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Burkina : « Seulement 8% des unités économiques acceptent le paiement électronique » (Mahamadi Rouamba, président de la Fédération burkinabè des Fintech)

Accueil > Actualités > Economie • Lefaso.net • mercredi 20 juillet 2022 à 19h41min
Burkina : « Seulement 8% des unités économiques acceptent le paiement électronique » (Mahamadi Rouamba, président de la Fédération burkinabè des Fintech)

La Fédération burkinabè des Fintech, Fintech Burkina a, avec le soutien du Projet d’appui à l’inclusion financière et l’accès au financement des petites et moyennes entreprises (PAIF-PME), organisé, mercredi 19 juillet 2022 à Ouagadougou, une table-ronde autour du thème : « Co-construire un cadre réglementaire innovant pour favoriser l’émergence des technologies financières et l’accélération de l’inclusion économique et financière au Burkina Faso ». Celle-ci donne le ton d’une série de tables-rondes qui vont aboutir à l’organisation, en octobre 2022 à Ouagadougou, d’un Salon international de la finance digitale et de la Fintech (SAFINTECH).

Le Burkina met en œuvre, depuis 2018, sa Stratégie nationale de la finance inclusive (SNFI) avec pour objectif à l’horizon 2023 de porter au moins à 75%, la proportion de la population ayant accès et utilisant effectivement des produits et services financiers abordables et adaptés à ses besoins. A une année de l’échéance, il ressort que le taux de bancarisation élargi prenant en compte l’accès de la population au paquet complet des services financiers est évalué, en 2021, à 35,75%.

Ce qui laisse croire à des acteurs que la perspective du résultat escompté est mise à rude épreuve.
Pourtant, selon les spécialistes du secteur, le Burkina reste, malgré les difficultés, maître dans l’usage de la monnaie électronique dans l’espace UEMOA, avec près de trois millions de transactions par jour, plus de 60 % de compte de la monnaie électronique active et près de 30 % des proportions d’utilisation de la monnaie électronique dans cet espace communautaire.

Vue partielle de participants au cadre de réflexion.

C’est pour aider à lever les écueils et apporter sa pierre à un plein épanouissement du secteur pour le bonheur des populations, que la Fédération burkinabè des Fintech (Fintech Burkina), faîtière regroupant une vingtaine d’entreprises de technologies financières, a décidé de dérouler des initiatives avec divers maillons de la chaîne.
Parmi les actions, une série de six tables-rondes avec autant de catégories d’acteurs, dont la présente marque le top départ. Ce cadre inaugural s’est tenu avec les régulateurs (les institutions qui régulent autant les institutions de finances que le domaine de la technologie).

Les objectifs de cette première table-ronde des acteurs de la finance digitale sont, entre autres, de présenter la Fédération aux institutions de régulation, introduire les membres de la Fédération aux institutions de régulation, présenter les défis rencontrés par les Fintech dans leur création et leur évolution, faire connaître les obligations réglementaires qui s’imposent aux Fintech en l’absence d’agrément ou de réglementation.

Selon les spécialistes, la « finance inclusive » consiste à mettre à la disposition des populations, des services financiers qui correspondent à leurs besoins, à un coût abordable et qui tiennent également compte de leur contexte.

« Nous sommes partis d’un constat. Quand vous regardez l’adoption de la monnaie électronique au niveau du Burkina, les statistiques sont assez intéressantes. Le Burkina Faso pourrait être qualifié de premier utilisateur de la monnaie électronique. Sauf que de l’autre côté, la situation est moins reluisante. Par exemple, vous avez 80% des paiements qui se font toujours avec le cash et le fait que seulement 8% des unités économiques acceptent le paiement électronique. Et vous ne pouvez pas actuellement accéder à des services de financement totalement de manière dématérialisée, vous êtes obligés à un moment ou à un autre de vous présenter physiquement et de déposer des dossiers. Donc, les services financiers vont au-delà de l’accès seulement au dépôt, au retrait et au transfert ; il y a autres usages qu’on peut faire de la monnaie digitale et on peut également digitaliser beaucoup de services comme la finance, l’épargne, les collectes de fonds pour financer des projets. Partant du constat qu’il y a du potentiel, mais qui n’est pas utilisé, et au regard du fait qu’il y a des objectifs qui sont fixés dans le cadre de la stratégie nationale des finances inclusives, nous avons constaté que dans certains domaines, comme par exemple le taux de bancarisation élargie qui permet aux populations d’accéder au paquet complet de services financiers, le taux reste toujours faible. Nous avons donc décidé, au niveau des Fintech, en se disant qu’il y a peut-être un acteur qu’on n’a pas assez appelé sur la table : ce sont les Fintech (les acteurs de la finance digitale). C’est peut-être le moment de compter avec ces acteurs-là, qui pourront innover en termes d’offres de services pour que les objectifs en matières de finance inclusive soient atteints », a détaillé Mahamadi Rouamba, président de la Fédération burkinabè des Fintech.

