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Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

Accueil > Actualités > Société • • lundi 12 avril 2021 à 18h45min
Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

La contribution de l’UAS se décline en deux volets : d’abord des observations et, ensuite nos attentes et suggestions.

I. Observations
Telle qu’elle nous a été présentée, la réconciliation nationale prend les allures d’un vaste programme de société qui est du ressort des partis politiques et dont la réalisation requiert de nombreuses années avec tous les risques d’échec à long terme alors que certains dossiers datent déjà.

Dans la typologie des réconciliations nationales que vous nous avez présentées, il apparaît des types de réconciliation dont le traitement est en rapport direct avec la gouvernance. Ainsi, les questions de réconciliations sécuritaire, économique et financière commandent, pour un traitement durable, que la gouvernance soit revue et améliorée.

A écouter certains acteurs sur la question de la réconciliation nationale, celle-ci est perçue comme une opportunité pour des bourreaux de se mettre dans la peau de victimes pour exiger de l’Etat d’être dédommagés. Dans le même sens, nous observons des discours qui tendent à criminaliser les insurgés allant jusqu’à exiger qu’ils s’amendent devant leurs victimes.

Pendant qu’il est question de réparer les abus commis par l’Etat dans le cadre de la réconciliation, nous observons que ces pratiques ont toujours cours dans l’administration. Dans ces conditions, de nombreux Burkinabè sont fondés à douter de la bonne foi des dirigeants sur le discours relatif à la réconciliation nationale. En effet, on ne peut pas inviter les Burkinabè à œuvrer pour la réconciliation et dans le même temps, s’illustrer dans la violation des principes de l’Etat de droit, par exemple en refusant d’exécuter des décisions de justice.

II. Suggestions/Attentes
-  Sérier les cas à traiter dans le cadre de votre mission ;
-  prendre des mesures exceptionnelles pour permettre à la justice de décongestionner ses tiroirs pleins de dossiers non examinés ;

-  dans les cas de crimes de sang, œuvrer à ce que la vérité et la justice soient établies, ce qui suppose que les exécutants et les commanditaires soient identifiés et qu’ils soient prioritairement mis à contribution pour dédommager les victimes de leurs actes. Pour nous, il est important que la vérité se fasse et que la justice soit rendue aux victimes. C’est la meilleure façon de jeter les bases pour le renforcement du vivre-ensemble. Sans cela, les cœurs meurtris risquent de ne pas s’apaiser ;

-  juger les crimes économiques (détournements, fraudes, corruption, …)
-  assurer la prise en charge par l’Etat des victimes et ayant-droits des victimes de l’insurrection populaire ainsi que de la résistance au coup d’Etat.

-  engager l’Etat à s’assumer dans la gestion du foncier : reconsidérer sa politique, gérer les contentieux et donner une suite aux enquêtes ;
-  faire de l’administration publique une administration républicaine ;
-  veiller à ce que la réconciliation nationale ne soit pas une occasion pour que des bourreaux ne se présentent comme des victimes pour exiger un dédommagement par l’Etat ;

-  trouver les voies et moyens pour un traitement diligent des dossiers entre les mains du HCRUN dont les dossiers (individuels et collectifs) de travailleurs victimes de licenciements abusifs et autres mesures arbitraires. Parmi eux, certains sont détenteurs de décisions de justice en leur faveur ;

-  instaurer un dialogue sincère avec les organisations syndicales et mettre en œuvre les engagements pris avec elles ;
-  avant la tenue du forum, il est capital de donner des gages de bonne foi en mettant un terme aux atteintes aux droits et libertés des citoyens, en exécutant les décisions de justice.

L’UAS prend note des assurances données en affirmant que la réconciliation nationale ne va pas donner une prime à l’impunité et que la démarche est guidée par le principe du triptyque Vérité - Justice - Réconciliation. Elle tient à affirmer son attachement à ce principe et encourage le ministre d’Etat à se laisser guider par celui-ci tout au long du déroulement du processus.

Pour les secrétaires généraux

Le Président de mois
des centrales syndicales

Le Président de mois
des syndicats autonomes

Paul N. KABORE
Secrétaire Général / ONSL

R. Blaise NEBIE
Secrétaire Général / SYNATRAD

Vos commentaires

  • Le 12 avril à 22:37, par Bigbale En réponse à : Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

    Peut-on parler de réconciliation quand une infime partie du peuple (les salariés du secteur public) exige que l’Etat prenne 50% des ressources financières pour leurs salaires, ignorant royalement les besoins des 19,8 millions autres Burkinabè ? Quelle gourmandise quand on sait que certains syndicalistes avec Mr Basolma BAZIE en tête, refusent de travailler et de mériter leurs salaires ! Tout cela fait partie de la.justice sociale et donc de la réconciliation !

