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Burkina : 4,9 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires

Publié le vendredi 21 octobre 2022 à 13h59min

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Burkina : 4,9 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires

4,9 millions de personnes au Burkina Faso ont besoin d’une aide d’urgence. C’est en substance le bilan dressé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). En fin de mission, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, Martin Griffiths affirme qu’une aide alimentaire a été apportée à 1,8 million de personnes au Burkina Faso, par les Nations-Unies et ses partenaires. Leurs actions selon Martin Griffiths, ont aussi permis à 740 000 personnes d’accéder à des soins de santé dans des zones où les établissements sanitaires ont fermé et les fournitures médicales font défaut.

Déclaration de fin de mission du Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA)

Je viens d’achever une courte mission au Burkina Faso. Ce que j’ai vu et entendu m’a laissé une profonde impression.

C’est un moment critique pour le Burkina Faso.

Tout d’abord, les besoins humanitaires augmentent rapidement. Un quart de la population, soit quelque 4,9 millions de personnes, a besoin d’une aide d’urgence, soit 40 % de plus qu’au début de l’année. Un Burkinabé sur dix est déplacé de chez lui par des conflits dévastateurs et des chocs climatiques.

Ensuite, l’insécurité croissante et les blocus dans de nombreuses régions ont laissé les communautés coupées du reste du pays et confrontées à une faim croissante. Les travailleurs humanitaires ont du mal à atteindre ces personnes qui ont besoin d’aide.

Et troisièmement, le montant de l’aide humanitaire disponible est tout simplement insuffisant. Pour fournir une aide vitale à ceux qui en ont besoin avec le niveau de dignité et de respect que tout être humain mérite, nous avons besoin de toute urgence de ressources supplémentaires. Notre plan d’intervention de 805 millions de dollars US au Burkina Faso est financé à moins d’un tiers.

Ce matin, j’ai rencontré des personnes, des déplacés et des communautés d’accueil, à Djibo, une ville du nord du Burkina Faso. J’ai parlé avec des femmes et des enfants qui ne mangent que des feuilles et du sel depuis des semaines. La situation est si mauvaise que les femmes risquent leur vie en traversant les lignes de contrôle la nuit à la recherche de nourriture.

J’ai parlé avec des dirigeants communautaires qui ont exhorté les responsables à ouvrir les routes pour que la nourriture, l’eau et les médicaments vitaux leur parviennent, afin de sauver des vies. Il existe des initiatives pacifiques pour trouver des solutions et il y a encore de l’espoir. Le peuple de Djibo mérite notre respect, notre admiration et beaucoup plus de soutien en cette heure de grand besoin.

Il était important pour moi de rencontrer le nouveau président de transition, Ibrahim Traoré, et nous avons discuté de ces points en détail. J’ai souligné la nécessité de protéger les civils, y compris ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas quitter les zones d’opérations militaires. J’ai également réitéré la responsabilité des autorités nationales de créer un environnement propice aux opérations humanitaires et de permettre l’accès humanitaire, afin que nous puissions atteindre tous les Burkinabés dans le besoin, partout dans le pays.

Malgré ces défis, l’action humanitaire fait la différence au Burkina Faso. Au cours des neuf premiers mois de cette année, les Nations Unies et nos partenaires humanitaires ont apporté une aide alimentaire à 1,8 million de personnes et ont permis à 740 000 personnes d’accéder à des soins de santé dans des zones où les établissements de santé ont fermé et où les fournitures médicales font défaut. Nous avons également fourni un accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement à 550 000 personnes et un soutien nutritionnel à 421 000 enfants et nouvelles mères ou femmes enceintes.

Depuis le début de l’année, les donateurs humanitaires ont généreusement acheminé environ 100 millions de dollars US par le biais du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies, pour le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Ce financement nous a permis de répondre aux déplacements de population, à la sécheresse, aux risques de famine et à la malnutrition. Un autre montant de 33 millions de dollars a été acheminé par le biais du Fonds commun humanitaire régional, ce qui nous permet de mieux soutenir les programmes menés par les communautés locales. Toutefois, des ressources bien plus importantes sont nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires qui frappent la région.

La crise qui se déroule dans certaines parties du Burkina Faso est emblématique de la crise plus large du Sahel central, qui comprend les régions frontalières du Mali et du Niger. Le Sahel est aujourd’hui confronté à des niveaux sans précédent de violence armée et d’insécurité. Cette année, plus de 30 millions de Sahéliens ont besoin d’assistance et de protection, soit près de 2 millions de plus que l’année dernière.

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