Actualités :: Droit de réponse de Victorien Marie Hien

La triple sortie d’Issaka Luc Kourouma, secrétaire adjoint aux relations extérieures de la Fédération burkinabè de football (FBF) sur le microcosme des journalistes sportifs burkinabè continue de susciter des réactions.

Celle-ci émane de Victorien Marie Hien qui répond à l’interprétation faite de son "Oh ! la ! la !" (cf. L’Observateur paalga n°6009 du mercredi 29 octobre 2003).

Monsieur le directeur de publication et cher confrère,

Je m’étais réservé depuis mon retour de Bangui de répondre à certaines déclarations tendancieuses, calomnieuses et à la limite ridicules à mon égard suite à mon reportage sur le match joué par les Etalons depuis le 6 juillet 2003.

Face à cet acharnement manifeste dont le comble a été atteint par la sortie du nouvellement galonné fédéral aux Relations extérieures de la FBF, à mon corps défendant et par respect pour vos lecteurs et les supporters des Etalons et tous ceux qui me connaissent, je viens par le présent droit de réponse lever toute équivoque sur ce "oh ! la ! la !" qui décrivait l’exécution techniquement catastrophique du penalty accordé aux Centrafricains.
Que mes confrères qui m’ont demandé de ne pas répondre à ce monsieur bien connu de tous veuillent bien m’excuser de donner malheureusement en spectacle des journalistes s’invectivant dans la presse. N’a-t-on pas dit que trop c’était trop ?

Insatisfait de l’échec "du bras armé" à l’aéroport de Bangui une heure seulement après le match, Issaka Luc Kourouma a voulu démontrer, sans non plus la manière, que j’étais contre la FBF, donc contre les Etalons et contre mon pays.
Ma conviction profonde est établie sur le fait que le sport est une grande activité humaine, la plus grande école de la vie où l’homme se découvre chaque jour, s’humanise et se bonifie. Une école où l’hypocrisie, la médisance, la tricherie et les intrigues, même les plus sordides, sont tous les jours battus en brèche.

Des supputations et affirmations gratuites

J’ai été triplement déçu par les supputations et affirmations gratuites de celui qui a été un de mes devanciers dans le métier de journaliste, cela d’autant plus que malgré tout ce qu’on dit de lui, je n’aurais pas cru qu’il oserait s’identifier à cette conception tristement bicéphale du monde du sport qui veut que "Si tu n’es pas avec moi, donc tu es contre moi". Sans se donner la peine de vérifier les commentaires fortement tachés d’a priori et de partialité maladive, M. Kourouma qui n’a certainement pas écouté le match dans de bonnes dispositions d’esprit a cru bon sauter dans la danse, histoire de justifier son statut de membre fédéral comme si on l’y obligeait.

Mon "oh la la" suite au penalty raté par les Centrafricains a résonné dans ses oreilles et dans celles des autres tout aussi prédisposés que lui, comme un cri de désespoir et de tristesse. Quelle grossière injure à mon égard, car dans un match de football, l’exécution d’un penalty fait vivre deux sensations possibles :
- l’adresse ou la maladresse du tireur ;
- l’exploit ou le mauvais choix du gardien de but.

Dans le cas présent où le tireur a mis le ballon largement au-dessus de la cage de notre gardien de but, pour le professionnel de la presse que je suis ; quelle séquence du jeu à cet instant devrais-je commenter, moi qui vivais directement la scène ? Autrement dit, mon "oh ! la la !" n’est pas le vôtre. A votre "oh ! la la !" que vous vouliez apatride, j’oppose mon "oh ! la la ! incroyable mais vrai, le ballon est allé au-dessus des buts "ce qui donnait du répit à ceux qui m’écoutaient comme reporter et non comme traitre à la cause de la patrie.

Je doute fort d’ailleurs que vous soyez les mieux indiqués pour m’apprendre le patriotisme et l’humilité. Du reste, il y a eu dans ce pays des journalistes sportifs qui ont dénoncé des arbitrages dits de maison et crié au scandale après un but refusé à l’Angola devant les mêmes Etalons et au stade du 4-Août ; ce n’est pas pour autant que les dirigeants de la FBF de l’époque ont crié au feu et à l’opposition.

