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Gestion des marchés publics dans la commune de Ouagadougou : « Nos difficultés sont beaucoup liées au comportement…des commerçants », affirme le 1er vice-président de la mairie centrale

Publié le mercredi 15 février 2023 à 22h25min

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Gestion des marchés publics dans la commune de Ouagadougou : « Nos difficultés sont beaucoup liées au comportement…des commerçants », affirme le 1er vice-président de la mairie centrale

Incivisme, installations anarchiques, non-respect des règles établies dans les marchés publics et autres sont autant de problèmes qui créent d’énormes dégâts dans ces marchés dans la ville de Ouagadougou, dont les incendies. Lefaso.net est allé à la rencontre des responsables de la gestion de ces marchés, notamment le 1er vice-président de la mairie centrale, Assimi Tiendrébéogo afin de comprendre comment sont-ils structurés, organisés et gérés. Lisez plutôt !

Lefaso.net : Comment sont organisés les marchés dans la commune de Ouagadougou ?

Assimi Tiendrébéogo : Au niveau de la commune de Ouagadougou, il faut faire la remarque de l’existence de deux types de marchés. Il y a les marchés aménagés et les marchés non aménagés. En ce qui concerne les marchés aménagés, nous avons une structure qui a été créée en 2019 et qui est un établissement public local à caractère économique appelé Agent de développement économique urbain (ADEU).

C’est cette structure qui s’occupe de tout ce qui est équipements marchands dans la ville de Ouagadougou. Il y a neuf marchés aménagés dont la mairie a en charge la gestion. En dehors de ces marchés publics, il faut noter qu’il y a aussi ceux qui ne sont pas aménagés, dont leur organisation et leur gestion sont laissés aux commerçants.

L’un des aspects par lesquels l’on vous accuse à raison ou à tort, c’est la structuration de ces marchés-là. A ce sujet, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

En ce qui concerne les marchés dont nous avons la charge, il faut dire que les difficultés sont beaucoup liées au comportement des citoyens, surtout les commerçants. Parce que, quand on prend les marchés aménagés, il y a un certain nombre de boutiques qui sont installées, mais il y a d’autres installations anarchiques qui se font à l’intérieur et la police municipale essaie autant que possible d’interpeller les usagers de ces marchés sur ce genre de comportement.

Pour tout marché, il y a trois groupes qui assurent la gestion, notamment l’administration, le volet sécurité et incendie, ainsi que la police municipale. L’administration s’occupe de tout ce qui est organisation et encaisse également les loyers au sein de ces marchés. Il y a le volet sécurité et incendie à l’intérieur duquel, il y a un officier des sapeurs-pompiers qui se fait accompagner par des secouristes. C’est donc cette équipe qui assure la permanence durant les nuits dans les marchés et qui est là en cas d’incendie. Le troisième et dernier groupe, c’est la police municipale qui s’occupe de tout ce qui est sensibilisation et du respect des normes d’installations au sein des marchés.

Vous parliez de difficultés liées au comportement de commerçants. Est-ce qu’au-delà de la sensibilisation, avez-vous des moyens de répression pour dissuader les contrevenants ?

Oui, nous avons des moyens de répression avec la police municipale. Parce que les unités qui sont affectées dans ces marchés procèdent souvent à la saisie des biens ou des produits marchands de ces commerçants qui doivent payer des amendes avant de les récupérer. Mais quoi qu’on fasse, ça continue toujours. Mais maintenant, ils ont tous compris avec les derniers évènements de Sankar-yaaré.

Ils ont pris conscience du respect de certaines règles qui ont été établies pour leur bien. Au niveau de la mairie, nous allons davantage être encore plus rigoureux par rapport à tout ce qui est en rapport avec les installations anarchiques, parce que, par le passé, les gens s’entêtaient et souvent même se faisaient accompagner par leurs collaborateurs commerçants, mais avec ce qui s’est passé, ils ont déjà compris que ce qu’on veut interdire, c’est pour leur propre bien et ils ont commencé même à s’organiser. Au niveau de Rood-Wooko, ils se sont déjà mobilisés pour enlever tous les cartons qu’ils passaient leurs temps à déposer sur les toits. Au niveau du Sankar- yaaré, c’est le bureau des commerçants même qui s’est levé pour lutter contre les installations anarchiques.

Mais est-ce qu’avec ce qui s’est passé à Sankar-yaaré, les moyens de répression ont été revus ?

Pas pour le moment. Mais, on a compris qu’on se doit d’être seulement plus rigoureux avec les saisies. Si vous prenez le cas de Rood-Wooko, en terme d’incendie, il y a un dispositif sécuritaire qui a été installé au sein de ce marché, notamment quatre poteaux incendies, deux bâches à eau d’au moins 120 mètres cubes disponibles et stockées au marché, au moins 31 robinets automatiques qui sont chargés de lutter contre les incendies et les instincteurs, etc. c’est un dispositif qui sera déployé au fur et à mesure dans tous les marchés en charge de la mairie. Pour le moment, la mairie ne peut que se contenter de la saisie de ces marchandises et de les amender. A moins qu’au sein de la collectivité, nous prenions une délibération pour changer la manière de sanctionner. Sinon, pour le moment, les délibérés et les arrêtés qui nous permettent de sanctionner sont limités.

Votre mot de fin à l’endroit des usagers des marchés et des commerçants ?

Notre message, c’est d’interpeller tous les citoyens par rapport à la gestion de nos marchés. Parce que tout le monde a quelque chose à apporter au développement de sa ville, rien qu’en se comportant bien vis-à-vis des biens publics. C’est donc inviter tous les usagers des biens publics à faire l’effort d’en prendre soin et de les protéger.

Interview réalisée par Yvette Zongo
Photos et vidéo : Auguste Ange Paré

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