous déjà entendu parler de tripatouillage de la constitution pour qu’un président reste au pouvoir ? Pour que les histoires de gré à gré se poursuivent ? Pour que le clientélisme, le népotisme etc. De quoi on discute dans cette chambre là ? Mais le pouvoir judiciaire y met de sa partition en livrant une justice en flagrant délit et contre le droit de l’homme et des Peuples en spoliant les clients et tout ce que vous voulez ? Qu’est que cela a à voir avec les populations qui veulent éduquer leurs enfants, de population de communion avec des groupes qui leur légifèrent aux fins de les chasser de leur terre, en supprimant les mariages religieux et coutumier et les lieux de cultes ? Quitte à se faire aider par des terroristes ?
    Je disais plus haut au Dr. Soré que j’allais étayer sa réflexion sur le reniement de notre être avec une constitution qui n’est pas celle de la population :
    D’abord, moi je dirais que la prochaine fois que vous parlerez de notre constitution en affirmant qu’elle aurait déjà tous les éléments constitutifs qui nous permettraient de la reformuler sans nécessairement la changer, je répète ce que j’avais dit il y a de cela près de dix ans, et même tout dernièrement en 2021. Il faudrait d’abord préciser que la Constitution a deux volets : l’Esprit, et la Lettre. La lettre c ‘est le préambule et tout ce qui suit et dit. Tout y est : les droits des hommes des femmes droit à la vie, à la propriété privé, au mariage, droit des religions etc. et tous cela a force obligatoire, irréfragable.. Cela, c’est dans le mental d’un Peuple. La mentalité. Bien, quid de l’esprit ? Cela veut dire que les comportements sont tout autre (d’ailleurs il me semble que le Président Ibrahim Traoré a insisté sur cette aspect de la question). Les célébrations religieuses et coutumières sont supprimées, donc les mariages religieux. À l’Ersatz, et les gens ne le savent pas, le mariage homosexuel est permis et par cette clause subtile : « le mariage selon le couple est reconnu comme seule forme de validité ». C’est une bataille arrachée de haute lutte en septembre 1994 et contre le Saint Père (à l’époque Jean-Paul II) et les pays Arabes qui ont refusé cette formule en faveur de cette autre : Père, Mère, enfant, d’où la ruse plus tard des mères porteuses et des adoptions. La propriété privée fut détruite au profit des oligarques. Et n’est-ce pas la destruction totale du culte des Saints et des Ancêtres par le système LGBT ! Va-t-on vers la suppression des religions et du système coutumier. En fait notre économie est dirigé par le droit civile Occidental comme nous le fait remarquer le Docteur Soré
    Encore une chose que j’ajoute, en ce qui concerne le droit des femmes, croyez-moi, le système coutumier ni les religions ne sont pas novices. Tout au contraire ils s’y connaissent et le mieux possible.

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