Plus d’une fois, avez-vous écrit, j’aurais affirmé que les Etalons jouaient mal et conclu qu’ils avaient gagné sans la manière. Désolé de vous confondre parce que ce n’est pas vrai, la vérité est celle-ci : faisant allusion au mariage récent du joueur Rahim Ouédraogo et me rappelant de celui de Roméo Kambou qui était intervenu la veille du match, j’ai poursuivi en ces termes : "...tous nos vœux d’heureux ménage pour Roméo Kambou qui s’est marié hier à Ouagadougou ; ex-joueur des Etalons, nous disions qu’ici en tout cas dans cette rencontre d’importance les Etalons, sans la manière c’est vrai, mènent par deux buts à zéro".

Ce n’était donc ni à la conclusion, encore moins avoir affirmé qu’ils avaient gagné sans la manière. Avec quelles oreilles avez-vous donc écouté ma retransmission ? Je m’en voudrais si les commentaires dudit match n’avaient pas été enregistrés par la RNB, les cassettes existent et c’est quand vous voulez pour une réaudition vérité.

Je vous apprends en passant que le technicien et moi avions été félicités par nos supérieurs pour tout le travail abattu à Bangui. Arrivés seulement le vendredi nuit à Bangui nous avions remué terre et ciel, tiré des câbles sous le soleil pour justement rendre compte aux auditeurs et à tous les Burkinabè de l’instant présent du match que nous savions justement capital pour notre qualification. Le chef de la délégation burkinabè à Bangui, peut témoigner des difficultés qui étaient les nôtres avant la retransmission.

Pendant ce temps, d’autres missionnaires se la coulaient douce à l’hôtel et ailleurs. Nous aurions pu en faire autant.
On peut tout me reprocher mais pas me dénier le droit de dire ce que je pense de bien ou de mal s’il le faut, dans le seul but de faire de nos Etalons une grande équipe nationale.

Mieux, les Etalons ne sont pas la propriété de qui que ce soit, fût-il nouveau membre d’une équipe fédérale.
C’est dire que toute victoire n’est pas au-dessus de toute critique et c’est pourquoi j’ai mentionné plus d’une fois tout au long de ma retransmission, que le terrain était un champ de patates qui gênait énormément la qualité du jeu des nôtres. Le vrai patriote, c’est celui qui ne ment pas à sa patrie.

Le discours du reporter n’est pas celui du supporter ni du dirigeant ; je sais que dans ce milieu que je pratique depuis des années, peu de gens sont matures pour préférer des critiques qui les honorent aux louanges qui les trahissent.

Si au dire de M. Kourouma, sa nouvelle structure m’a étiqueté, catalogué comme étant un opposant juste parce que je suis l’ami de certains anciens membres de la FBF, souffrez que je vous dise que je ne suis pas du genre à confondre l’intérêt supérieur de ma patrie à des relations avec de tierces personnes.
Si j’étais triste de la victoire des Etalons, je ne me serais pas égosillé à magnifier cette cinquième qualification consécutive des Etalons et empressé de recueillir à chaud les impressions du président de la FBF.

C’est bien dommage que pendant plus de 90 mn de paroles, mes donneurs de leçons de patriotisme, qui m’attendaient visiblement au tournant, se soient contentés de prélever ce qui, à leurs yeux, sonnait comme désespoir et tristesse.
Au demeurant, ma prétendue opposition à la FBF ne saurait justifier de telles incriminations fortuites et insensées. Je suis Burkinabè ; patriote, je le suis, mais pas chauvin.
A Bangui, l’essentiel était de gagner, je n’ai jamais soutenu le contraire, mais après une victoire d’étape comme celle-là ; qu’est-ce qui est important ?

La chasse aux supposées sorcières où l’union sacrée autour des Etalons ? Cet écrit de la plume d’un journaliste devenu visiblement un snipper, qui prétendait défendre l’union de la presse sportive, sonne comme une preuve par N que le bon sens n’est pas la chose la mieux partagée dans l’œuvre d’édification de notre cher Burkina Faso en une grande nation de football : "oh ! la la !" que c’est dommage.
Confraternellement vôtre !

Victorien Marie Hien

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