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Conseil burkinabè de l’anacarde : Une rencontre pour faire le bilan des tournées d’information et de sensibilisation sur l’agrément professionnel

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET • mardi 15 juin 2021 à 22h57min
Conseil burkinabè de l’anacarde : Une rencontre pour faire le bilan des tournées d’information et de sensibilisation sur l’agrément professionnel

Le Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA) a organisé, le mardi 15 juin 2021 à Bobo-Dioulasso, à l’endroit des acteurs de la filière cajou, une rencontre pour faire le bilan de ses tournées d’information et de sensibilisation.

Du 1er au 10 juin 2021, le Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA) a mené des tournées d’information et de sensibilisation à Gaoua, Bobo-Dioulasso et Banfora, à l’endroit des acteurs directs et indirects de la filière anacarde. Ces actions de communication ont porté sur l’instauration des agréments professionnels pour la commercialisation de la noix brute de cajou au Burkina Faso. Ainsi, près de 1 000 acteurs ont pu connaître le CBA, sa mission et ses attributions, les grands chantiers réalisés et ceux en cours en vue du développement de la filière.

Les participants.

Il est à noter que cette question d’agréments ne fait pas encore l’unanimité chez les différents acteurs de la filière, à savoir les commerçants, les producteurs et les transformateurs. La mise en place du système d’agrément de commercialisation de la noix de cajou a été entamée en janvier 2021 par le CBA.

Moussa Gori, président de l’Union nationale des commerçants et exportateurs de l’anacarde au Burkina Faso.

Avis d’un représentant de la filière anacarde

De l’avis de Moussa Gori, président de l’Union nationale des commerçants et exportateurs de l’anacarde au Burkina Faso, la plupart des commerçants ont rejeté catégoriquement l’agrément, estimant que ce n’est pas encore le moment d’instaurer un agrément dans la commercialisation de l’anacarde. « Nous avons posé comme doléances au CBA d’augmenter d’abord la transformation, aider les transformateurs à transformer une grande quantité. Aujourd’hui, s’il fait un passage de force pour instaurer l’agrément, ça va causer beaucoup de problèmes à la filière. A mon avis, l’Etat doit jouer son rôle, à savoir accompagner et non conduire la filière, les acteurs. Les acteurs ont dit qu’ils ne sont pas d’accord pour le moment pour l’instauration d’un agrément parce que cela va contribuer à la fuite de beaucoup d’exportateurs. Parce que dans l’instauration de l’agrément, il y a le ravitaillement des unités de transformation. Cependant, ces unités de transformation sont aujourd’hui orientées vers le bio, elles n’achètent pas le conventionnel. Ce sont plutôt les exportateurs qui paient le conventionnel. A mon avis, un travail doit se faire pour régulariser le marché. Et pour le moment, nous avons posé des questions qui n’ont pas eu de réponses. Nous avons demandé si, en cas de fuite des exportateurs pour cause d’agrément, l’Etat est prêt à acheter les produits des producteurs. S’il n’y a pas d’acheteur, qui va acheter ? Le Burkina ne consomme que 1% de la production et ne transforme que 10% ; le reste étant destiné à la transformation. Il y a donc un travail à faire d’abord, sinon nous ne rejetons pas catégoriquement l’agrément mais nous avons demandé qu’un travail soit fait au préalable. Ils ont pris l’exemple des pays comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo qui sont plus en avance et qui ont des avantages comme le port. Si on s’appuie sur cela, cela va beaucoup pénaliser la filière », s’est étalé Moussa Gori.

Joseph Zerbo, directeur général du CBA.

L’avis du directeur général de CBA

Selon Joseph Zerbo, directeur général du CBA, « les uns et les autres ont reconnu la nécessité de mettre en place un système d’agrément pour réguler le marché, parce que l’agrément permet de résoudre un certain nombre de problèmes constatés depuis belle lurette. Il s’agit des achats bord-champ où les prix ne sont pas assez rémunérateurs pour le producteur, et le fait aussi que dans les transactions commerciales, il n’y a souvent pas de contrats clairs ; ce qui fait que c’est l’acheteur qui dicte sa loi aux producteurs. Sachant que les producteurs occupent une place importante dans la filière, il était de bon ton que le gouvernement, à travers le CBA, et de concert avec les acteurs, puisse trouver des éléments de réponse qui puissent rassurer les transformateurs que la production sera payée à un prix rémunérateur pour ne pas qu’ils se découragent parce que lorsqu’il n’y a pas de production, il n’y a pas de filière. L’agrément ne vise donc pas à entraver la filière, mais c’est une vision du gouvernement, et le CBA travaille à ce que cela soit bien compris par les acteurs à la base. La mission qui nous a été donnée, c’est de collecter les informations, les transmettre à qui de droit pour qu’on puisse avoir l’orientation définitive sur la question ».

Daouda Ouédraogo, modérateur de la rencontre.

Comme l’a rappelé le modérateur Daouda Ouédraogo, cette rencontre de synthèse ne vise pas à refaire les débats, mais plutôt à s’assurer que les propositions faites lors des ateliers régionaux ont été fidèlement notés.
Aussi, il a tenu à rassurer que le compte rendu sera fidèlement fait au Premier ministre par l’entremise du ministre du Commerce.

Haoua Touré
Lefaso.net

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