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Projet gomme arabique : Le combat de la qualité et de la quantité

Accueil > Actualités > Economie • • jeudi 15 décembre 2005 à 07h21min

La gomme arabique est produite par l’acacia Sénégal, un arbuste des régions arides et semi-arides. Les 8 et 9 décembre 2005, le projet gomme arabique a formé des producteurs de la région du Sahel à l’amélioration de la production et de la qualité des gommes et résines.

« La région du Sahel regorge le plus de peuplement naturel et de la plus grande quantité de gomme de notre pays, » ainsi parle le point focal du projet qui s’occupe de la production de cette espèce dans cette partie du Burkina, M. Louis Nébié.

En effet, la filière gomme arabique au Burkina Faso a été « boostée » depuis qu’une mission exploratoire sur la gomme arabique a été conjointement organisée par la FAO, le gouvernement italien, le Réseau africain des gommes et résines (NGARA) et l’ONG ICEF en 2003.

Notre pays a alors bénéficié avec cinq autres pays (Soudan, Tchad, Kenya, Niger et Sénégal) du financement du Projet GTFS/RAF/387/ITA dénommé « Opération acacia-appui à la sécurité alimentaire, à l’atténuation de la pauvreté et à la lutte contre la dégradation du sol et la désertification dans les pays producteurs de gomme et résines ». Ce financement est d’un montant de 3 407 208 dollars US sur une période (pilote) de 30 mois à compter de janvier 2004.

En complément à ce projet et pour faciliter la participation d’autres pays non bénéficiaires dudit projet, la FAO a financé un autre projet de coopération technique sur ses fonds propres, dénommé celui-là « Amélioration de la production et de la qualité des gommes et résines ». En plus des six premiers pays, huit nouveaux bénéficiaires en sont ainsi concernés. Il s’agit de l’Erythrée, l’Ethiopie, le Mali, la Mauritanie, le Nigeria, l’Ouganda, la Somalie et la Tanzanie. Ce second projet couvre donc 14 pays et vise à renforcer leurs capacités en matière d’information, de formation, de commercialisation et de développement de la filière des gommes et résines.

Maîtriser le terrain

Pour le Burkina Faso, c’est la Direction de la foresterie rurale (DIFOR) du ministère de l’Environnement et du Cadre de vie qui pilote le projet. Sur le terrain, il faut former les producteurs tout d’abord à la reconnaissance de l’acacia Sénégal, l’arbre de la gomme arabique qui existe sur des sites à l’état naturel. Ensuite, le projet devra s’atteler à l’érection de nouveaux sites par le reboisement. Pour ce faire, la composante nationale du projet gomme arabique a organisé les 8 et 9 décembre à Dori, un atelier de formation au profit des producteurs du Sahel sur « les techniques de production et de saignée » de la gomme.

Pour Moussa Thiombiano, producteur de Falagountou, cet atelier a été bénéfique. « Il nous permet d’identifier l’acacia Sénégal des autres espèces voisines. Les formateurs nous ont conseillés de nettoyer aux alentours de chaque plant en vérifiant s’il n’abrite pas des abeilles. Puis, de dégager les branches qui peuvent gêner le travail et passer à la saignée, » restitue-t-il. Après une opération de saignée, un producteur peut commencer sa récolte à partir de la 4e semaine, puis tous les 10 jours. La période de récolte s’étend de début octobre à début mai.

Quant à Moussa Ouédraogo, producteur à Louda (Sanmatenga), il a une dizaine d’années d’expérience dans l’exploitation de la gomme arabique. Il travaille au sein d’un groupement dudit village qui entretient un site expérimental de plus de 200 hectares planté par le ministère de l’Environnement en 1997. L’importance de l’acacia Sénégal n’est plus à démontrer, selon lui.

Le reboisement de cette espèce permet de récupérer certaines terres sans oublier qu’elle sert aussi à la pharmacopée traditionnelle », explique Moussa Ouédraogo. Selon lui, elle est notre café et cacao et il suffirait que les paysans en maîtrisent l’exploitation pour que leurs familles en profitent. Des prix encore bas
Sur l’ensemble des cinq régions (Sahel, Plateau Central, Centre-Nord, Nord et Est) couvertes, le projet a planté l’acacia Sénégal sur 1000 hectares réparties sur 21 sites sur une prévision de 1500 hectares à atteindre à l’horizon de juin 2006. Si cette bataille des plants se mène avec un relatif succès, il reste que les prix aux producteurs ne sont pas encore bien rémunérateurs.

Amadou Hama Maïga, producteur à Sambonaye est dans l’activité de la gomme depuis huit ans. Il y voit une solution de rechange pour ne pas, à chaque conjoncture, vendre son bétail. Mais, son collègue de Falagountou, Moussa Thiombiano, est moins enthousiaste : « On ne gagne pas assez. Le kilo de gomme ne nous est acheté qu’à 300 F CFA ».

Par conséquent, il demande au projet d’aider à revaloriser ce prix, même si jusque-là, ce sont les privés qui contrôlent ce marché. Une situation qui a amené certains paysans à se tourner vers les acheteurs nigériens, plus retributeurs, soit à 500 F CFA le kilogramme.

Souleymane SAWADOGO (passisley@yahoo.fr)
Sidwaya

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