Actualités :: Yacouba Isaac Zida : « La situation du Burkina est pire qu’avant (...)

Malgré le retour avorté de son président d’honneur et candidat à la présidentielle de novembre 2020, Yacouba Isaac Zida, le Mouvement patriotique pour le Salut (MPS) a tenu, vendredi 25 septembre 2020 à Ouagadougou, son congrès extraordinaire d’investiture. Au cours de cette instance, Yacouba Isaac Zida s’est adressé en visioconférence à ses militants et partisans qui ont massivement répondu à l’appel.

Même s’il n’a pas physiquement été présent à la cérémonie d’investiture, Yacouba Isaac Zida s’est néanmoins adressé à ses « inconditionnels » et à l’ensemble des Burkinabè par la magie des technologies de l’information et de la communication. Par un élément vidéo en direct avec la cuvette de la Maison du peuple, il a fait son diagnostic de la situation du pays, justifiant par-là, sa candidature à la présidentielle de novembre 2020. A l’entente de sa voix, la salle s’est déchaînée par des cris de joie et de fierté, qui se sont poursuivis tout le long de son intervention.

« Lorsque les 30 et 31 octobre 2014, notre peuple s’est insurgé contre la modification de l’article 37, il exprimait une forte aspiration à une démocratie véritable pour notre pays. Mais au-delà de la dénonciation d’une forfaiture institutionnelle, les milliers de personnes qui ont déferlé dans les rues de la capitale, Ouagadougou, et des autres localités du pays, criaient surtout un ras-le-bol face à une gouvernance qui, au fil du temps, s’était gravement corrompue et embourgeoisée, et était de ce fait devenue insensible à la misère de la majorité de nos concitoyens. Les insurgés, dans les rues, au péril de leur vie, scandaient à l’unisson : trop, c’est trop », a campé l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida, intervenant juste après l’acte consacrant son investiture.

« Aujourd’hui encore, six années se sont écoulées depuis 2014. Mais la promesse du changement n’a pas été tenue par le pouvoir du MPP », note-t-il avant de souligner que la « situation du Burkina est désormais pire qu’avant l’insurrection populaire ».

« Les gouvernants dans une totale insouciance, marquée par une incompétence notoire »

« Plus d’un million de nos compatriotes ont fui leur domicile pour échapper à la barbarie des groupes terroristes qui contrôlent plus de 20% du territoire national... (…). La mal gouvernance a atteint dans notre pays, un niveau jamais égalé. Plusieurs scandales de corruption ont éclaboussé le ministère de la défense, le ministère des mines et des carrières (entre autres, l’affaire dite du charbon fin), le ministère des infrastructures (vous vous souviendrez de l’affaire Adama Kanazoé, conseiller spécial du président Kaboré), pour ne citer que ces quelques exemples », égrène l’ancien président du Faso, Yacouba Isaac Zida.

« Notre pays s’enfonce, visiblement, dans un gouffre, alors que les gouvernants, eux, vivent dans une totale insouciance, marquée par une incompétence notoire. Notre peuple épris de paix et de justice, mérite vraiment qu’on lui accorde toute notre attention et qu’on lui consacre toute notre énergie », scrute M. Zida, justifiant, à l’en croire également, sa descente dans l’arène politique.

« C’est pour cette raison que je me suis engagé à nouveau en politique, après avoir quitté la scène à la fin de la transition que nous avons réussie ensemble en 2015 ; parce que les populations du Burkina Faso méritent de vivre dans un pays de paix, de sécurité, de cohésion sociale et de progrès économique. Nous avons décidé avec vous, jeunes, femmes, hommes, déterminés et entièrement dévoués d’aller à la conquête du pouvoir d’Etat, le 22 novembre prochain, afin de l’exercer avec le peuple et pour le peuple », promet le candidat.


Lire aussi :Pr Augustin Loada au pouvoir en place : « Pourquoi tant de haine, pourquoi tant de méchanceté...? »


Intervenant avant le candidat, le président du MPS, Pr Augustin Loada, n’est pas allé du dos de la cuillère pour fouetter les autorités en place pour leur attitude vis-à-vis du président du Faso et Premier ministre de la transition, Yacouba Isaac Zida.

Le président du MPS, Augustin Loada (gauche), recevant les actes d’investiture pour le candidat

Une « campagne de diabolisation orchestrée contre Zida »