    Répondre à ce message

    • Le 13 avril à 05:55, par Le juste En réponse à : Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

      Je pense qu’il faut être pondéré sur cette question de masse salariale. Les fonctionnaires ne prennent pas ce salaire pour aller dormir mais abattent un travail en contre partie. Si tu considères les enseignants qui représentent 70 pour cent de salariés, tu verras qu’en contre partie de leur salaire ils donnent une éducation à nos enfants. Leur salaire représente un investissement global pour l’avenir. Multiplie simplement le nombre total d’élèves du public à la scolarité moyenne dans le secteur privé pour connaître la contre partie du salaire versé à ce personnel. La même analyse peut être mené pour les militaires qui donnent leur vie pour que vous puissiez
      faire des commentaires sur internet. Mais pour comprendre, il faut pouvoir faire des analyses croisés et les informations manquent souvent pour analyser

      Répondre à ce message

      • Le 13 avril à 18:55, par Le Vigilent En réponse à : Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

        Le Juste, dis-toi que les frais de scolarité dans le privé ne servent pas uniquement à payer des salaires. Ça sert aussi à l’amortissement des investissements et des prêts bancaires, à l’administration et gestion des établissements, au paiement des impôts etc.
        Tu cites les services vitaux fournis par les fonctionnaires pour justifier le fait de consacrer plus de 50% des ressources propres de l’état pour leurs salaires. Tu oublies que c’est grâce au travail des plus de 19 millions d’autres burkinabé que les fonctionnaires trouvent sur le marché de qui se nourrir, de loger, se vitir etc.
        Ne mets pas les militaires dans le lot des fonctionnaires d’où vindicatif et arrogants dont on dit qu’ils méritent pas que l’on consacre plus de 50% des ressources propres de l’etat pour leurs salaires.

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  • Le 13 avril à 06:43, par Chasseur d’insurrescrocs En réponse à : Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

    Les attitudes sectaires de certains syndicalistes sont pires que tous les crimes de sang réunis. Il faudrait également se pencher sur ces comportements qui ont occasionné des drames.
    Parmi les insurgés, il y a certes des victimes mais il faut également démasquer les criminels qui en ont profité pour assouvir leurs pulsions.
    Il n’y a pas d’un côté les bons et les mauvais de l’autre côté. C’est vision manichéenne des choses qui fera que les cœurs ne seront jamais apaisés au BF.

    Répondre à ce message

  • Le 13 avril à 07:48, par Zambo zambo En réponse à : Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

    Si toi tu travailles dans le public, commence par céder tout ton salaire aux 19,8 millions d’autres burkinabé desquels tu sembles t’apitoyer sur le sort.
    Si tu travailles dans le privé, fais de même et renonce à tout profit.
    Si tu travailles pour ton compte, refuse tout bénéfice ou s’il y en arrivait, donne le aux 18,9 d’autres Burkinabé et si tu n’as de bénéfice, donne tout ton capital à ces compatriotes qui te sont si chers, toi, le philanthrope averti ami du Peuple burkinabé.
    Si tu es sans ressources continues de prêcher ce discours et la Divine Providence exaucera tes vœux.
    Si tu n’as rien d’autre à dire tais toi car tu n’es pas obligé de nous chauffer les tympans pour rien.

    Répondre à ce message

  • Le 13 avril à 08:07, par fasobiiga En réponse à : Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

    Bigbale, à vous lire, la tâche est plus qu’ardue. Avez-vous oublié que Basolma a quitté la Fonction publique ?

    Répondre à ce message

  • Le 29 avril à 13:44, par ciceron IIème du nom sur la toile En réponse à : Contribution de l’unité d’action syndicale (UAS) sur la question de la réconciliation nationale

    A lire certains des internautes, je me laisse convaincre dorénavant qu’ils ont à justifier des Mega- qu’ils reçoivent gracieusement.
    En effet, je perçois difficilement le lien qu’il y a entre l’article mis à commenter, et le salaire du fonctionnaire "fut-il vaurien" !.. (comme vous le qualifiez si malencontreusement).
    Apaisez-vous.! Ca vous aidera mieux.
    Aimablement ciceron IIeme

    Répondre à ce message

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