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Burkina Faso : Les résultats d’une enquête sur les utilisateurs des services financiers numériques présentés

Publié le mardi 20 février 2024 à 22h10min

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Burkina Faso : Les résultats d’une enquête sur les utilisateurs des services financiers numériques présentés

Le Secrétariat technique pour la promotion de l’inclusion financière (ST-PIF), en collaboration avec le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (CGAP), a organisé un atelier de restitution des résultats de l’enquête nationale sur les risques auxquels font face les utilisateurs des Services financiers numériques (SFN) et en particulier ceux du mobile money au Burkina Faso. Cette rencontre a eu lieu ce 20 février 2024 à Ouagadougou.

Elle vise à réunir les acteurs clés de l’écosystème des SFN dans le pays et permettre de partager le diagnostic et les solutions à mettre en place afin de minimiser les risques auxquels font face les utilisateurs de SFN.

Trois points ont été au cœur des échanges. Il s’agit : des résultats de la recherche mondiale du CGAP sur l’évolution de la nature et de l’ampleur des risques des SFN pour les consommateurs ; de ceux de l’enquête sur les risques auxquels font face les consommateurs de SFN au Burkina Faso ; des solutions pour mitiger les risques et bâtir un écosystème responsable pour les SFN.

L’enquête a coûté 70 000 dollars

Les résultats de l’enquête

Cette enquête a porté sur un échantillon de plus de 1 600 utilisateurs de SFN sur toute l’étendue du territoire national. Elle a été conduite en décembre 2023. Il en ressort qu’au cours des 12 derniers mois, certains risques, telles que les difficultés à effectuer une transaction en raison d’un réseau médiocre ou l’absence de réception de reçus attestant des transactions, ont affecté de nombreux utilisateurs du mobile money. 68% des utilisateurs ont été exposés à au moins un risque lié à l’utilisation des SFN. 55% ont eu à faire face à des interruptions du réseau, ce qui les a empêché d’effectuer une transaction. 32% d’entre eux n’ont pas reçu le résumé attestant de la réalisation de la transaction. 26% se sont vus refuser un dépôt ou un retrait de petits montants par un agent mobile money.

« Le phénomène est allé très vite du fait de la digitalisation et des chocs que nous avons reçus au Burkina Faso. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les populations vulnérables sont les plus grandes victimes des risques liés à l’utilisation des services numériques financiers. Cette étude nous a permis de savoir à quoi elles sont véritablement exposées. On peut citer entre autres : les arnaques, les détournements, des risques sur l’utilisation des infrastructures, des communications et la gestion de ces services financiers numériques », a détaillé le secrétaire technique pour la promotion de l’inclusion financière, Lin Hien.

« Les populations vulnerables sont les plus exposées » Lin Hien

Une comparaison entre la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso

A noter que l’enquête qui a été conduite par HORUS Development Finance, en collaboration avec Focus Africa pour le compte du ST-PIF et du CGAP, s’inscrit dans le cadre d’une initiative lancée par le CGAP en 2021, vise à renforcer la protection des consommateurs de services financiers numériques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Elle a pour objectif principal de mieux appréhender les principaux risques auxquels sont exposés les utilisateurs de SFN en vue de formuler des recommandations adaptées visant à encadrer l’expansion du mobile money, levier d’inclusion financière. Aussi, celle d’étudier les voies et moyens de soutenir le développement d’un écosystème responsable des SFN.

En plus du Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont bénéficié de cette enquête. De l’analyse faite par la représentante régionale du CGAP, Corinne Riquet Bamba, les résultats entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont des similitudes.

« Ceux du Burkina Faso sont différents. Les résultats mettent en évidence un écart plus important entre les hommes et les femmes. Il y a une moindre participation à ces services par les femmes . Elles sont également plus vulnérables. On a en outre noté plus de vulnérabilité chez les personnes déplacées internes. Comparativement à ces deux autres pays, il y a relativement moins de fraude et d’arnaque au Burkina Faso. On a constaté qu’il y a plus de difficultés avec la qualité du réseau . Cela peut conduire à des interruptions de transactions et des pertes d’argent. Le pourcentage de population qui rencontre des difficultés dans l’utilisation de ces services est plus élevé », a analysé Corinne Riquet Bamba.

« Un soutien renforcé en éducation digitale est nécessaire pour faciliter l’utilisation de ces services », a suggéré Corinne Riquet Bamba

L’Etat burkinabè, un allié

Prenant la parole au nom du ministre de l’économie, des finances et de la prospective, Aboubakar Nacanabo, le conseiller technique du ministère Mamadou Séré a déclaré ceci : « Nous sommes tous témoins de la rapide évolution de la technologie et de son impact sur nos vies quotidiennes, y compris dans le secteur financier.

Bien que les services financiers numériques offrent d’énormes opportunités en termes d’inclusion financière et de facilité d’accès aux services financiers et notamment bancaires, ils présentent également des défis et des risques qu’il est impératif d’identifier et de comprendre. En tant que ministre en charge des finances, je suis fermement engagé à promouvoir un environnement financier sain, inclusif et innovant pour tous les citoyens du Burkina Faso. Cela signifie donc que nous devons rester vigilants face aux défis émergents et nous adapter aux évolutions constantes du secteur financier. Nous devons garantir que les services financiers numériques bénéficient à tous, en particulier aux populations les plus vulnérables, tout en veillant à ce que leur utilisation ne compromette pas la sécurité et la confidentialité des données à caractère personnelle », a-t-il dit.

Les recommandations issues de l’atelier vont être prises en compte dans les actions futures a promis Mamadou Séré

Le CGAP est un partenariat mondial regroupant plus de 30 organisations de développement de premier plan qui œuvrent à l’amélioration de la vie des personnes vivant dans la pauvreté, en particulier des femmes, grâce à l’inclusion financière.

Le CGAP travaille à la frontière de la finance inclusive pour tester des solutions, stimuler l’innovation, générer des preuves et partager des idées. Ses connaissances permettent aux parties prenantes publiques et privées de mettre en œuvre des solutions permettant aux écosystèmes financiers de répondre aux besoins des personnes pauvres, vulnérables et mal desservies ainsi que des micros et petites entreprises, notamment en faisant progresser l’autonomisation économique des femmes. En tant que bien public mondial, ses recherches et analyses indépendantes sont accessibles à tous.

Le ST-PIF est la structure gouvernementale de promotion de l’inclusion financière au Burkina Faso.

SB
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