« Est-ce que le refus d’obtempérer d’un ancien Chef d’Etat à un ordre donné par un nouveau Chef d’Etat est un crime politique ? On pourrait le croire pourtant, si on s’en tient aux vacheries qui sont faites à notre président d’honneur, depuis la fin de la transition de 2014-2015. Comme vous le savez, notre président d’honneur, Yacouba Isaac Zida, s’est rendu au Canada avec la permission du Chef d’Etat élu en novembre 2015. Vous avez tous suivi ici, il a été nommé ambassadeur du Burkina Faso aux Etats-Unis, par le président Kafando (Michel), que nous saluons, avec l’autorisation des nouvelles autorités. Mais par méchanceté, elles ont rapporté le décret, parce qu’elles estimaient que Yacouba Isaac Zida ne méritait pas d’être ambassadeur de notre patrie auprès des Etats-Unis. Vous avez tous suivi, la campagne de diabolisation, qui a été menée ici au Burkina Faso, relayée, amplifiée par les médias de la place ; chaque jour que Dieu a fait, il n’y a pas un journal, une radio, une télévision, qui n’a pas relayé la campagne de diabolisation, au point que seuls ceux qui étaient courageux pouvaient encore se réclamer de Yacouba Isaac Zida. Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu : s’il n’a rien à se reprocher, qu’il rentre et on verra. Maintenant il veut rentrer et se présenter de lui-même, on veut l’humilier. Yacouba Isaac Zida a dit, il a répété et il a rabâché, qu’il est disposé à se présenter de lui-même devant la justice militaire, mais de l’humiliation, il n’en veut pas. C’est un Burkinabè, il est digne ! Comme vous le savez, l’ordre de rentrer au Burkina Faso n’ayant pas été respecté, il a été radié des cadres des Forces armées nationales par un décret, le 12 janvier 2017. Et comme si cela ne suffisait pas, on le poursuit encore pour désertion en temps de paix et pour insubordination ; à l’initiative de qui, des nouvelles autorités. Pourquoi tant de haine, pourquoi tant de méchanceté à l’égard de quelqu’un qui a exposé sa vie pour le Burkina Faso ? », s’est étalé le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale sous la transition, Augustin Loada.

Selon les organisateurs, les congressistes sont venus de toutes les 45 provinces du pays et de représentations du parti à l’extérieur

« Ce qui est en jeu, c’est la destinée du Burkina Faso »

Dans ce régime post-insurrectionnel, qui a pratiqué la diplomatie judiciaire, toutes les justifications du monde, toutes les circonlocutions ne suffiront pas à occulter le caractère arbitraire et purement politique de cette décision de poursuivre Yacouba Isaac Zida, a-t-il poursuivi.

« Je voudrais donner pour cela, trois raisons. La première, c’est le candidat sortant, à qui ses troupes ont promis de réaliser un coup K.O, qui a donné l’ordre au tribunal militaire de poursuivre notre candidat. Deuxième chose, les motivations à la base de cette décision de poursuite sont purement politiques, il s’agit d’éliminer un adversaire politique. Et la troisième raison est que la personne visée est une personnalité politique qui est devenue, malgré elle, une icône de la jeunesse en manque de repère au Burkina Faso. Que notre président d’honneur soit radié de l’Armée, soit ! Mais, qu’il soit en outre poursuivi et rayé des cadres de l’Armée est la preuve d’un acharnement politique. Pourquoi poursuivre pour désertion et insubordination, une personnalité militaire devenue civile, dès lors qu’elle a été rayée des cadres de l’Armée ? C’est soit on est civile, soit on est militaire ; on ne peut pas être civile et militaire en même temps. Est-ce que c’est la faute de Yacouba Isaac Zida, si des pans entiers de notre territoire nationale sont devenus incontrôlables, sous le contrôle de groupes armés terroristes qui massacrent nos populations civiles ? Est-ce sa faute si un million de jeunes burkinabè doivent compétir pour prendre quelques centaines d’emplois à la fonction publique ? Est-ce sa faute, si plus d’un million de Burkinabè sont déplacés dans leur propre pays ? », secoue le constitutionnaliste, Pr Loada pour qui, les poursuites sont politiques et ne pourraient se résoudre que par les négociations ou le rapport de force.

Lire aussi : Présidentielle 2020 au Burkina : Les inconditionnels de Yacouba Isaac Zida maintiennent le cap !

Dans sa verve, l’ancien directeur exécutif du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) recommande : « Prions pour nos autorités, pour qu’elles se laissent guider par le prince de la paix qui règne sur la base de la justice et du droit, et non par celui des ténèbres qui amène notre pays au chaos et à la désolation. C’est parce que le MPS est soucieux de paix et de réconciliation nationale, face au risque de troubles à l’ordre public, qu’il a proposé à son président de différer son retour. Tchogo tchogo (sans doute, ndlr), Zida viendra. Et s’il ne vient pas, nous irons, nous-mêmes, le chercher ; parce que ce qui est en jeu, ce n’est pas son destin individuel, ce n’est pas mon destin individuel, ce qui est en jeu, c’est la destinée du Burkina Faso. Le destin de notre pays, qui est martyrisé, qui navigue à vue, depuis cinq ans, faute d’un leadership à la hauteur des enjeux. Avec Yacouba Isaac Zida, le peuple burkinabè est capable de bâtir un Burkina meilleur, en opérant maintenant la rupture en matière de sécurité humaine… ».

Avant lui, plusieurs porte-paroles se sont succédé au pupitre pour adresser des messages de soutien au candidat et appeler à son retour effectif pour la campagne électorale. Ils ont également invité le Conseil constitutionnel (qui valide les candidatures à la présidentielle) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI, qui réceptionne les dossiers de candidature) à ne pas se laisser manipuler pour « servir le coup K.O au pouvoir ».

Oumar L. Ouédraogo
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