« Nous avons du potentiel, mais cela demande une synergie d’action »

Parlant d’obstacles au plein essor du secteur au Burkina, M. Rouamba s’attarde, à titre illustratif, sur l’aspect relatif à la réglementation.
« Actuellement, quand il s’agit de la téléphonie, vous pouvez par exemple prendre un prêt de crédit et le rembourser dans quelques jours. Mais, vous n’avez pas ce même service-là pour ce qui concerne l’argent. La plupart des acteurs disposent de la technologie, sauf que la réglementation, quand vous la mettez en appliquant un certain nombre de taux, vous apparaissez en fait comme un usurier ; parce que les taux risquent d’être élevés si le prêt est sur un, deux ou dix jours. Egalement, il y a le fait que les Fintech, quand elles veulent aller sur les marchés, doivent souvent nouer des partenariats avec des institutions financières déjà régulées par la banque centrale. Il se trouve que c’est un chemin de croix ; c’est tellement parsemé d’embûches que certaines Fintech peuvent passer trois à sept ans et pour quasiment ne jamais se lancer. Et quand elles se lancent, leurs offres ne correspondent plus par exemple aux besoins du marché. Il y a le fait aussi qu’il y a un faible financement de ces acteurs-là. A titre illustratif, le Burkina Faso est l’un des derniers pays en termes de classement de financements levés par l’ensemble des Fintech de la sous-région ouest-africaine. (…). Nous avons du potentiel, les acteurs au niveau local ont de la capacité pour permettre à ce qu’on atteigne les objectifs en terme d’inclusion financière, mais cela demande une synergie d’action de l’ensemble des acteurs pour que nous puissions y arriver », a-t-il étayé, précisant que le but de ce genre de rencontres est d’attirer l’attention.

A ce titre, dit le président de la Fédération burkinabè des Fintech, les acteurs interpellés sont, et au plan financier, la banque centrale (régulatrice du secteur), le ministère en charge des finances et les directions dédiées. Il s’agit également, à d’autres niveaux, des acteurs de la régulation technologique (l’ARCEP) et les partenaires dont le mandat est de promouvoir l’inclusion financière.

Hyacinthe Kaboré, spécialiste en charge du renforcement de capacités des micros, petites et moyennes entreprises du Projet d’appui à l’inclusion financière et l’accès au financement des petites et moyennes entreprises (PAIF-PME), a salué le mérite et mis en exergue l’enjeu de l’activité de Fintech Burkina, en lien avec la dynamique poursuivie par le gouvernement dans le secteur.

Ici, Mahamadi Rouamba et Hyacinthe Kaboré, à l’ouverture de la table-ronde

Cette initiative de la Fédération burkinabè des Fintech est soutenue par le Projet d’appui à l’inclusion financière et l’accès au financement des petites et moyennes entreprises (PAIF-PME) https://paif.bf et a vu la participation du Fonds national de la finance inclusive (FONAFI), de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), du Secrétariat permanent pour la promotion de l’inclusion financière (SP-PIF) et du contrôle des systèmes financiers décentralisés (DSC/SFD) du ministère de l’Economie, des Finances et de la prospective.

Elle va aboutir à l’organisation, du 12 au 14 octobre 2022 à Ouagadougou, du Salon international de la finance digitale et de la Fintech(SAFINTECH).

O.H.L

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