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Enseignement supérieur au Burkina Faso : Seulement deux femmes ont atteint le grade de professeur titulaire en sciences et techniques en 2022

Publié le jeudi 20 octobre 2022 à 14h15min

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Enseignement supérieur au Burkina Faso : Seulement deux femmes ont atteint le grade de professeur titulaire en sciences et techniques en 2022

Un panel axé sur « femmes, sciences fondamentales et développement du Burkina Faso » s’est tenu dans l’après-midi du 19 octobre 2022, dans la salle des Actes de l’université Joseph Ki-Zerbo. Organisé par le collège sciences et technologies de l’Académie nationale des sciences, des arts et des lettres du Burkina Faso (ANSAL-BF), ce panel s’inscrit dans le cadre de la célébration de l’année internationale 2022 dédiée aux sciences fondamentales pour le développement lancée le 8 juillet 2022 par l’UNESCO et qui se poursuivra jusqu’au 6 octobre 2023.

La tradition a été respectée. Pour cette année 2022, le Collège sciences fondamentales de l’Académie nationale des sciences, des arts et des lettres du Burkina Faso (ANSAL-BF) a sélectionné deux activités à mettre en œuvre. L’une des activités est le présent panel porté par Yvonne Bonzi, professeur de chimie à l’université Joseph Ki-Zerbo. Cette rencontre se tient dans le cadre de la célébration de l’année internationale 2022 dédiée aux sciences fondamentales pour le développement.

En ce jour d’honneur envers la science et surtout la moitié du ciel, le président du collège sciences et technologies de l’ANSAL-BF, le Pr Moussa Ouattara, a souhaité la bienvenue aux participants, avant de faire l’état des lieux de la représentativité féminine dans les niveaux d’études universitaires et de profession dans les carrières scientifiques sur la base des statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur. Il en ressort qu’en 2021, le personnel enseignant des instituts d’enseignement supérieur et de recherche, publiques et privées, compte 652 enseignantes tous grades confondus sur un effectif de 7 475 dont seulement 31 professeurs titulaires sur un total de 384.

Le président du collège sciences et technologies de l’ANSAL-BF, le Pr Moussa Ouattara, a invité les participantes à prêter une oreille attentive aux panelistes

En sciences et techniques, Pr Ouattara a révélé que seulement deux femmes ont atteint le grade de professeur titulaire en 2022. La situation est également peu reluisante pour le monde de la recherche. Pour un total de 902 chercheurs, seules 198 sont des femmes. La situation n’est pas non plus prometteuse pour le futur car sur 119 nouveaux docteurs recrutés en 2022 pour les universités publiques, seulement une quinzaine de femmes est recensées sur la liste.

Partant de ce triste constat, le collège sciences et techniques de l’ANSAL-BF rattachée à la présidence du Faso en 2015, veut contribuer à la valorisation des femmes en sciences fondamentales et à la promotion de la culture scientifique des filles. Toute chose qui permettra de renforcer la contribution de tous au développement du Burkina Faso. C’est ce qui justifie la tenue de ce panel dont le but ultime est de partager les expériences et voir ensemble comment l’académie peut accompagner pour une forte attractivité des filles et des femmes pour les disciplines scientifiques.

La cible principale du panel

Galvaniser les filles...

S’adressant à la gent féminine, Pr Bonzi/Coulibaly a déclaré qu’il est possible d’embrasser le domaine scientifique au même titre que les hommes. « Quand on dit science, c’est surtout la curiosité. Donc, on doit pouvoir aimer la curiosité. Une femme aussi, c’est l’expérimentation. A partir du moment où nous savons faire la cuisine, laver, et faire des bébés, nous devons en principe la (la science) comprendre plus facilement que les hommes. Donc, c’est possible », a-t-elle affirmé avec conviction. Toutefois, il faut s’animer de courage pour dépasser les débuts qui sont, à en croire Pr Bonzi, « les matières fondamentales qui semblent abstraites mais on est obligé de les comprendre, pour après voir leurs applications ». Le thème de ce présent panel est celui retenu au niveau international. En effet, les nations unies ont décidé que 2022 sera l’année internationale des sciences fondamentales pour le développement durable.

« Le domaine scientifique n’est pas l’apanage seulement des hommes », a déclaré Yvonne Bonzi/Coulibaly, professeur de chimie à l’université Joseph Ki-Zerbo

Karim Namoano, coordonnateur de l’Association des journalistes et communicateurs scientifiques du Burkina Faso, a modéré la session à laquelle ont participé des chercheurs, enseignants-chercheurs, administrateurs, mais surtout des étudiantes et des élèves. Elle a été animée par cinq femmes burkinabè modèles, actives dans divers domaines scientifiques (biologie médicale, l’énergie, l’entomologie, la physique et la technologie alimentaire). Au nombre des panelistes figurent Santa Pakotogo/Bamba, Marie Tiemtoré/Sawadogo, Mayouré Édith Ilboudo/Tapsoba, Pétronille Kafando, et Hagrétou Sawadogo/Lingani. Durant ce panel, elles ont partagé leurs parcours et leurs activités actuelles pour essayer de motiver les jeunes filles, les élèves, et les étudiantes à poursuivre des carrières scientifiques.

Pétronille Kafando, l’une des panelistes

« C’est une activité passionnante. Il ne faut pas qu’elles aient peur de s’engager dans ce domaine parce qu’il y a des contraintes culturelles et sociales. Il faut aussi qu’elles puissent prendre part au développement du Burkina Faso de façon scientifique », s’est exprimé l’une des panelistes, Pétronille Kafando, Me de conférences en physique au département de physique (UFR/SEA) de l’université Joseph Ki-Zerbo.

A l’issue de cette rencontre riche d’informations, elles (les élèves et étudiantes) ont pris l’engagement de s’y intéresser.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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