Actualités :: Qualité de l’huile : "Arrêtez de semer la psychose !"

Ce lecteur n’apprécie pas du tout la campagne de dénonciation
d’huile fraudée au Burkina par l’entreprise locale SN-CITEC. Il
estime que cette usine ferait mieux de résister à la concurrence
par d’autres arguments.

"Depuis un certain temps, les journaux ne cessent de nous
ressortir les statistiques de la SN-CITEC sur la qualité des
huiles vendues dans notre pays. Il y a quelques jours c’était 50
marques douteuses, avant-hier, c’était 70 marques, hier c’était
"plus de 90 marques d’huiles qui sont introduites
frauduleusement sur le marché avec ce que cela comporte
comme désagréments sur le plan de la santé du
consommateur, des prix de vente..." (in SIDWAYA du mardi 13
janvier 2004, page 14)

En parlant de désagréments sur le plan de la santé du
consommateur, vous insinuez que les produits incriminés sont
de qualité douteuse :
- Messieurs de la SN-CITEC, depuis quand vous
préoccupez-vous de la santé du consommateur ?
- Combien dégagez-vous par an dans vos bénéfices colossaux
au profit de nos formations sanitaires dont on connaît l’état de
pauvreté ?
- Qui vous a dit que votre propre produit est de qualité
irréprochable. Il est toujours facile de se chatouiller pour rire.
- Quand vous étiez seul sur le marché, quelle politique
avez-vous menée pour fidéliser les consommateurs ?
Du point de vue des prix de vente, vous touchez là le vrai
problème, votre vrai problème car à l’évidence vous ne supportez
pas la concurrence, vous ne vous êtes pas préparé pour cela,
préférant le système du monopole, c’est-à-dire votre prix ou rien !

En évoquant la fraude à une si grande échelle, vous ne faites ni
plus ni moins que le procès de ceux qui sont chargés de lutter
contre ce fléau avec tous les sous-entendus possibles. Car si
plus de 90 marques d’huile fraudée circulent au Faso, c’est que
quelque part, quelque chose ne va pas. Allons ! Messieurs de la
SN-CITEC, changez votre fusil d’épaule ; cherchez à conquérir
autrement le marché et laissez chacun faire son travail.

L’Etat ne
peut tout de même pas aujourd’hui (à l’heure de la
mondialisation) fermer les frontières à cause de vous ?
En tant que consommateur, je vous remercie pour votre si
grande sollicitude quant à ma santé mais permettez-moi de
vous dire que je suis responsable de ma santé et que celle-ci
étant un bien privé, je ne veux pas que quelqu’un s’y mêle, dans
la mesure où la mort d’un quidam de consommateur n’a jamais
empêché les capitalistes de capitaliser ni les usines de tourner
à plein gaz...

Sachez seulement que ceux que vous accusez sournoisement
de complicité sont aussi des consommateurs, y compris leurs
proches (parents, amis, connaissances et ennemis). L’on ne
peut tout de même pas scier la branche sur laquelle on est
assis !

En tout état de cause, les ministères de la Santé et du
Commerce sont interpellés afin de faire arrêter cette
propagande stressante pour le consommateur, et nuisible à
l’image même de notre pays. Ils n’ont pas le droit de laisser
s’installer cette psychose au sein de la population. Réagissez,
Messieurs les ministres, avant que le consommateur ne se
décide à ne plus consommer d’huile.

A notre sens, occuper le marché, se faire accepter par le
consommateur, ce n’est pas mener des campagnes de
dénigrement gratuit et systématique du concurrent, et ce, sans
parfois des preuves tangibles et crédibles, mais de prouver que
son produit est le meilleur tant en qualité (pour le palais) qu’en
prix (pour la bourse). On n’a pas besoin de faire Sciences Po
pour le savoir.

Pour ma part, je décide de ne consommer désormais que
l’huile fraudée car ma santé est un bien privé que personne n’a
le droit de protéger malgré moi. Aussi, je prie les responsables
de la SN-Citec de bien vouloir me faire parvenir la liste desdits
produits au journal qui, certainement, me les transmettra.
D’avance merci !"

Z.G, consommateur au secteur 30 Ouaga

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