Actualités :: <I>Droit dans les yeux</I> : L’Inde et le coton OGM

Un OGM est un organisme génétiquement modifié. Par cette modification, cet organisme acquiert une nouvelle propriété et sa semence possède la même nouvelle propriété ou, s’il s’agit d’un animal, ses petits possèdent la même nouvelle propriété.

Il faut que la population et surtout les producteurs de coton connaissent les risques du coton OGM qui va bientôt être vulgarisé au Burkina Faso. Personne ne connaît avec certitude les résultats de l’emploi du coton OGM au Burkina Faso car seul « Allah est le Savant ».

En Inde, quatre millions de paysans cultivent quatre millions d’hectares de coton. Beaucoup ont été victimes du Bollworm, un parasite éliminé par le coton OGM, plus précisément le coton BT : c’est justement le coton qui est en train de s’introduire au Burkina Faso. Résultats publiés par Monsanto en 1998-1999 : cent quinze mille deux cents (115 200) francs de plus de revenus par an à cause d’une augmentation du rendement. La diminution de pesticide était de cinquante-sept mille six cents F (57 600) frs par hectare. Le web Monsanto y ajoutait : bénéfice pour les petits exploitants.

Au Burkina Faso, le 21 octobre 2005, sont présentés, sur la base du quotidien sénégalais « Le Soleil », les premiers résultats obtenus dans les champs d’essai exploités par l’Institut de recherche burkinabè : quatre-vingts (80) % d’insecticide de moins, trente (30) à quarante (40) % d’augmentation de production. Pour respecter l’isolement, une ceinture de coton local de quinze (15) mètres entourait le champ d’expérimentation. C’est déjà faux car quinze (15) mètres, ce n’est pas un isolement correct pour le coton BT. Il faut plusieurs centaines de mètres.

Mais retournons en Inde. Une équipe indépendante a fait une recherche sur les petites exploitations durant trois ans. Tous les quinze jours, on visitait les exploitants. Donc un suivi très sérieux. C’était dans le district Warange de l’État Andrha Tradesh (un État en Inde). Pour les pesticides, les cultivateurs de coton local payaient par an et par hectare soixante-dix-huit mille (78 000) F. Le cultivateur de coton BT payait par hectare et par année soixante-treize mille (73 000) F, donc un gain de 5 000 F, soit sept (7) % environ.

Le rendement par an : pour le coton local, 1620 kg (mille six cent vingt) ; pour le coton BT, 1125 kg (mille cent vingt-cinq), donc une diminution de 600 kg (six cents) par hectare. Si la pluviométrie était bonne, le BT aurait à peu près le même rendement : 150 kg (cent cinquante) de moins. Mais si la pluviométrie était mauvaise, la diminution du coton BT serait de 560 kg (cinq cent soixante). La semence de Monsanto coûte 3 à 4 fois plus cher que la semence locale.

La première année, les cultivateurs du coton local ont touché 152 500 F (cent cinquante-deux mille cinq cents) par hectare, alors que les cultivateurs du coton BT ont perdu 38 750 frs (trente-huit mille sept cent cinquante). Sur les trois ans, les cultivateurs du coton local ont eu un revenu moyen de soixante (60) % supérieur aux cultivateurs du coton BT. Ces derniers sont descendus dans la rue et ont brûlé les entrepôts des fournisseurs de graines de coton BT dans la ville de Warangal.

En tout cas, le coton BT va être introduit au Burkina. Il faut savoir que les grandes sociétés internationales semencières d’OGM ne reculent devant rien. Les promesses et les réalités en Inde montrent les dangers pour notre pays. Début 2005, le ministre de la Justice des Etats-Unis a révélé que Monsanto avait payé plus de trois cent cinquante millions (350 000 000) de F CFA en pots de vin illégaux à des fonctionnaires indonésiens préalablement à l’examen environnemental de son coton OGM par les autorités indonésiennes.

Je constate que les résultats des expériences sur le coton OGM au Burkina Faso sont très positifs, mais pas nécessairement exacts pour les cultivateurs. Ayons confiance car Dieu aide les pauvres, et les délivre de l’impie.

En attendant, employons et consommons les produits burkinabè, même s’ils sont légèrement plus chers. (Luttons pour le progrès du Burkina Faso).

Bonne nouvelle : Par référendum, la Suisse a voté un moratoire à propos des OGM pour cinq ans : durant cinq ans, aucun organisme génétiquement modifié (OGM) ne peut être employé dans l’agriculture ou l’élevage.

B.P.332

Koudougou.

F. Balemans

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