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Burkina : « Nous n’avons pas de problème de société, nous avons des problèmes d’individus », décèle l’ambassadeur Mousbila Sankara

16 juillet, 04:36, par Mechtilde Guirma

« Sinon les élections devraient être les choses les plus banales à organiser. Chaque province, chaque commune, chaque préfecture devraient avoir l’état réel de sa population, sa structuration »

Tout à fait très cher Excellence Mousbila. À ce sujet, j’ajoute sans sourciller, que la décentralisation pilotée par Antoine Raogo Sawadogo, a complétement et pitoyablement avorté. Il en a profité pour récupérer ce qui l’intéressait et fonder son ONG. Je suis encore en vie (Dieu merci) pour témoigner à chaque fois que de besoin.

Quand à la question de la terre, c’est là que je ne suis pas d’accord avec vous. Je ne sais pas ce qui a été dit entre le HCRUN et le moro-Naaba, mais de mon point de vue je l’ai souligné maintes fois suite à mes travaux sur la décentralisation, que la terre devrait être cogérée par la chefferie coutumière et l’État. La chefferie coutumière devrait restée propriétaire spirituelle exclusivement de la terre (sans cela d’ailleurs il n’y aurait plus de traditions ni de cultes sacrés). Cependant, pour ce qui concerne son usage, cela fera l’objet d’entente entre le gouvernement et la chefferie coutumière et en considération des potentialités de chaque région ou terroir avec des visions environnementales comme jadis les populations (toutes ethnies confondues) savaient s’entendre. Autrement dit si vous dites que la terre appartient uniquement à l’État (c’est d’ailleurs Thomas Sankara qui nous a amené ce problème là), vous ouvrez tout grand le pays aux prédateurs de tous acabits : des agro-business-men aux multinationales où certaines de nos personnalités y ont occupé des postes, et dont leur rôle reste encore flou quant aux déguerpissements de populations entières. Depuis Sankara jusqu’à nos jours, des populations surtout en zone moagha, ajouté aux drames de la sécheresses les années précédentes et aux persécutions, ont été déplacées dans d’autres régions, créant ainsi des graves conflits entre des populations qui vivaient alors en harmonies entre elles. Résultats de nos jours : la stigmatisation ethnique surtout entre Mossé et Peulhs dont on dit que ce sont des agents prolifiques gênants pour le développement de notre pays et dont il faut diminuer la population (par tous les moyens ?). Pendant la révolution, la tentative fut de soulever la société dite matriarcale contre celle patriarcale des Mossé qui a frisé la purification ethnique. À travers le monde entier, surtout en Occident les Mossé étaient stigmatisés comme une société « nabale-féodale » qu’il fallait coûte que coûte supprimer. Plaie qui peine jusqu’à nos jours à se cicatriser, malgré l’échec de la tentative, car c’était ignorer les liens forts qui unissaient ces deux sociétés. Comment donc, Excellences, vos propositions si et très pertinentes peuvent-elles aboutir sans un espace, une institution qui leur permettent de dialoguer d’abord entre eux, ensuite avec l’État sur les problèmes cruciaux concernant le développement en commençant par celui de l’environnement qui requiert l’entendement de leurs pratiques religieuses et coutumières. C’est le nœud gordien du problème de nos jours. Et cela, je le répète, a commencé depuis la révolution. Burkinabé ouvrez enfin grands les yeux bon sang ! si vous voulez vivre ou même survivre.

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